
Roland RICHAFrance
Feb 25, 2018
La famille d'Abdel Menhem Amran Salah réside à Al Khodr, au sud de Bethléem.
Abdel Menhem est en prison depuis plus de deux ans. Il est, ce qui est convenu d'appeler, un détenu administratif.
C'est-à-dire sans aucune charge d'accusation connue contre lui. Son dossier est tenu au secret. Sa durée de détention de six mois peut être prolongée indéfiniment.
Nivine, son épouse et Mhammad son père, viennent d'être arrêtés à leur tour à l'aube de ce matin du 23 février 2018.
Mhammad va donc retrouver son fils. L'épouse devra attendre.
Les 500 détenus administratifs dans les prisons de l'occupant sont actuellement en grève administrative.
C'est-à-dire qu'ils refusent de se présenter devant les juges. Ils exigent leur libération immédiate dans le respect du droit international.
Un mouvement qui va désormais être suivi par deux nouveaux détenus.
Al Faraby,
Vendredi, 23 février 2018
La détention administrative est un déni de justice puisqu’elle permet de détenir une personne pendant six mois renouvelables ad vitam aeternam, sans que les charges retenues ne soient divulguées et sans que les avocats de la personne arrêtée n’aient accès au dossier. Qu’une telle procédure ait été utilisée pendant des décennies par les Britanniques en Irlande et par les tenants de l’apartheid en Afrique du Sud ne doit rien au hasard. Il s’agit tout simplement de mesures coercitives qui, de plus, s’apparentent à de la torture morale. En effet, le prisonnier se trouve placé dans un dilemme des plus affreux. Faut-il garder espoir en se référant à une date de sortie au bout des six mois d’incarcération ? Mais, dans ce cas, si le jour prévu de la sortie l’ordre de détention est renouvelé, tout s’effondre. À l’inverse, s’empêcher de penser à une possible libération c’est, pour le prisonnier, ne plus avoir d’avenir. Une telle situation est-elle possible dans un État qui s’autoproclame « seule démocratie du Moyen-Orient » ? Poser la question, c’est y répondre.
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