Arrêtons l'enfer pour les automobilistes franciliens !

Le problème

Madame le maire,

  Vous avez annoncé dans le JDD du 8 janvier des décisions si brutales et absurdes qu’elles me paraissent relever d’un irréalisme qui soulève l’indignation : fermeture du quai haut de la rive droite à partir de la place de la Concorde ; fermeture des trois quarts de la rue de Rivoli dans le sens Est-Ouest sur la totalité de cette voie ; suppression du diesel à partir de 2020, etc.

Nous vous demandons :

  1. D’organiser un débat au Conseil de Paris sur ces décisions
  2. De tenir compte des arguments des opposants à ces décisions et d’y renoncer

Veuillez croire, Madame le maire, en l’expression de ma stupéfaction

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Contribuables Parisiens et FranciliensLanceur de pétition
Cette pétition avait 1 521 signataires

Le problème

Madame le maire,

  Vous avez annoncé dans le JDD du 8 janvier des décisions si brutales et absurdes qu’elles me paraissent relever d’un irréalisme qui soulève l’indignation : fermeture du quai haut de la rive droite à partir de la place de la Concorde ; fermeture des trois quarts de la rue de Rivoli dans le sens Est-Ouest sur la totalité de cette voie ; suppression du diesel à partir de 2020, etc.

Nous vous demandons :

  1. D’organiser un débat au Conseil de Paris sur ces décisions
  2. De tenir compte des arguments des opposants à ces décisions et d’y renoncer

Veuillez croire, Madame le maire, en l’expression de ma stupéfaction

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Contribuables Parisiens et FranciliensLanceur de pétition

Les décisionnaires

Anne Hidalgo
Maire de Paris
Répondu
Madame, Monsieur, En signant cette pétition, vous avez souhaité m’interpeller sur les mesures prises par la Ville de Paris pour restreindre la circulation des véhicules les plus polluants. Attachée au débat démocratique, il me semble normal de vous répondre et de vous expliquer ma position. Premier élément important : avec mon équipe, nous ne luttons pas contre la voiture mais contre la pollution. À l’heure où j’écris ces lignes, Paris, l’Ile-de-France et une grande partie de la France vivent un énième pic de pollution aux particules. En zone rurale, la première cause de cette pollution est le chauffage au bois, on le voit dans la vallée de l’Arve. Mais en zone urbaine, toutes les études démontrent que la première responsable, c’est la voiture individuelle polluante. La pollution de l’air, c’est 48.000 morts prématurés par an à l’échelle nationale, 6.500 à l’échelle du Grand Paris, selon une étude récente de l'agence Santé publique France. C’est aussi pour les Franciliens une espérance de vie réduite de 2 ans. Et ce sont des centaines de milliers de personnes atteintes de troubles respiratoires, comme le soulignent régulièrement de nombreux pneumologues. Cette urgence de santé publique est comparable au scandale de l’amiante ou à la lutte contre le tabagisme, qui ont marqué ces dernières décennies. Je suis convaincue que, dans quelques années, les politiques et les industriels de l’automobile qui n’auront rien fait devront en répondre pénalement devant les tribunaux. Cela implique de réduire la place de la voiture en cœur de ville, comme le font toutes les autres métropoles du monde. Tokyo a déjà banni totalement les véhicules diesel, Oslo est sur le point de le faire. Londres a mis en place depuis plusieurs années un péage urbain. Le centre-ville de Madrid est piéton, ceux de Bruxelles et de Barcelone sont en train de le devenir. Berlin a mis en place depuis 10 ans déjà les vignettes anti-pollution, comparables aux vignettes Crit’air qui viennent d’être instaurées en France. Et il existe des centaines d’autres exemples. A Paris, le sujet est connu depuis 2001. Avec Bertrand Delanoë, nous avons alors fait un choix de bons sens : développer les alternatives avant de restreindre la circulation des véhicules les plus polluants. En quinze ans, nous avons créé les voies réservées aux bus, aménagé le tramway sur les Maréchaux, créé Vélib’, Autolib’, Utilib’, soutenu le lancement de Cityscoot… Nous avons automatisé la ligne 1 et sommes en train d’automatiser la ligne 4 du métro, en complément de la ligne 14. Nous avons également soutenu la mise en place du Pass Navigo à tarif unique, qui permet aux habitants des petite et grande couronnes de voyager au même prix que les Parisiens, ce qui représente pour eux une économie mensuelle de plusieurs centaines d’euros. Ces investissements sont conséquents, au point que l’Institute for Transportation and Development Policy (ITDP), basé à New-York, vient de classer le réseau de transports en commun de Paris comme le plus performant au monde. Nous ne nous satisfaisons pas de ces lauriers, puisque nous continuons à investir 381M€ par an dans les transports en commun, pour les améliorer encore davantage. C’est aussi ce qui nous amène à projeter un tram-bus à haut niveau de service sur les quais hauts, dont le premier tronçon sera livré en 2018 et qui à terme reliera les Hauts-de-Seine au Val-de-Marne en longeant la Seine. C’est également ce qui nous a décidé à mettre en œuvre un « plan vélo », doté de 150M€, qui permettra de doubler le nombre de km de pistes cyclables intramuros d’ici 2020. C’est enfin ce qui nous pousse à soutenir des innovations, comme l’expérimentation de bus sans chauffeur entre les gares de Lyon et d’Austerlitz, ou encore comme les SeaBubbles, des « bulles flottantes » sur la Seine qui permettront de développer une offre de taxis fluviaux. C’est vrai : en contrepartie de ces investissements massifs, nous demandons aux automobilistes de faire des efforts, en renonçant chaque fois que cela est possible à leur voiture individuelle polluante. Nous avons élaboré à ce titre des restrictions de circulation qui entrent progressivement en vigueur depuis 2015. Mais là encore, nous avons décidé de les soutenir : les particuliers peuvent bénéficier de 400€ pour l’achat d’un vélo électrique ou d’un triporteur, de 400€ pour financer leur première année de Pass Navigo ou encore de 100€ pour financer leur première année d’utilisation d’Autolib’. Nous soutenons aussi les professionnels, de Paris mais aussi de la petite couronne, en leur apportant une aide de 3.000 à 9000€ pour l’achat d’un véhicule électrique ou GNV (gaz naturel), et cette aide est cumulable avec celles de la Métropole du Grand Paris et de l’État. Tous ces projets font l’objet de processus démocratiques, qui peuvent aller – selon leur ampleur et leur nature – d’un débat et d’un vote du Conseil de Paris (ce fut le cas pour les restrictions de circulation automobile, pour le plan vélo, pour les aides financières incitatives, etc) jusqu’à une enquête publique (ce fut le cas pour le tramway, pour la piétonnisation des berges de la rive gauche puis de la rive droite, etc), le tout adossé à des réunions de concertations ou encore à des conférences citoyennes. Enfin, je me permets de vous rappeler que les mesures que je prends depuis mon élection figuraient noir sur blanc dans mon programme aux élections municipales. Par leurs suffrages, les Parisiens m’ont alors donné mandat pour agir. J’ai pris ces engagements devant eux et je compte bien les respecter. Respectueusement, Anne Hidalgo
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Pétition lancée le 17 janvier 2017