Petition updateChat massacré à Draguignan : pour que justice soit rendue !17 juin 2017 : Justice pour Chevelu
Christopher BIANCONIFrance
Jun 18, 2017
Samedi 17 juin 2017, des centaines de manifestants se sont réunis à Draguignan, Paris, Marseille et Lorient pour honorer la mémoire de Chevelu, exiger la condamnation des coupables et réclamer une nouvelle justice pour les animaux. Vous trouverez ci-joint un article du Huffington Post relatant les événements. A Draguignan, le collectif ILA (de Nice) à l'initiative du rassemblement m'a gentiment proposé de prendre la parole parmi les différents intervenants associatifs présents, ainsi que monsieur le maire de Draguignan. J'ai pu lire à cette occasion un discours que je vous reproduis ici. DRAGUIGNAN, APPEL DU 17 JUIN 2017 Tout d’abord, bonjour et merci de votre présence. Si je suis ici parmi vous aujourd’hui, c’est en raison du crime gratuit perpétré sur un chat errant dénommé Chevelu. Je suis à l’origine de la création d’un groupe Facebook et d’une pétition sur Change.org afin que Justice soit rendue. L’objectif de cette pétition, c’est la condamnation des coupables et l’ouverture d’un débat législatif sur la souffrance animale afin que ce genre de crimes soit jugé plus sévèrement : notre souhait, c’est que désormais il ne soit plus possible de torturer un animal en toute impunité car c’est bien hélas la triste RÉALITÉ des jugements prononcés dans la majorité des cas par la justice française, lorsque jugement il y a… Si je parle de RÉALITÉ c’est que j’ai lu hier dans Var Matin une déclaration de monsieur le procureur de la république de Draguignan disant que cette affaire ne devait pas « faire occulter la réalité aux gens ». Il dénonçait par ce biais la dérive des réseaux sociaux, dérive que j’ai pu moi-même parfois constater et combattre, et je suis parfaitement en accord avec lui sur ces deux points. Mais pourquoi évoquer cette RÉALITÉ-là et pas celle de la pétition qui lui est adressée et qui est aujourd’hui soutenue par près de 200 000 signataires, soit l’équivalent de cinq fois la population de Draguignan. N’est-ce pas suffisant pour être entendu ? Je n’ose pas imaginer que monsieur le procureur évoque ceux qui délirent sur les réseaux sociaux, qui représentent pourtant une minorité, bien que parfois bruyante, pour ne pas avoir à parler de la majorité raisonnée et censée, sur les mêmes réseaux, qui hurle d’une seule voix que les actes de barbarie contre les animaux doivent être réprimés plus durement par la loi ! La RÉALITÉ, s’il faut en parler, parlons-en ! La RÉALITÉ c’est que Chevelu a été sauvagement assassiné ici à Draguignan dans la nuit du 30 au 31 mai 2017 après un long supplice. La RÉALITÉ, c’est que nous sommes le 17 juin 2017 et que les criminels sont toujours dehors, en liberté*, et les témoins toujours peu enclins à parler. Cela ne suffirait-il pas pour être exaspéré ? Monsieur le procureur a cependant raison sur un autre point, Draguignan est une ville plutôt tranquille où la violence ne fait éruption que sporadiquement, comme partout ailleurs… mais la RÉALITÉ c’est aussi que c’est dans cette ville plutôt tranquille que cette barbarie s’est commise et que le devoir des autorités est de mettre tout en œuvre pour que la justice soit rendue ! Il est insensé qu’en 2017 en France, il faille encore remuer ciel et terre pour espérer que la loi soit simplement appliquée dès qu’il s’agit de crimes contre les animaux. La justice de notre pays est séparée en effet en deux courants bien distincts : d’un côté une justice pour les hommes ; de l’autre une pour les animaux. La justice pour les hommes est rendue avec difficulté, mais elle est rendue la plupart du temps ; la justice pour les animaux elle est une illusion absolue. Combien parmi les dépeceurs, les tortureurs, les assassins d’animaux, furent condamnés à une lourde peine par la justice française ? Très peu pour ne pas dire aucun. L’arsenal juridique obsolète sur la question animale est le problème, mais si la loi n’évolue pas sur ce sujet, c’est avant tout par paresse, pour la simple raison que le peuple français ne l’a jusque-là que peu incité à le faire. Car entre nous, les défenseurs des animaux, et leurs bourreaux, il y a une troisième force, une masse informe mais distincte, que j’appellerai les indifférents. Vous pourrez les reconnaitre facilement. Évoquez la mort cruelle de Chevelu en leur présence et ils vous répondront immanquablement « Oui mais… ce n’est qu’un chat. » Ensuite ils vous feront la morale, ils vous inciteront à vous occuper des humains au lieu des animaux tandis qu’eux continueront à ne s’occuper de rien ni de personne, leur principale préoccupation consistant à enfouir leur tête plus profondément dans le sable. A force d’enfouir la tête dans le sable, il est possible que certains finissent par trouver du pétrole… « Ce n’est qu’un chat » mais c’est pourtant le parcours classique du psychopathe en herbe ; on commence par tuer un chat et puis… Luka Rocco Magnotta, tueur canadien célèbre, lui aussi tuait des petits chatons sur internet et puis… Il s’en est pris à un être humain. Prendre plaisir à torturer un animal, puisque c’est de ça qu’il s’agit, ce n’est pas anodin ; cet acte vous entraine symboliquement hors du champ de l’humanité, et vous entraine en pratique à la cruauté. Si les petits Luca Rocco Magnotta de Draguignan décidaient un jour de passer au stade supérieur, au hasard des rues, sur un enfant par exemple, je me demande s’ils disposeront toujours d’autant d’indulgence de la part de ceux pour qui Chevelu « n’était qu’un chat »... Ce chat, ce n’était pas qu’un chat ! Ce chat, Chevelu, c’est désormais le nôtre, à nous tous réunis ici, et sa mise à mort doit devenir le symbole de ce qui ne doit plus arriver : c’est pour cela que le jugement de ce crime barbare doit être exemplaire ! Un acte de barbarie est un acte de barbarie, qu’il soit commis sur un humain ou un animal. La souffrance des animaux doit cesser une bonne fois pour toute d’être relativisée. C’est ce message que nos autorités doivent entendre. Merci à tous ! * erratum : deux interpellations auraient eu lieu le 16 juin (information transmise par monsieur le maire de Draguignan durant son discours du 17 juin) ; la police ne confirme, ni n'infirme cette information selon le journal local.
Copy link
WhatsApp
Facebook
Nextdoor
Email
X