
Roland RICHAFrance
Feb 8, 2018
Du haut des minarets, la ville résonne du martyr d'Ahmad Jarrar. Les muezzins appellent au recueillement, à la prière, à la grève générale et à une marche de la colère.
En même temps que se répand la nouvelle, une foule de jeunes envahit les rues. Les soldats sont encore là. L'affrontement est inéluctable. Grenades à gaz lacrymogène et tirs de balles en caoutchouc... suivis de balles réelles.
La foule se densifie.
L'une après l'autre, les échoppes ferment leurs portes. Les rideaux se baissent. Le commerce est réduit à zéro.
Les cours sont suspendus. Les enseignants demandent aux élèves de rentrer chez eux. Les écoles se vident.
Déjà, les blessés se comptent par dizaines. Les sirènes des ambulances pourfendent les rassemblements improvisés.
Irritations oculaires et respiratoires rendent difficiles les premiers secours.
Les tirs des soldats s'intensifient en même temps que s'accélère l'évacuation des lieux. Il devient urgent de battre en retraite. La colère de la foule monte à grande vitesse.
Les lance-pierres s'activent et les projectiles sifflent de toute part.
L'appel des Comités locaux de la résistance a été entendu.
La population s'organise à faire face à l'envahisseur qui commence à fuir la ville en émeute, emportant le corps d'Ahmad criblé de balles.
L'esprit d'Ahmad est vivant.
Al Faraby,
Mercredi, 07 février 2018
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