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Compte-rendu réunion du collectif contre la guerre 3 février

Collectif Ni guerres ni état de guerre

Feb 4, 2016 — Réunion du collectif contre la guerre
Mercredi 3 février 2016
Bourse du travail Paris


Face au silence généralisé, se faire entendre, se faire comprendre
Nous étions une bonne centaine pour cette réunion du collectif contre la guerre, de sensibilités diverses. Nous sommes parti.e.s du constat que les interventions militaires sont très largement invisibles dans les médias. Le peu qui en est dit impose un consentement au nom d’une logique sécuritaire, avec ou sans habillage humanitaire ; la population apparaît comme anesthésiée et tétanisée par le discours belliciste. L’une de nos priorités est donc de mettre la question au cœur du débat politique et dans la société ; pour cela, tout à la fois, d’avancer un argumentaire précis et adapté à la situation nouvelle, de récolter et diffuser des informations sur les opérations militaires et leurs effets concrets sur les populations touchées, et d’être accessibles. Il est donc important
• d’expliquer clairement qui sont les profiteurs de guerres et qui sont celles/ceux qui les subissent ;
• de mettre en relation les effets destructeurs des guerres sur les populations (morts de masse, misère, population jetée sur les routes) et le fait que c’est la France qui frappe militairement et/ou vend les armes de ces destructions ;
• de souligner que ces bombes qui tombent « là-bas » sont aussi, pour « ici », des bombes à retardement.
Nous souhaitons donc donner au Collectif contre la guerre une vraie présence populaire, dans nos villes et nos quartiers, par la mise en place de collectifs locaux en particulier.

Articuler état de guerre et état d’urgence
Nous mesurons aussi que, si la mobilisation contre l’état d’urgence progresse, comme en témoigne le succès des manifestations qui ont eu lieu ce samedi 30 janvier un peu partout en France, l’axe de la lutte contre la guerre n’y est pas largement partagé. Bien sûr, il faut avancer sur cette question, dans les collectifs existants, débattre pour convaincre de la nécessaire articulation entre état de guerre et état sécuritaire. Comme nous le scandions dans la manifestation samedi : « Contre la guerre ! Contre l’état d’urgence ! Contre les causes et les conséquences ! » Pour autant, il ne s’agit évidemment pas de « forcer » le passage : si notre collectif peut être présent et visible dans les rassemblements organisés contre l’état d’urgence, c’est dans le respect des discussions en train de se mener.

Pour un collectif fédérateur
Si donc la guerre n’est que très peu présente dans le discours médiatique mais aussi, plus largement, en termes sociaux et politiques, des points d’appui existent, importants. Par exemple, la confédération CGT vient de publier un communiqué qui dénonce clairement la guerre, les ventes d’armes par la France, et demande notamment le retrait de la France de l’OTAN. Il est donc essentiel que de nombreuses organisations, politiques, syndicales, associatives, rejoignent le collectif en commençant par signer sa plateforme. Ce doit être une de nos priorités dans les semaines à venir : mobiliser nos réseaux pour faire signer largement. C’est un moyen décisif pour passer à un stade supérieur de la mobilisation.

Anti-impérialisme et internationalisme concrets
Nous sommes conscient.e.s du fait que, au sein du collectif, nous ne sommes pas à 100 % d’accord sur un certain nombre de questions. On peut être contre la guerre par pacifisme ; on peut l’être aussi par antimilitarisme révolutionnaire ; on peut être contre la guerre tout en reconnaissant le droit de légitime défense et de résistance des populations agressées. Mais dans tous les cas, il s’agit de mettre l’accent sur les populations civiles victimes de ces guerres. Nous nous opposons aux guerres d’ingérence et de spoliation - à ce titre à tous les impérialismes. Mais nous sommes en France et c’est donc en France que nous pouvons nous battre en priorité contre « notre » propre impérialisme. Nous pouvons le faire concrètement, sans abstraction ni proclamation : parce que les questions géopolitiques qui se jouent parfois à des milliers de kilomètres ont des résonnances fortes, ici, dans nos quartiers. C’est pour cela que la lutte de notre collectif passe par le combat en soutien aux migrants, contre les inégalités et les discriminations frappant les personnes racisées et les sans-papiers, contre l’islamophobie, contre les mesures d’exception et le contrôle généralisé des populations qui cible en priorité les personnes musulmanes ou supposées telles. Cet internationalisme passe aussi par la diffusion des expériences d’organisation et de lutte menées ailleurs : par exemple, les récentes manifestations pour le retrait des troupes françaises au Burkina Faso (l’une des têtes de pont de l’opération Barkhane).

Nous nous opposons à la politique impérialiste ce qui suppose
• d’exiger l’arrêt immédiat des interventions militaires françaises ;
• de rappeler que cette ingérence passe aussi par des bases militaires, dans une « Françafrique » continuée, véritable prolongement de l’ancienne situation coloniale ;
• de dénoncer les ventes d’armes, un marché bien juteux qui irrigue entre autres des régimes dictatoriaux ;
• de combattre la militarisation durable de la société, qui débouche sur un véritable complexe militaro-sécuritaire, sur un quadrillage des espaces et des esprits.

Instrumentalisation du « terrorisme » et détournements de fonds
Cette guerre se mène officiellement au nom du « terrorisme », mot fourre-tout et réalité instrumentalisée. Car c’est bien sous ce prétexte que, depuis les années 2000, ont été menées les guerres d’Irak et d’Afghanistan, la sale guerre russe en Tchétchénie, la répression des populations kurdes, la criminalisation de la résistance palestinienne. Cette instrumentalisation, nous la dénonçons, sans pour autant être acritiques à l’égard des organisations qui résistent dans les régions concernées. Ce sont aussi des dépenses colossales, qui détournent l’argent public de priorités sociales vitales. C’est enfin un déni absolu de démocratie, puisque cette politique militaire se mène officiellement en notre nom mais sans que jamais nous soyons consulté.e.s. Qu’on lui accorde ou non crédit, le Parlement n’a pas même son mot à dire dans ces prises de décision arbitraires, mises en œuvre au nom des intérêts bien compris de l’Etat impérialiste et des multinationales à qui profite le marché de la guerre.

Perspectives pratiques
• Nous nous réunirons le mercredi 10 février à 19H (Bourse du travail) pour finaliser la plateforme du collectif ; cette plateforme sera largement diffusée pour signatures dans le plus grand nombre possible d’organisations, associations, etc. [Nous enverrons très vite par mail un premier projet de plateforme à discuter collectivement].
• Plusieurs échéances pour le collectif
- présence ce vendredi 5 février à 17H métro Assemblée nationale ;
- après-midi politique et festive du collectif le samedi 27 février place Stalingrad : distribution de tracts, discussions, musique et repas partagés ;
- présence du collectif lors de la manifestation du 8 mars ;
- présence également lors des rassemblements et manifestations anti-état d’urgence les 11 et 12 mars ;
- organisation d’une manifestation anti-guerre, dans le cadre de la semaine « Sortir du colonialisme », le 19 mars.
• Nous envisageons également, à moyen terme (mai ?) l’organisation d’une grande rencontre mobilisant chercheurs.ses et militant.e.s sur la question de la guerre et de la politique sécuritaire.
• Un site sera lancé prochainement qui nous servira d’instrument et de boîtes à outils pour développer et diffuser notre argumentaire.
• L’argent est le nerf aussi de notre combat contre la guerre. Ce mercredi, 138 euros ont été récoltés auprès des participant.e.s (frais liés à la confection de la banderole ; nous en aurons besoin également pour sono …). A suivre et à poursuivre !


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