Liste noir ( l'antibiotique ketek fais partie de cette liste )

La revue Prescrire a dévoilé jeudi, sa nouvelle liste noire de 82 médicaments vendus en France « plus dangereux qu’utiles ».
cette liste noire se base sur des études scientifiques et indépendantes entre 2010 et 2018.
Pourquoi les autorités n'interdisent pas la vente de ces médicaments? Pourquoi certains médicaments sortent ou entrent dans cette liste? . Est-ce que certaines molécules sortent de cette liste noire ?
Oui, mais peu. Il y a tout de même un point positif : le retrait du marché en 2018 de l’antibiotique Ketek… à écarter depuis 2002. Cela donne une idée de la lenteur des choses. On a de quoi continuer longtemps ce bilan… Justement, comment expliquer cette lenteur ?
Les firmes ne sont pas pressées de retirer du marché un médicament qui rapporte de l’argent. Et l’intérêt économique des firmes est beaucoup pris en considération par les autorités. Les choses se font lentement et par étapes. Par exemple, on répète depuis des années, nous et d’autres, que les vasoconstricteurs pour le rhume que beaucoup de gens prennent peuvent provoquer un AVC ou un infarctus. Les fabricants disent c’est très rare, certes, mais c’est sérieux. Les autorités ont d’abord fait des études. Fin 2017, la publicité pour ces médicaments a été interdite pour le grand public, mais pas pour le corps médical. En général, les autres étapes sont une restriction d’indication, la diminution du dosage, une baisse du taux de remboursement, puis le déremboursement. Comment expliquer qu’autant de médicaments avec une balance bénéfice/risque mauvaise soient en libre accès dans nos pharmacies ?
Il faut relativiser l’inquiétude. Cent médicaments plus dangereux qu’utiles, cela fait beaucoup, mais il y a des milliers de médicaments sur le marché qui rendent service. D’autre part, les médicaments ont toujours des effets multiples sur le corps. En gros, on attend qu’ils règlent un problème, mais ils n’agissent pas seulement sur cet organe. Or, cet impact est différent selon les médicaments et les personnes. La recherche est centrée sur l’efficacité. Souvent, la connaissance des effets nocifs se construit lentement, plus il est utilisé.