Neuigkeit zur PetitionClassement du blaireau comme espèce protégéeDestruction du blaireau prévue dans l'Oise

Frédéric DANIELFrankreich

29.05.2017
Bonjour à tous,
Une nouvelle saison de chasse du blaireau est ouverte sur autorisation préfectorale depuis maintenant deux semaines dans environ les trois quarts des départements français.
Les arguments invoqués -et contestables- sont toujours les mêmes: dégâts aux cultures, risques d'effondrements, surpopulation et risque de propagation de la tuberculose bovine.
Comme chaque année, la préfecture de l'Oise donne une autorisation pour tirer et piéger les blaireaux: cette année, le piégeage du blaireau est prévu à partir du 1er juin jusqu'au 31 octobre 2017 et le tir de nuit à partir du 01 août jusqu'au 31 décembre et ce, sur 124 communes de ce département. En 2016, 216 blaireaux ont été tués à cause de cet arrêté préfectoral. Sans compter, les blaireaux massacrés au déterrage et tués sur les routes.
Une consultation publique est actuellement en cours sur le site de la préfecture de l'Oise pour recueillir les avis des citoyens:
http://www.oise.gouv.fr/Politiques-publiques/Environnement/La-chasse-et-la-faune-sauvage/Consultation-du-public-sur-la-chasse/Projet-d-arrete-relatif-a-la-regulation-du-blaireau
J'invite chacune et chacun à montrer sa désapprobation sur cette décision en envoyant un message à la préfecture de l'Oise
Pour participer, cliquez sur l'onglet bleu en bas "Réagir à cet article"
ATTENTION le temps presse, cette consultation publique prend fin le 03 juin!
La Fédération des chasseurs de ce département a fait appel aux chasseurs pour réagir à cette consultation publique. Nous, opposés à cette chasse inutile et cruelle, devons donc être nombreux à réagir !!!
Vous trouverez ci-dessous les arguments à mettre en avant pour justifier votre contestation. Le message suivant a été envoyé à la préfecture de l'Oise par Virginie Boyaval, présidente de l'association MELES www.meles.fr
Si vous souhaitez participer, faites un message personnalisé, sans faire de copié-collé, il ne serait pas pris en compte.
"Monsieur,
En tant qu’éthologue de terrain, spécialiste du comportement du blaireau depuis plus de 12 ans et en tant que Présidente de l’association MELES situé dans l’Oise (centre de sauvegarde pour mammifères, spécialisé sur le blaireau, études et sensibilisation), je désapprouve totalement votre projet d’arrêté.
En effet,
1) La période de régulation est prévue sur la période de l’élevage des jeunes (sevrage commençant à partir de fin juillet). Ces tirs ou piégeage ne pourront pas différencier les mâles, des femelles allaitantes et laisseront ainsi inévitablement de nombreux orphelins, ce qui sous-entend une mortalité certaine pour les blaireautins dans leur terrier.
Aux termes de l’article L. 424-10 du Code de l’environnement, « il est interdit de détruire (…) les portées ou petits de tous mammifères dont la chasse est autorisée » ; pour autant, ce texte n’est donc pas respecté puisque les jeunes blaireaux ne sont absolument pas sevrés et forcément ne sont pas émancipés au mois de mai, juin et juillet.
En effet, selon les études et les données recueillies par notre centre de sauvegarde spécifique pour blaireaux (capacitaire : Virginie Boyaval, n°60-143), des blaireautins orphelins, incapables de survivre seuls dans la nature, sont accueillis jusque fin juin.
Cette étude « Contribution à l’étude de la reprodution des Blaireaux Eurasiens (Meles meles) et de la période de dépendance des blaireautins en France » prouve donc qu’au mois de mai, juin, juillet, les blaireautins ne peuvent pas survivre sans leur mère. Ils sont sevrés à l’âge de 4 mois et commencent progressivement leur émancipation pour une durée de plusieurs mois s’étalant de 1 à 4 mois et ne peuvent donc être considérés comme étant émancipés qu’à partir de l’âge de 6 à 8 mois minimum.
La destruction des blaireaux commençant au 01 Juin, compromet le succès de reproduction de l’espèce et n’a donc pas lieu d’être.
2) Concernant les dégâts occasionnés dans les cultures : Les terriers sont rarement creusés dans les champs et sont plutôt situés en milieu forestier ou en lisière sur des pentes. Cela reste des cas très sporadiques et ne nécessite pas de réguler les blaireaux en tir de nuit ou de les piéger. D'autres solutions plus efficaces consistent à l’utilisation de répulsifs et au remblaiement du terrier en question. De même, les communes mentionnées dans l’arrêté font état de dégâts extrêmement minimes. (76 euros minimum de dégâts). De plus, les dégâts sont souvent confondus avec ceux des sangliers (expertise involontaire ou volontaire, les dégâts de blaireaux n'étant pas remboursés). Les sangliers occasionnent des dégâts plus importants et sur de grandes surfaces. (une compagnie de sangliers n'a pas le même impact que deux ou trois blaireaux)
3) De plus, j’étudie les populations de blaireaux dans l’Oise depuis plus de 12 ans. Je suis l'évolution des familles et l’interaction entre les clans... la population n' a pas évolué. Les coupes forestières étant de plus en plus importantes, plusieurs terriers ont totalement été détruits par le passage des engins de débardages. Depuis 2016, le nombre de petits n'est pas élevé, un ou deux petits par portée. L'année 2017 s'annonce plus catastrophique, naissances tardives, manque de nourriture, cadavre de blaireautins devant des terriers, peu de petits par portée voir aucun blaireautin sur les terriers. Les populations de blaireaux sont extrêmement dérangées par la chasse et la destruction de leur habitat, il y a plus de déplacement de la part de ces animaux, les rendant ainsi vulnérables (aux collisions routières mais aussi à se réfugier dans des terriers secondaires).
4) Concernant la propagation de la tuberculose bovine, cet argument n'est pas du tout justifié étant donné que la Picardie n'est pas concerné par cette problématique. Aucune surveillance n'est programmée dans l'Oise. Je rappelle que cette bactérie est transmise par les bovins et que la surveillance doit être faite lors des mouvements de bovins (d'une région à une autre). En Normandie, les cerfs et les sangliers étaient porteurs de cette bacille mais aucun blaireau n'avait été déclaré positif. Si une surveillance devait se faire, il faudrait s'occuper des cadavres sur les routes et non de faire de la prévention. D'autant plus que la nature a horreur du vide, plus le nombre de blaireaux tués sera important, plus le risque de contamination sera accrue. Les blaireaux sains tués, pourraient être remplacés par des blaireaux positif à la bactérie. (déplacement des populations)
5) Concernant l'argument de certains chasseurs sur la maladie de la leptospirose, les blaireaux infectés sont excessivement rares. Aucune donnée sérieuse n'a été confirmé. Il faut savoir qu'il s'agit d'une bactérie transmissible par les rongeurs (par l'urine ou morsure). Elle est très contagieuse dans les zones humides, notamment pour l'homme et le chien. Il faut donc éviter les marais, les plans d'eau ... les leptospires peuvent rentrer par les muqueuses et les plaies cutanées. Le chien est bien plus contaminant pour l'homme, qu'un blaireau. Il faut savoir que l'ensemble des mammifères peuvent attraper la leptospirose (comme les hérissons !). Cette maladie bactérienne est soignable via des antibiotiques.
6) Je vous rappelle que selon le rapport de l’ONF (20/01/2008) : Le blaireau est une espèce patrimoniale fragile, avec un faible taux de reproduction (0,3 jeune/adulte/an), et sa dynamique de population est influencée par diverses activités humaines (mortalité importante due au trafic routier notamment). Fortement dépendant de paysages permettant des connexions boisées entre ses terriers et ses zones d’alimentation, l’espèce est considérée par l’UICN comme espèce à surveiller. Par ailleurs, elle est considérée dans plusieurs régions comme indicatrice de biodiversité et du bon fonctionnement de grands ensembles paysagers.
C’est pourquoi dans le département du Bas-Rhin, le blaireau a été retiré de la liste des espèces chassable depuis 2004.
7) Pour finir, le blaireau est très utile, c'est un véritable auxiliaire pour l'agriculteur et le forestier, notamment dans la consommation des petits rongeurs, évitant ainsi leur prolifération et la propagation de diverses maladies, mais aussi dans la consommation des hannetons et de leurs larves qui sont très néfastes pour les plantations.
Une battue administrative doit être ordonnée par le Préfet qu’en cas de problème économique lourd ou de problème de sécurité publique ou sanitaire. Cet arrêté n'est donc pas du tout justifié. Le blaireau n'étant pas classé nuisible, un arrêté préfectoral doit être exceptionnel et ne doit pas être renouvelé tous les ans depuis plusieurs années.
Je pense que la Préfecture et la DDT de l’Oise devraient revoir sérieusement ces arrêtés préfectoraux annuels qui rendent l'espèce fragile et qui sont fait uniquement pour satisfaire le lobby de la chasse et non pour trouver des solutions pérennes. . D'autant plus que des solutions de cohabitation existent.
Virginie BOYAVAL
Présidente de MELES "
La participation du plus grand nombre à cette consultation est importante, d'avance merci à celles et ceux qui enverront un message.
Nota: La vidéo de Pierre Rigaux, naturaliste, et l'argumentaire de Virginie Boyaval sont publiés ici avec leur autorisation.
Ensemble pour demander la protection intégrale du blaireau !
http://change.org/ProtectionBlaireau
Merci à toutes et tous pour votre soutien!
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