Amélioration des conditions de vie sur le campus Georges Charpak Provence

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Le problème

Madame, Monsieur,


Le 4 janvier 2021, les étudiants du campus Georges Charpak Provence ont écrit une première lettre ouverte évoquant les conditions de la vie étudiante sur notre campus. Ce projet a été suivi de l’écriture d’un livre blanc contenant 25 propositions d’améliorations auxquelles la direction a répondu favorablement pour 6 d’entre elles. Nous soulignons ce progrès, si mince soit-il, et nous remercions l’école pour ces premiers pas en faveur d’une meilleure vie étudiante. Cependant, nous sommes au regret de devoir dénoncer de nouveau ces conditions de vie étudiante. Ces dernières années, nos demandes n’ont cessé d’être répétées à la direction, en vain, et nous ressentons toujours ce sentiment d’abandon déjà évoqué il y a deux ans. 


Tout comme nos anciens, nous sommes fiers de faire partie de cette prestigieuse école et nous avons à cœur d’être acteurs de notre passage sur ce campus. Ainsi, nous souhaitons mettre en avant différents problèmes rencontrés par l’ensemble des étudiants afin que l’école puisse leur offrir des conditions de vie et d’étude dignes du prestige de l’école. Notamment en améliorant la vie sociale, associative, culturelle et sportive des étudiants.


Tout d’abord, la résidence étudiante ne permet pas aujourd’hui d’accueillir l’ensemble des étudiants du campus. Même si le projet initial avait pour objectif la construction de cinq bâtiments résidentiels étudiants, nous sommes navrés de constater que seuls trois sont présents. Certains étudiants de deuxième et troisième année se retrouvent donc contraints de trouver un logement en dehors du campus, généralement sur Aix-en-Provence car peu de logements étudiants se trouvent sur Gardanne. Cela implique de nombreux trajets pour des étudiants qui n’ont pas toujours leur propre moyen de locomotion et qui doivent alors s'organiser avec les TER et les bus chaque jour. En plus d’être éprouvante, cette logistique entraîne parfois l’absence ou le retard de certains élèves suite aux grèves et autres désagréments de la part des sociétés de transport. Ces obligations nuisent tant sur le plan financier avec le budget que ces déplacements engendrent, que sur le plan scolaire et étudiant. Ce manque de logement, et donc le fait de ne venir sur le campus que pour étudier, ne favorise pas le sentiment d’appartenance et le développement de la vie en communauté si nécessaires au bien-être et à l’épanouissement des étudiants. 


Le manque d’infrastructure est également flagrant sur notre campus, au détriment encore une fois de la vie étudiante. D’un point de vue sportif, et sans vouloir faire de comparaison, nous sommes au regret de constater que nos homologues de Saint-Etienne possèdent un terrain de tennis, un city stade, un panier de basketball, des salles de futsal, de squash et de fitness, tandis que nous ne possédons qu’une salle de musculation, aménagée dans une ancienne salle commune il y a deux ans et ne pouvant accueillir que quatre personnes simultanément. Suite au livre blanc évoqué précédemment, l’administration avait enclenché les démarches pour la construction d’un city stade mais ce projet est reporté chaque année et nous restons impuissants face à ces promesses jamais tenues.


Nous sommes aussi navrés de constater la détérioration de notre résidence avec des pannes récurrentes certainement dûes au vieillissement des installations qui ne sont pas suffisamment anticipés. Par exemple, les pannes des chaudières ont laissé plusieurs générations de résidents sans eau chaude ni chauffage sur des périodes inacceptables. Même si nous reconnaissons le travail sans relâche des responsables de la Maison des Elèves, nous pensons néanmoins que certains rafraîchissements seraient les bienvenus.


Malheureusement, et bien que nos demandes répétitives auprès de la direction aient été entendues, nous n’avons toujours aucune infrastructure supplémentaire. Nous sommes alors contraints de voir notre vie étudiante s’éteindre à petit feu lorsque, chaque année, les nouveaux étudiants découvrent le manque d’installations sur notre campus. 


D’autre part, les associations rencontrent également des difficultés dûes au manque de place dans leurs locaux. Après de nombreuses demandes, l’association de robotique AREM a pu obtenir un local plus grand leur permettant de mieux se préparer à la Coupe de France de Robotique. Nous sommes heureux de ce changement mais nous ne pouvons que souligner que celui-ci a été fait au détriment d'une autre salle. En effet, nous ne disposons désormais que d’une petite salle de réunion ne permettant même pas aux associations d’accueillir l’ensemble de leur conseil d’administration lors des réunions. L'absence et l’état de certains équipements sont également regrettables puisque les salles ne sont même pas équipées de fenêtres et que les tables et chaises disponibles sont peu nombreuses et en mauvais état. Ce manque flagrant d’espace et d’aménagement constitue un réel frein au bon développement de l’ensemble des associations, et participe donc à la dégradation de notre vie étudiante. 


Nous pouvons ajouter à cela le fait qu’aucun service de restauration n’ait été proposé par l’école depuis cinq ans. Cela permettrait pourtant aux étudiants ne logeant pas à la résidence de pouvoir se concentrer sur leurs études sans avoir à se soucier de la logistique qu’impose la préparation d’un repas la veille. 


De plus, notre situation géographique isolée ne nous permet pas de pallier ce problème. En effet, il nous est impossible de faire l’aller-retour à Aix-en-Provence chaque midi pour bénéficier des repas proposés par le CROUS. 


L’école a pourtant bénéficié de l’aménagement d’une cantine entièrement équipée mais qui n’est plus en fonctionnement. Les faibles effectifs de ce campus rendent certainement le modèle économique difficile à équilibrer mais peut-être qu’en l’ouvrant aux entreprises et administrations extérieures, l’amortissement serait plus réalisable et un service supplémentaire serait proposé à la commune. 


Vous imaginerez donc notre incompréhension face à cette situation. Nous ne pouvons que souligner l'aberration d’une cantine entièrement équipée et inutilisée face au silence de la direction concernant ce service. Nous déplorons notamment que le projet SPOT, qui prévoit un réaménagement complet de cet espace afin de le transformer en “IoT center”, ait été acté sans la validation préalable d'une mise en place de solution de restauration alternative pour le personnel et les étudiants.


Malheureusement, les difficultés relatées ci-dessus et rencontrées par l’ensemble des étudiants participent à la détérioration de la qualité de vie de chacun d’entre eux. Ce sentiment d’abandon de la part de l’école vient accentuer la solitude et l’isolement ressenti par de nombreux étudiants. En effet, les étudiants n’habitant pas à la résidence ne se sentent pas intégrés et la vie étudiante se dégrade. Cette diminution de la vie du campus finit également par affecter les étudiants présents sur la résidence. Certains étudiants avouent même vouloir quitter notre cursus et partir en double diplôme dans le seul but de fuir notre campus. Ce sentiment de déception est aussi partagé par les étudiants internationaux, souvent étonnés de découvrir un campus si peu aménagé.


Nous demandons aujourd’hui des réponses mais aussi des actions, un calendrier de mise en œuvre et un suivi du respect de ces engagements qui sont essentiels à la vie des étudiants sur le campus. Les défaillances sont trop fortes et les écarts entre notre campus et celui de Saint-Étienne doivent se réduire. C’est pourquoi, nous devons nous mobiliser pour qu’il y ait des améliorations et que les étudiants puissent bénéficier de structures, mais aussi de subventions, en accord avec les engagements de l’Etat pour l’amélioration de la vie étudiante mais aussi en retour des frais qui nous sont demandés. 


Aussi nous espérons que notre parole sera entendue et que nos efforts ne seront pas vains. Les étudiants constituent un socle solide du prestige de notre école et leur bien-être devrait être au cœur des préoccupations. Nous comprenons évidemment les restrictions budgétaires de l’école et nous sommes prêts à interpeller la direction de l’IMT afin que l’école puisse obtenir les subventions nécessaires à la valorisation de notre campus. Nous comptons sur ces changements pour garantir aux futurs étudiants de meilleures conditions de vie, et ainsi pouvoir continuer à faire rayonner notre école.

 


Respectueusement, 


Les élèves du campus Georges Charpak Provence

Les décisionnaires

La direction de l'Ecole des Mines de Saint-Etienne
La direction de l'Ecole des Mines de Saint-Etienne

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