Pétition fermée

Pas de rapprochement entre ESCP Europe et Novancia

Cette pétition avait 1 977 signataires


English version below

En signant cette pétition, vous soutenez la lettre ouverte adressée à la CCI Paris Île-de-France et recopiée ci-dessous :


LETTRE OUVERTE A LA CCI PARIS ÎLE-DE-FRANCE

Sujet : projet de rapprochement entre ESCP Europe et Novancia

Nous, étudiants d’ESCP Europe, demandons expressément :

1) Le report de toutes décisions sur le rapprochement avec Novancia jusqu’à l’adoption du statut d’EESC par ESCP Europe et la constitution d’un conseil d’administration représentatif des parties prenantes afin de respecter le principe de transparence de la gouvernance ;

2) Le maintien et le développement du Bachelor ESCP Europe mis en place l’année dernière en lieu et place de tout projet de rapprochement/fusion avec Novancia.


Ces deux demandes visent à garantir une cohérence stratégique pour ESCP Europe et la préservation de son image de marque dans la compétition internationale.

______________________________________

Préambule

En ce mois de mai 2016, voilà que ressurgit dans la presse le spectre d’un rapprochement ou d’une fusion entre ESCP Europe et Novancia1. Une fois de plus, nous autres étudiants de l’ESCP, ressentons le besoin d’exprimer notre mécontentement sur la forme et notre profond désaccord sur le fond. Avant de le faire, il est cependant nécessaire de rappeler les événements de 2014 qui avaient déjà fortement mobilisé la communauté ESCP Europe et qui préfiguraient l’actuel projet de rapprochement/fusion porté par la CCI Île-de-France. En 2014, le Directeur Général de l’époque, Edouard Husson, fut contraint à la démission alors que, déjà, des rumeurs de rapprochement entre ESCP Europe et Novancia avaient cours. Le flou quasi artistique entretenu par la CCI sur ses réelles intentions avait conduit les étudiants à exprimer leur mécontentement via la signature d’une pétition réunissant environ 2 500 signataires en trois semaines. Suite à cette mobilisation, la CCI avait confirmé la démission d’Edouard Husson mais formellement démenti l’idée d’une fusion avec Novancia car selon son Président de l’époque, M. Pierre-Antoine Gailly, « ce serait vide de sens »2. Quelles qu’en soient les raisons, l’actuel revirement de la CCI est inquiétant. Soit il démontre son absence de vision stratégique sur le moyen terme pour notre école (on ne peut pas dire tout et son contraire en deux ans), soit il sous-entend que la CCI a caché ses véritables intentions depuis le début et, ainsi, manqué d’honnêteté envers les étudiants d’ESCP Europe.

Contestation du processus de décision

En fait, sur la forme, tout cela ressemble à une tentative de passage en force de la CCI en partie dictée par le processus d’autonomisation d’ESCP Europe. En janvier 2017, ESCP Europe adoptera à son tour le statut d’Ecole d’Enseignement Supérieur Consulaire (EESC) qui dotera l’école d’un conseil d’administration où les alumni (via la fondation) et parties prenantes extérieures auront plus de poids sur les orientations et décisions stratégiques de l’école. Il semble évident que le projet, par nature controversé, d’un rapprochement entre ESCP Europe et Novancia aura plus de mal à aboutir passé janvier 2017. Or, justement, la CCI souhaite prendre une décision dans les prochaines semaines, entendre par là pendant l’été lorsque toute opposition sera réduite à néant. Il est raisonnable de s’étonner d’un tel empressement quand on sait qu’une telle décision mérite concertation, écoute et peut attendre facilement six mois de plus. On est cependant moins étonné du tempo dicté par la CCI si l’on s’en tient à ses seuls intérêts qui ne sont pas forcément alignés avec ceux de l’école. En période de contrainte budgétaire, la CCI cherche à faire des économies et les rapprochements/fusions restent un outil efficace même si d’un point de vue stratégique elles sont largement discutables. Elle ne peut donc pas se permettre de rater cette belle opportunité qui risque de disparaître une fois l’école dotée d’un conseil d’administration ouvert aux autres parties prenantes et dont les intérêts peuvent diverger. Considérant que, sur la forme, toutes les parties prenantes doivent être associées à cette décision structurante pour l’avenir de l’école, nous demandons le report de la décision jusqu’à l’adoption du statut d’EESC et son fonctionnement effectif (i.e. conseil d’administration représentatif des parties prenantes). Cette demande ne fait que promouvoir le principe de transparence de la gouvernance qui a toutes les raisons de s’appliquer à un établissement consulaire.

Soutien au Bachelor « made in ESCP Europe »

Au-delà des questions de forme, se pose surtout la question de l’intérêt d’un tel rapprochement/fusion pour ESCP Europe d’un point de vue stratégique. Notre réponse est claire : AUCUN. En fait, ce projet peut même être dangereux pour l’école. Tout d’abord, nous tenons à préciser que ce n’est pas le principe en lui-même d’un Bachelor ESCP Europe qui pose problème. Nous soutenons la stratégie actuelle d’un développement raisonné et d’une montée progressive d’un Bachelor sélectif ouvert aux étudiants non titulaires d’un baccalauréat français. Cette stratégie est, en effet, particulièrement cohérente avec le développement des campus européens de l’école, son objectif de formation de hauts potentiels transnationaux, sa visibilité internationale et son exigence de grande sélectivité. Le point fort de cette stratégie est de mieux ancrer les campus européens de l’école dans le tissu académique et économique de chaque pays. De cette façon, ESCP Europe sera à même de devenir une réelle école européenne accessible, par exemple, pour un anglais après son « A-level ». A l’inverse, faire du Bachelor de Novancia le Bachelor d’ESCP Europe est « vide de sens » pour reprendre l’expression de Pierre-Antoine Gailly. Tout simplement, il ne répond pas aux critères stratégiques énumérés précédemment : (i) ancrage des campus européens dans leur tissu local, (ii) promotion multiculturelle, (iii) amélioration de la visibilité internationale et (iv) grande sélectivité. De plus, est-il nécessaire de rappeler que le positionnement des formations de Novancia est totalement différent de celui d’ESCP Europe ? Novancia forme des « business developers » quand ESCP Europe est appelé à former des dirigeants d’entreprise. Or, il serait une erreur fondamentale de penser que le Bachelor ne peut pas ou ne doit pas former également à des postes à hautes responsabilités. Les meilleurs Bachelors mondiaux attirent les meilleurs étudiants appelés demain à jouer un rôle de leader dans leur domaine respectif. De par son identité européenne, sa vocation mondiale et sa tradition d’excellence depuis 1819, ESCP Europe doit s’inscrire dans la logique internationale du Bachelor qui vise également l’excellence. Dans cette perspective, le Bachelor de Novancia est inadapté et ne répond pas aux ambitions de l’école. Ainsi, d’un point de vue stratégique, il est plus pertinent de poursuivre le développement de l’actuel Bachelor « made in ESCP Europe » et d’écarter tout rapprochement inopportun avec Novancia afin d’éviter toute destruction de valeur et garantir la cohérence des formations délivrées. En somme, nous défendons la création de valeur de long terme par rapport à une pure logique de réduction des coûts de court terme qui mettrait en danger l’école dans la compétition internationale.

Priorité à la préservation de l’image de marque ESCP Europe

Nous tenons également à répondre à la remarque de l’actuel Président de la CCI Île-de-France, M. Jean-Paul Vermès, selon laquelle «il faut bien faire la différence entre un Bachelor et un programme grande école ». Ce qui est en jeu ce n’est pas une quelconque distinction entre les offres de formation de l’école mais bien la préservation de l’image de marque d’ESCP Europe auprès des recruteurs. Or, l’image de marque est un jugement de valeur qui porte sur un tout indivisible, la marque. De fait, préserver l’image de marque passe par une certaine homogénéité de l’ensemble des segments et offres de formation. Le fait de labéliser une formation par le nom « ESCP Europe » n’est pas anodin et doit répondre aux mêmes standards de qualité que ceux inscrits dans l’inconscient des recruteurs. La puissance des marques Harvard, Stanford ou MIT tient dans la garantie implicite que font ces écoles sur le niveau de compétence de leurs diplômés. Ce qui est en jeu ce n’est pas de s’assurer que les recruteurs sachent faire la différence entre un Bachelor et un programme grande école mais qu’ils soient confortés dans l’image de marque qu’ils ont de l’école. Etant donné la différence abyssale de positionnement entre Novancia et ESCP Europe et le profil respectif de leurs diplômés, un rapprochement/fusion créera de fait une dissonance entre l’image de marque perçue par les recruteurs et celle voulue par l’école. Il en résultera une dégradation de l’image de marque. De plus, un diplômé reste un ambassadeur de l’école toute sa vie. Or, comment peut-on se construire une image de marque cohérente, forte et durable avec des diplômés aux niveaux de compétences non homogènes ? Il n’est pas inutile de rappeler que l’image de marque est un actif éminemment stratégique pour une école de commerce dans la compétition internationale et celle-ci doit être au centre des préoccupations avant même la question des coûts. Elle permet, en effet, d’attirer les meilleurs étudiants, les meilleurs professeurs et de garantir un accès performant au marché du travail pour les diplômés. Ainsi, afin de préserver l’image de marque d’ESCP Europe, actif sensible, nous exprimons une nouvelle fois notre opposition à un rapprochement avec Novancia et soutenons le Bachelor « made in ESCP Europe ».

Conclusion

Au vu des éléments présentés dans cette lettre, il ne semble donc pas justifié stratégiquement de vouloir rapprocher ou fusionner Novancia et ESCP Europe, comme il ne serait pas avisé de le faire avec HEC Paris. En outre, le fait que la CCI n’ait même pas suggéré l’idée d’un rapprochement entre HEC Paris et Novancia, alors qu’HEC ne dispose pas de Bachelor et que des synergies sont toujours possibles, révèle bien sa pleine conscience de l’ineptie que représente au fond cette idée.

Les Etudiants d’ESCP Europe

1 « La CCI Paris-Île-de-France à la recherche de nouvelles ressources pour ses école », 18 mai 2016, L’Etudiant

2 « ESCP Europe : le directeur général de l’école débarqué, la stratégie confirmée », 4 juin 2014, Les Echos

 

English version

 

By signing this petition you declare your support for the open letter addressed to the Paris Ile-de-France Chamber of Commerce and copied hereafter:

OPEN LETTER TO THE PARIS ILE-DE-FRANCE CHAMBER OF COMMERCE

Subject: Partnership project between ESCP Europe and Novancia

We, students at ESCP Europe, expressly ask:

1)   To postpone all decisions on a potential partnership with Novancia until ESCP Europe is granted its EESC status and a supervisory board is constituted. That supervisory board should represent stakeholders and take decisions transparently.

2)   To maintain and develop ESCP Europe’s Bachelor degree which was set up last year instead of any partnership or merger with Novancia.

ESCP Europe’s strategic consistency and brand image are at stake in a world where business schools are competing on an international scale.

______________________________________

Foreword

In this month of May 2016, there looms again the shadow of a merger between ESCP Europe and Novancia (1). Once again, we, students of ESCP, feel the need to state our discontent regarding the manner and our deep disagreement on the subject matter. Before doing so, it is nevertheless important to recapitulate the events that occurred in 2014. They had already mobilised ESCP Europe’s community and were an early sign of the current project of partnership/merger that the Chamber of Commerce is currently promoting. In 2014, Edouard Husson, then Dean of ESCP Europe, was forced to quit at the same time as partnership rumours between ESCP Europe and Novancia spread. People heading the Chamber of Commerce seemed to hide their plans, which led students to voice their discontent through a petition that gathered 2,500 signatures in three weeks. Following this disapproval, the Chamber of Commerce confirmed that Edouard Husson had resigned but dismissed the idea of a merger with Novancia. Mr Pierre-Antoine Gailly, then head of the Chamber of Commerce, even said ‘this would make no sense’ [‘ce serait vide de sens’ (2)]. Whatever the motives, the current shift in the Chamber of Commerce position causes us to worry. It either shows their lack of midterm strategic vision for our school — one shouldn’t argue one thing and then the opposite in less than two years —or it shows that the Chamber of Commerce hid its true motives since the beginning and thus wasn’t honest with ESCP Europe’s students from the start.

Challenging the Decision-Making Process

The Chamber of Commerce’s manners suggest they want to force their way through before ESCP Europe can take its autonomy. In January 2017, it will be time for ESCP Europe to be granted the status of Ecole d’Enseignement Supérieur Consulaire (EESC) [Consular Higher Education School]. Then ESCP Europe will have a supervisory board where alumni — through their association — and external stakeholders will have a stronger say in the strategic decisions and direction of the school. It seems obvious that the endeavour to have ESCP Europe and Novancia become partners, controversial in its very nature, will be more difficult to carry out after January 2017. Coincidentally, the Chamber of Commerce wish to come to a decision in the upcoming weeks i.e. during the summer while it won’t face any opposition. It seems reasonable to question such hurry when it is well-known that such decisions require dialogue and can easily take six more months. This pace can however be understood easily if one considers only the Chamber of Commerce own interests that are not necessarily in line with the school’s. In a time of budgetary constraints, the Chamber of Commerce regard partnerships and fusions as an efficient cost-cutting tool, forgetting to consider the strategy of individual schools with which it can clash. They cannot miss this timely opportunity that may be lost when the school will have its supervisory board opened to other stakeholders with diverging aims. Recognising that all stakeholders should have a stake in this decision that will shape the future of the school, we ask for the decision to be postponed until ESCP Europe has a fully functioning EESC status (that is, until it has a supervisory board where stakeholders are represented). This request is only advocating for the enforcement of the principle of transparency of governance which should rightfully be abided by in a consular school.

Support for the Bachelor "Made in ESCP Europe" 

Besides formal matters, the question of the strategic reasonableness of such a merger for ESCP Europe arises. Our answer is clear: NO. In fact, this project could even be dangerous for our school. First of all, we want to clarify that ESCP Europe’s Bachelor programme is not problematic in itself. We support the current strategy of a reasoned and gradual development of a selective Bachelor open to students without a French baccalauréat.

This strategy is, in fact, consistent with the development of the school’s European campuses, its goal of training high potentials transnationally, its international visibility and the principle of high selectivity. The strength of this strategy is to better integrate the school’s European campuses into the academic and economic environment of each country. In this way, ESCP Europe will be able to become a really accessible European school, for example, for an English student after his "A-levels". 

In contrast, transferring Novancia’s Bachelor to ESCP Europe is "meaningless" in the words of Pierre-Antoine Gailly. Quite simply, it does not meet the strategic criteria listed above (i) embedding the European campuses in their local environments, (ii) promoting multiculturalism, (iii) improving ESCP Europe’s international visibility and (iv) high selectivity. Furthermore, is it even necessary to recall that the positioning of Novancia’s education is totally different from ESCP Europe? Novancia trains "business developers" whereas ESCP Europe is said to train business leaders.

But it would be a fundamental mistake to think that a Bachelor programme cannot or should not prepare students for positions of high responsibility. The world's best Bachelors attract the best students who are considered as potential future leaders in their respective fields.

Given its European identity, its global reach and its tradition of excellence since 1819, ESCP Europe must take part in the international logic of offering Bachelor programmes which strive for excellence.

In this perspective, the Bachelor of Novancia is inadequate and does not meet the school's ambitions. Thus, from a strategic point of view, it is more appropriate to pursue the development of the current Bachelor “Made in ESCP Europe” and to refrain from any improper partnership with Novancia in order to avoid value destruction and ensure consistency of the delivered educational programmes.

In short, we support the creation of long-term value against a reduction of short-term costs, which could endanger the school’s position in the international competition.

Priority on protecting the “ESCP Europe” brand

We also want to respond to the remark of the current President of the CCI Île-de-France, Jean-Paul Vermès, that "one must distinguish between a Bachelor and a Grande École programme." . 

What is at stake is not the distinction between the school’s programmes but preserving ESCP Europe’s reputation among recruiters. And this reputation is based on a judgment concerning one brand, which is indivisible. Consequently, preserving ESCP Europe’s brand image requires a certain homogeneity of all educational offers and programmes.

Labeling a programme with the name “ESCP Europe” is not innocuous and therefore has to meet the same quality standards unconsciously and implicitly expected by recruiters. The power of the Harvard, Stanford or MIT brands guarantees a high level of competence of their graduates. What is at stake is not that recruiters cannot differentiate between a Bachelor and a Grande École programme, but that both programmes similarly influence the overall brand image recruiters have of the school. 

Given major differences in the positioning of Novancia and ESCP Europe and the respective profile of their graduates, a partnership or merger will actually create  dissonance between the image perceived by recruiters and the image intended by the school. This will result in a degradation of ESCP Europe’s brand image.

Moreover, a graduate remains the school’s ambassador for all his life. But how can we build a strong, consistent and sustainable brand image with graduates at inhomogeneous levels of competence? It is worth remembering that a school’s brand is a highly important strategic asset for a business school faring in an international competition and it might even be superior to reflections on costs.

It actually allows to attract the best students, the best teachers and ensures graduates a favourable access to the labour market. Consequently, in order to preserve the brand image of ESCP Europe, a very sensitive asset, we once again express our opposition to a partnership with Novancia and support the Bachelor "Made in ESCP Europe".

Conclusion

Given the arguments presented in this letter, it does not seem to be strategically justified to bring ESCP Europe closer to or merge with Novancia, as it would be similarly detrimental to do so with HEC Paris. Furthermore, the CCI has not even suggested the idea of ​​a partnership between HEC Paris and Novancia, while HEC has no Bachelor programme and leveraging synergies might also be possible. This fact alone reveals that the overall idea of a partnership between ESCP Europe and Novancia appears to be insufficiently thought out.

The Students of ESCP Europe

1 « La CCI Paris-Île-de-France à la recherche de nouvelles ressources pour ses école », 18 mai 2016, L’Etudiant

2 « ESCP Europe : le directeur général de l’école débarqué, la stratégie confirmée », 4 juin 2014, Les Echos



Maxandre compte sur vous aujourd'hui

Maxandre JACQUELINE a besoin de votre aide pour sa pétition “CCI Paris Île-de-France: Pas de rapprochement entre l'ESCP Europe et Novancia”. Rejoignez Maxandre et 1 976 signataires.