**mise à jour - 27 avril 2021**
PETITION – CAMPEMENT ITINERANTS AUTOCHTONES
Monsieur Luc Rabouin – Maire du Plateau Mont-Royal :
En date du 10 février dernier, vous nous avez fait parvenir une lettre nous informant de la halte-chaleur temporaire pour les itinérants autochtones qui serait installée dans le stationnement derrière le Centre Communautaire du Monastère jusqu’au 31 mars 2021. Cette halte-chaleur n'y est plus mais il y a maintenant un campement d'itinérants autochtones permanent. L’équipe d’intervenants sur place a quitté en date du 23 avril - bien que la roulotte Wapikoni y soit toujours.
Nous sommes sensibles au fait que les itinérants autochtones font partie de notre communauté et qu’il s’agit d’une population vulnérable qui a besoin d’aide. Vous avez offert un appui à court terme pendant l’hiver - sans toutefois avoir de stratégies de sortie. D’une part, il y a les conséquences désastreuses de votre décision pour les résidents des rues avoisinantes – dont plusieurs familles avec de jeunes enfants – conséquences qui sont bien réelles et qui sont intolérables: il y a des cris et des hurlements (ponctués de jurons), de l’excès de consommation, des bagarres, des bouteilles de bière brisées, des gens qui font leurs besoins devant nous et devant nos enfants et de la violence. Il est impossible pour les personnes en télétravail des alentours de se concentrer. Malgré la présence de l’équipe de transition qui était sur place de midi à 19h, la police a dû intervenir à plusieurs reprises et les pompiers ont dû éteindre un feu. Les déchets et les immondices s'accumulent - ce qui entraîne des problèmes de salubrité. Votre choix du terrain en plein cœur du quartier a fait basculer – sans toutefois la régler - la situation du coin des rues Mont-Royal/St-Denis dans notre cour arrière et les résidents du coin ont perdu toute quiétude et sentiment de sécurité lors de leurs déplacements vers le métro et vers les commerces de la rue Mont-Royal. Plusieurs résidents ne passent plus par là et les enfants n’osent plus y aller. D’autre part, il y a les conséquences de votre décision sur les itinérants autochtones eux-mêmes. Vous n’avez pas apporté de solutions réelles aux défis auxquels fait face cette communauté. De plus, le choix de cet emplacement en retrait - et donc plus caché – a créé des enjeux de sécurité – en particulier pour les femmes qui font partie du groupe. Des résidents qui ont vue directe sur le campement ont observé des actes de violence sexuelle envers les femmes, certains visibles et d’autres cachés sous une tente avec un va-et-vient. On ne peut qu’imaginer l’horreur. Ca brise le cœur et ça ne peut pas durer.
Le terrain appartient à l’arrondissement. Vous êtes responsables de la salubrité et de la sécurité de cet emplacement. Plusieurs résidents vous ont écrit et n’ont reçu aucune réponse de votre part. Pourquoi? Monsieur Rabouin, il est temps d'agir pour régler cette situation insoutenable autant pour les résidents que pour la population itinérante autochtone – en particulier les femmes qui se trouvent dans une situation encore plus précaire. Il ne s’agit pas de déplacer le problème dans un autre coin. Nous avons besoin de solutions durables adaptées aux besoins réels des itinérants autochtones – et qui vont plus loin que de les reléguer dans un stationnement caché en plein coeur d’un quartier résidentiel.