

Le 8 avril, le vote sur le projet de loi déposé par le député Falorni sur l’Aide médicale à mourir va-t-il enfin ouvrir sur un vrai débat parlementaire ? Ou l’obstruction antidémocratique organisée par une poignée de députés sectaires va-t-elle l’empêcher d’avoir lieu ?
Lois précédentes lois dites « Leonetti en 2005 et Claeys-Leonetti en 2016 » ont, à l’époque, recueilli l’unanimité des votants mais au prix d’un texte flou, ambigu, restrictif, ne répondant pas aux aspirations des citoyen(e)s.
Pour la première fois, 272 députés, appartenant à des partis politiquement opposés, disent ensemble : « Ça suffit ». Il est temps que la France, République laïque, pays des droits de l’homme, respecte la liberté de ses concitoyens et offre, comme l’ont fait ses voisins, le droit pour chacun de choisir humainement sa fin de vie.
Pour convaincre les hésitants, nous avons envoyé par la poste une lettre personnalisée à chaque député dont voici la teneur :
« Madame la députée, Monsieur le Député,
Le 8 avril… Votre vote sera probablement le plus important de votre mandat électoral car il ne concerne pas seulement la société, mais votre propre destinée.
Aussi, avant de voter, nous vous demandons de réfléchir à ce qui sera bon pour vous le moment venu, car nul n’échappe au rendez-vous avec la mort. Récemment votre ancienne collègue, madame Paulette Guinchard, atteinte d’une maladie dégénérative, après avoir été opposée toute sa vie à l’aide médicale à mourir est partie en Suisse trouver là-bas ce que son pays lui refusait.
Alors, si vous estimez que la loi actuelle est suffisante, si vous considérez que la déshydratation lente de votre corps que préconise la loi est un accélérateur naturel de la mort, si vous devez attendre de souffrir de douleurs incontrôlables pour espérer une sédation « profonde et continue » qui prolongera votre agonie d’une durée inconnue, souvent longue et douloureuse pour vous et votre famille, alors votez contre ce projet de loi.
Mais si, le moment venu, souffrant d’une affection grave et incurable, causée par un accident ou une maladie, vous souhaitez avoir la liberté de choisir de partir rapidement et en douceur, si vous refusez qu’on vous impose une agonie inutile et douloureuse, alors votez cette loi.
Elle n’est pas parfaite mais c’est un compromis.
Dans notre association, nous pensons qu’il ne devrait pas être nécessaire d’arriver à un stade « avancé » de la maladie, ni d’être soumis à des « souffrances incontrôlables » ou de vivre une lente dégradation de notre autonomie physique et psychologique pour choisir. Nous pensons également qu’une collégialité limitée à deux médecins comme c’est le cas à l’étranger est suffisante au risque de rendre l’application de la loi plus difficile.
Tous nos voisins du Nord au Sud ont évolué. Pourquoi pas nous ?
Que votre vote soit un vote intime qui réponde en votre for intérieur à la question :
« Et pour moi, aurais-je le moment venu la liberté de choisir ?»
Nous comptons sur vous. Voilà aussi une occasion de prouver aux citoyens que les élus sont à l’écoute de leurs électeurs.
Veuillez accepter, Monsieur le Député, nos très respectueuses salutations. »
Signée par les co-présidents : Nathalie ANDREWS et le docteur Denis LABAYLE
N’oubliez pas d’adhérer à l’association Le choix-Citoyens pour une mort choisie : https://choisirmafindevie.org/
Vous y trouverez également la rubrique « signez la pétition ».