Petition updateTOUS UNIS CONTRE LE GCO (Grand Contournement Ouest de Strasbourg)Strasbourg, ville accessible aux touristes sans GCO
N A
Nov 27, 2017
Bonsoir, Voici un message de l'association ASTUS : La lecture de la tribune parue dans l’édition du 15 octobre dernier des DNA intitulée « Vite, un GCO pour les touristes aussi ! » nous laisse pantois sur la profonde méconnaissance (feinte ou réelle ?) par son auteur de la réelle situation des mobilités dans l’agglomération strasbourgeoise. L’article paru quelques pages auparavant peut légitimement interroger sur la compétence de l’Office du tourisme qu’il préside dans la gestion du développement du tourisme à Strasbourg. L’auteur imagine une accessibilité améliorée vers les sites touristiques en Alsace, à partir de Strasbourg, grâce à une nouvelle autoroute qui contournerait la ville : un raisonnement qui laisse songeur. En effet, laisser penser que l’accessibilité vers Strasbourg serait facilitée parce que certains emprunteraient le GCO, c’est oublier que les études les plus optimistes prévoient un report de trafic inférieur à 10%. C’est méconnaître totalement le fait que l’accessibilité à Strasbourg ne se résume pas aux routes et aux autoroutes. Ainsi Strasbourg est accessible en TGV ou en ICE (ce que l’auteur consent à admettre du bout des lèvres), tant venant de Paris, de Bordeaux, de Rennes, de Nantes à l’Ouest, de Bruxelles, de Lille, de l’aéroport de Roissy Charles de Gaulle, de Luxembourg au Nord, de Stuttgart, de Francfort et de son aéroport, de Munich à l’Est, de Lyon, de Marseille ou de Montpellier au Sud notamment. Strasbourg est aussi accessible en TER de tout le Grand Est, desserte qui pourrait certes être grandement améliorée dans le cadre du Schéma régional d'aménagement, de développement durable et d'égalité des territoires actuellement à l’étude. Il n’est pas sérieux de méconnaître que beaucoup de touristes arrivent à Strasbourg par le train. L’aéroport de Bâle Mulhouse est ainsi facilement accessible grâce à une navette et au TER. Celui de Strasbourg Entzheim est accessible en huit minutes grâce à une navette ferroviaire, dont il faut certes encore améliorer l'amplitude de service et le cadencement horaire‌ pour qu’elle remplisse pleinement sa mission. A partir de Strasbourg, le touriste peut rayonner en utilisant les lignes de trains TER ou de cars interurbains : il s’agit d’alternatives au tout-voiture, présenté à tort par l’auteur comme la seule solution possible. Il serait temps de créer une gare routière digne de ce nom et correctement interconnectée à la gare ferroviaire et au réseau de tram à l'arrière de la gare ferroviaire, elle-même ouverte à 360°. L’autopartage (Citiz) permet de combiner, sorti de l’agglomération, transport en commun et voiture. Un réseau renforcé de pistes cyclables permettrait de développer un tourisme vert comme dans le centre de la France et en Allemagne. Le réseau de tram doit encore s’étendre, notamment vers les communes du nord jusqu’au Pôle d’échange multimodal de Vendenheim. Pourquoi ne pas mettre en place le réseau de RER métropolitain qu’ASTUS appelle résolument de ses vœux (voir notre étude dans l’édition du 28 septembre dernier), avec P+R (parkings-relais) associés hors agglomération ? Les touristes sont caricaturés comme venant majoritairement en véhicules individuels : si cela est en grande partie exact, en quoi cela doit-il nécessairement, inévitablement et inexorablement conduire à engorger la ville ? Ont-ils au demeurant les mêmes besoins de déplacements rapides que les salariés et les étudiants ? Pourquoi ne pas mieux orienter ces touristes vers les P+R existants - qui doivent être mieux fléchés - implantés à la périphérie de l’agglomération et ne pas les inciter à prendre les transports en commun pour finir leur trajet (4,30 € aller-retour pour 7 personnes au plus) ? Autre question primordiale : les touristes circulent-ils réellement aux heures de pointe ? ASTUS s’interroge : y a-t-il une réelle volonté des partenaires d’aider les touristes à venir nous visiter en tenant compte des impératifs de la COP 21, quand les informations qui leur sont fournies en gare par la SNCF sont défaillantes ? L’Office de tourisme est-il le mieux placé pour nos donner des leçons de mobilité, alors qu’il a fermé son accueil en gare de Strasbourg, suivant en cela la CTS, contrairement à de nombreuses grandes villes touristiques françaises et étrangères ? Enfin, les documents mis à disposition des personnes que nous accueillons pour découvrir notre belle ville et notre belle région, ainsi que les sites internet et les applications smartphone, gagneraient à comporter systématiquement, en dehors de l’itinéraire en voiture, les modalités d’utilisation des transports en commun, ce qui n’est que trop rarement encore le cas. Pour ASTUS, il ne s’agit d’exclure aucun mode de déplacement, mais de les envisager rationnellement et de façon complémentaire. Des solutions innovantes sont possibles, à partir de l’existant, à des coûts financiers et environnementaux sans commune mesure avec ceux du GCO, présenté comme salvateur. Le texte "censuré" Courrier des lecteurs Strasbourg, ville accessible aux touristes sans GCO M. François Giordani, président de l'ASTUS, association des usagers des transports urbains de l'agglomération strasbourgeoise : « La lecture de la tribune parue dans l'édition du 15 octobre dernier des DNA intitulée Vite, un GCO pour les touristes aussi ! nous laisse pantois sur la profonde méconnaissance (feinte ou réelle ?) par son auteur de la réelle situation des mobilités dans l'agglomération strasbourgeoise. [...] L'auteur imagine une accessibilité améliorée vers les sites touristiques en Alsace, à partir de Strasbourg, grâce à une nouvelle autoroute qui contournerait la ville : un raisonnement qui laisse songeur. En effet, laisser penser que l'accessibilité vers Strasbourg serait facilitée parce que certains emprunteraient le GCO, c'est oublier que les études les plus optimistes prévoient un report de trafic inférieur à 10 %. C'est méconnaître totalement le fait que l'accessibilité à Strasbourg ne se résume pas aux routes et aux autoroutes. [...] L'Office de tourisme est-il le mieux placé pour nous donner des leçons de mobilité, alors qu'il a fermé son accueil en gare de Strasbourg, suivant en cela la CTS, contrairement à de nombreuses grandes villes touristiques françaises et étrangères ? Enfin, les documents mis à disposition des personnes que nous accueillons pour découvrir notre belle ville et notre belle région, ainsi que les sites internet et les applications smartphone, gagneraient à comporter systématiquement, en dehors de l'itinéraire en voiture, les modalités d'utilisation des transports en commun, ce qui n'est que trop rarement encore le cas. Pour ASTUS, il ne s'agit d'exclure aucun mode de déplacement, mais de les envisager rationnellement et de façon complémentaire. Des solutions innovantes sont possibles, à partir de l'existant, à des coûts financiers et environnementaux sans commune mesure avec ceux du GCO, présenté comme salvateur. » © Dna, Dimanche le 19 Novembre 2017 - Tous droits de reproduction réservés La tribune initiale La Ville en débat Vite, un GCO pour les touristes aussi ! Jean-Jacques Gsell. Jean-Jacques Gsell, le président de l'Office de tourisme de Strasbourg et sa région, plaide pour une accessibilité améliorée des sites touristiques en Alsace à partir de Strasbourg qui passe, selon lui, par la réalisation rapide du grand contournement. Par Jean-Jacques Gsell « On a beaucoup écrit et dit de choses sur le GCO. Nombre de détracteurs mais aussi de partisans, dernièrement encore avec l'appel de 23 maires de l'Eurométropole (DNA du 11 octobre 2017), se sont exprimés. J'ai, pour ma part, toujours été favorable à la création du GCO et tiens à le rappeler. Un point de vue n'a cependant jamais été évoqué, sauf erreur de ma part : celui des visiteurs de notre région. Une région d'une incroyable richesse touristique : des centres urbains dont certains classés à l'UNESCO comme Strasbourg et Neuf-Brisach, des savoir-faire uniques autour de la poterie ou de la cristallerie par exemple, des parcours de golf, des stations thermales, des lieux de mémoire, des jardins remarquables, des sentiers de randonnée, des music-halls et des casinos, des pistes cyclables, des routes touristiques autour du vin, de la bière, du patrimoine roman, de la choucroute, de la carpe frite et j'en oublie certainement, des musées de renommée mondiale, un vignoble incomparable, une gastronomie inégalée avec ses chefs étoilés, des perles comme les "villages préférés des Français" et les "plus beaux villages de France", des espaces de congrès et des équipements pour les rencontres économiques, des festivals et de grands événements touristiques d'envergure mondiale comme l'opération "Strasbourg Capitale de Noël"... La liste n'est pas exhaustive, bien sûr. C'est un patrimoine architectural, naturel et culturel unique. Nous avons la chance d'en disposer. Nous investissons beaucoup pour le préserver et le promouvoir. De nombreuses régions en France et en Europe nous l'envient. Et tout cela sur une surface d'environ 200 km sur 40, une sorte de "concentré d'excellence touristique" qui nous fait jouer dans la cour des grands. Une "guerre touristique mondiale" Si le secteur du tourisme à l'échelle mondiale enregistre de bons résultats, cette croissance ne "tombe pas du ciel", elle se mérite, c'est une tâche de tous les instants. La concurrence est vive et les destinations touristiques se livrent une concurrence farouche dans cette "guerre touristique mondiale" qui se joue. En Alsace, ce sont donc 20 millions de visiteurs - soit quand même plus de dix fois la population de toute la région - qui, chaque année, arpentent villes, sentiers, villages et routes, savourent cette diversité et, séduits, reviennent. Une sorte de "manne" touristique, précieuse s'il en est. Dans le domaine du tourisme, Strasbourg est indissociable de l'Alsace - et vice-versa - et nous oeuvrons au quotidien en très étroite concertation et collaboration avec toutes les instances touristiques locales, régionales et nationales en matière de promotion et de communication pour séduire de nouvelles clientèles en France, en Europe et dans le monde. Un tableau assez positif, donc, pour le moment pour Strasbourg et l'Alsace. Mais un phénomène se profile depuis quelque temps qui pénalise nos entreprises touristiques et nous fait perdre des clients au profit d'autres destinations. Les atouts évoqués ci-dessus et notamment la grande variété de sites touristiques majeurs proches de Strasbourg n'en sont plus dès lors que les accès de et vers Strasbourg se transforment en "galères" qui gâchent le séjour, génèrent des mécontentements et in fine fragilisent la fréquentation touristique de notre destination. Comment en effet mettre en avant auprès de nos visiteurs, auprès des tour-opérateurs, agents de voyage, organisateurs de congrès ces atouts-maîtres qui nous font gagner des marchés mais qui deviennent une promesse non tenue ? Nous devenons mensongers à vanter par exemple les charmes de la Route des vins ou des villages de potiers du nord de l'Alsace et leur proximité avec Strasbourg si les trajets matin et soir se transforment en cauchemar. Que dire des accès vers l'aéroport international de Strasbourg-Entzheim ? Comment favoriser les vols de et vers Strasbourg - et je suis ravi des nouvelles ouvertures de lignes - si les touristes risquent chaque jour de rater leur avion ? Sans parler des passagers strasbourgeois, logés à la même enseigne... Le TGV Est-européen a été une vraie "révolution touristique" par le nombre de nouveaux touristes qui ont pu venir à Strasbourg et en Alsace grâce au train, ce que nous mettons en avant évidemment... Mais comment les encourager à rayonner en Alsace si les accès de et vers Strasbourg sont impraticables pour les cars touristiques, les véhicules loués, les agences de voyage équipées d'un minibus ou autre ? Ces questions sont aujourd'hui prégnantes dans les négociations avec les professionnels du tourisme - organisateurs de congrès, agents de voyage, tour-opérateurs, autocaristes... - au même titre que celles liées à la sécurité des clients par exemple. Nous constatons aujourd'hui de réelles difficultés face à des destinations concurrentes. L'accessibilité des sites touristiques en Alsace à partir de Strasbourg est fondamentale si nous voulons satisfaire nos visiteurs et en séduire de nouveaux. C'est l'image et l'attractivité touristique qui sont en jeu : il en va de l'avenir de ce secteur qui pèse près de 40 000 emplois et 10 % de la richesse de l'Alsace, avec 2,2 milliards d'euros de retombées économiques chaque année. » © Dna, Dimanche le 15 Octobre 2017 - Tous droits de reproduction réservés
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