Kampanya güncellemesiCENTRE POMPIDOU VINCENNES : POUR UN VRAI PROJET DE RENOVATION SOBRE ET ECOLOGIQUE

LETTRE OUVERTE AUX ELUS DE VINCENNES

COLLECTIF POMPIDOU VINCENNESVincennes, Fransa
8 Eki 2022

Nous venons d'envoyer une lettre ouverte aux élus de Vincennes. Nous vous engageons à continuer à partager notre pétition et à adhérer à notre association en cliquant sur ce lien https://www.helloasso.com/associations/collectif-pompidou-vincennes/adhesions/adhesion-1

LETTRE OUVERTE AUX ELUS DE VINCENNES

Monsieur le Député, Madame la Sénatrice, Monsieur le Sénateur, Madame le Maire, Mesdames et Messieurs Élus de Vincennes,

La Mairie a reçu cette semaine lors de trois réunions séparées les copropriétés de la Dalle Pompidou. En tant que Collectif Pompidou Vincennes, nous y avons assisté à toutes.

Nous avons été particulièrement abasourdis par l’écart de perception entre le projet présenté par le duo d’architectes et Madame le Maire et la réception par les premiers impactés, à savoir les résidences voisines.

Vous savez, pour suivre l’actualité, que la Mairie de Paris a enfin, sous la mobilisation citoyenne, retiré son projet de bétonisation du Champ de Mars.

Tangui Le Dantec, entre autres co-fondateur du mouvement Aux Arbres Citoyens et membre influent du Groupe National de Surveillance des Arbres, a écrit un texte inspirant en réponse aux «sanglots corporatistes» des architectes. Vous le trouverez ci-dessous. Ce texte résume bien notre état d’esprit après cette semaine.

Le projet présenté semble malheureusement correspondre à toutes les caractéristiques du « greenwashing facile ».

Lisez le texte attentivement. Pour le bien de TOUS LES VINCENNOIS. Soyez à notre écoute pour faire de ce projet un exemple de sobriété écologique et non une aberration d’un autre temps.

Au nom du Collectif Pompidou Vincennes

Chers camarades architectes,

(Et notamment KT Chartier Corbasson, Lea Mosconi, Jean-Louis Violeau, Serge Renaudie, Cyrille Hanappe etc...)

*Concernant l'arrêt du projet de bétonisation du Champ de Mars*

Au-delà de tous ces sanglots corporatistes que je lis de votre main, ce n'est pas du gâchis, c'est une page qui se tourne, celle des projets Photoshop où il suffisait de quelques clicks de souris pour recouvrir des projets ratés d'une mélasse verdâtre, au bilan carbone, au mieux faible, parfois insignifiant voire négatif (cas de la plupart des "murs végétaux", étant donné leur coûteux entretien).

Car comme le disait notre saint patron, Frank Lloyd Wright: "Les médecins peuvent enterrer leurs erreurs, les architectes seulement conseiller à leurs clients de planter des plantes grimpantes. Aussi devraient-ils aller le plus loin possible de chez eux pour édifier leurs premières constructions."

L'époque change, la planète crame, nous sommes plongés dans une situation de plus en plus critique, et il n'est plus possible de se complaire dans ce greenwashing facile qu'on a vu fleurir un peu partout à Paris, à coup de "tour de la biodiversité", de "projet 1000 arbres", "d'ilot fertile" ou de "Bagagerie du champ de Mars", tous ces projets dont la réalité presque pathétique, contraste ou contrasterait avec les généreuses intentions affichées.

La qualité et les progrès réalisés en matière d'images de synthèse ne doivent pas nous avoir rendu collectivement aveugles, surtout au regard de notre immense responsabilité dans ce qui se passe au niveau mondial. La fascination que nous éprouvons pour ces simulations informatiques ne doit pas nous faire oublier qu'elles ne sont qu'illusion, le miroir de nos fantasmes.

Certes, le Plan Local d'Urbanisme actuellement applicable à Paris, puisqu'il favorise les toitures végétales et autres artifices cosmétiques au détriment de la véritable pleine terre, représente le paroxysme de cette mode, l'exacerbation de cette tendance. Mais plus pour très longtemps, espérons-le. Peut-être est-ce ce PLU-là dont vous pensez devoir porter le deuil ?

Il faut que vous compreniez que construire et bétonner en plein milieu d'arbres centenaires, dans l'espace boisé classé du plus grand parc public parisien, dans une des villes les plus denses et les plus carencées au monde en espaces verts, et ce à l'époque du réchauffement climatique généralisé, est et restera toujours une totale hérésie, une idée aussi absurde que fondamentalement dangereuse.

Et si vous ne le comprenez pas, si vous vous obstinez à vous serrer résolument les coudes, à demeurer dans votre petit entre-soi professionnel, sachez qu'en revanche, des millions de nos concitoyens l'ont parfaitement compris, eux. C'est ce qui explique cette phénoménale mobilisation, une telle unanimité pour se dresser contre un projet souffrant, hélas pour lui, d'un très grave défaut de conception: car installer un chantier à 5 ou 6 mètres du tronc d'un arbre plus que centenaire et au développement gigantesque (36 m de diamètre pour son houppier), cela revient presque toujours à le condamner, cela représentera presque toujours une erreur, et il aura fallu mobiliser quantité d'experts des arbres (au rang duquel Francis Hallé), pour devoir vous rappeler cette règle élémentaire que tous respectaient autrefois.

Une page très importante se tourne. Vous ne pouvez plus continuer à construire ou faire construire en dépit du bon sens, à faire fi des règles élémentaires de la biologie végétale, de ce qu'on nomme le "vivant": il faut s'adapter ou périr, et le faire sérieusement.

Il va falloir que vous en teniez compte, que vous amélioriez vos projets en conséquence, et pour ma part, j'ai chaleureusement salué Emmanuel Grégoire pour sa très sage et courageuse décision, lorsque nous nous sommes croisés hier.

Puisse l'évolution de sa propre réflexion en la matière tous vous inspirer.

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