Le peuple arménien a choisi son destin ce 7juin 2026
Le peuple arménien a choisi son destin ce 7 juin 2026
Ce 7 juin 2026, le peuple arménien de la République d’Arménie a choisi son destin : celui de la survie par la recherche de l’établissement de la paix et du progrès économique et social dans les 27 942 km² qui lui restent après tous les malheurs et vicissitudes de l’histoire qu’il a subis.
La moitié des électeurs ont fait confiance au Premier ministre Nikol Pashinian, lui donnant une majorité constitutionnelle de 60 % des sièges à l’Assemblée nationale afin qu’il poursuive sa politique réaliste menée depuis sept ans dans les pires conditions : guerre perdue contre l’Azerbaïdjan en 2020 avec l’anéantissement d’une armée arménienne mal préparée par ses prédécesseurs, abandon cynique du pays par la tutelle russe, pandémie de Covid-19 en 2020 et 2021, envahissement de l’Artsakh avec nettoyage ethnique des Arméniens de la région par l’Azerbaïdjan dans l’indifférence mondiale en 2023.
La majorité du peuple arménien de la République d’Arménie a fait confiance au parti « Contrat civil », mené par le Premier ministre Nikol Pashinian, parce que la politique conduite depuis la révolution de velours de 2018 a montré son efficacité pour assurer la survie de l’Arménie et des Arméniens du pays : un progrès économique constant et important, avec un PIB augmentant chaque année d’au moins 5 %, grâce notamment à l’aide de la diaspora, celle qui a choisi le patriotisme en soutenant la politique économique du gouvernement arménien ; la recherche des conditions de la paix avec l’Azerbaïdjan tout en garantissant la souveraineté de la République d’Arménie sur les 27 942 km² qui lui restent, en faisant valoir l’accord d’Alma-Ata de 1991 sur les tracés des frontières des anciennes républiques de l’Union soviétique et en acceptant la création d’une route commerciale internationale à travers le Syunik proposée par Trump afin de ne pas subir la revendication d’un corridor extraterritorial voulu par l’Azerbaïdjan ; sans compter le début d’une politique sociale concrète, comme la création d’une assurance maladie universelle en 2025 après trente ans d’immobilisme de ses prédécesseurs.
La majorité du peuple arménien de la République d’Arménie a voté pour une politique d’avenir incarnée par Nikol Pashinian, une politique qui œuvre pour la paix, garantissant les 27 942 km² du pays en recherchant la signature d’un traité de paix avec l’Azerbaïdjan, lequel aurait une véritable valeur de garantie internationale, et en réalisant des accords d’ouverture économique et politique avec la Turquie afin de mettre fin, à l’avenir, à toute possibilité de blocus de sa part.
La majorité du peuple arménien de la République d’Arménie a choisi de suivre les propositions du parti « Contrat civil » de Nikol Pashinian consistant à diversifier ses partenaires économiques et politiques en travaillant à la réalisation d’une série d’accords avec l’Union européenne pouvant permettre, à long terme, une adhésion, tout en essayant de conserver des liens forts avec la Russie afin de ne pas la rendre mortellement hostile, et en élargissant ses relations avec des pays émergents comme l’Inde, autant de conditions indispensables pour garantir son indépendance et donc conforter une réelle souveraineté.
Le soutien remarqué à la victoire électorale de Nikol Pashinian par des dirigeants gouvernementaux et de l’opposition géorgienne, seul pays voisin non musulman, inaugure favorablement la création d’un bloc politique et culturel entre l’Arménie et la Géorgie, indispensable à la réussite de ces deux pays. Nous avons d’ailleurs connaissance d’initiatives conjointes allant dans ce sens au sein de leurs sociétés civiles respectives.
Le peuple arménien a compris, lors du défilé militaire du 28 mai 2026, que la politique de rénovation de l’armée arménienne, grâce à des armes modernes achetées et fournies par l’Inde et la France, rendait désormais beaucoup plus difficile une agression militaire de ses voisins et que le pays pouvait, en outre, disposer d’une industrie militaire propre lui assurant une défense autonome. Le récent passé, durant lequel la Russie a abandonné l’Arménie qu’elle était censée protéger, n’est plus de mise avec cette option d’indépendance militaire, donc de souveraineté effective.
Pourtant, une opposition nihiliste très diverse, allant des anciens responsables politiques qui ont pillé et affaibli l’Arménie durant les trente années précédant la révolution de velours de 2018, à des prélats corrompus de l’Église apostolique arménienne, avec un évêque en plein délire messianique partisan d’une guerre avec l’Azerbaïdjan pourtant perdue d’avance dans le contexte actuel, en passant par des oligarques arméno-russes se mettant au service du gouvernement de Moscou désireux de conserver sa suzeraineté sur l’Arménie, jusqu’à certains membres du parti de la diaspora, le parti « Dachnaksoutioun », chapeauté en France par un soi-disant Comité de coordination des associations arméniennes (CCAF) squelettique, doté de deux coprésidents inamovibles mais nuisibles à la Cause arménienne, plus enclins à saboter les initiatives en faveur de l’Arménie qui échappent à leur emprise qu’à les soutenir, n’a pas réussi à faire inverser le choix du peuple arménien vivant sur le territoire de la République d’Arménie.
Malgré tous les moyens employés — fake news les plus invraisemblables, diffamations les plus odieuses, argent russe distribué pour acheter des voix, appels au soulèvement et au coup d’État, puis contestation des résultats du vote populaire pourtant reconnus honnêtes par les observateurs de l’Union européenne — cette opposition a échoué.
Les deux autres principaux partis politiques arméniens de la diaspora, le parti social-démocrate « Hentchakian » et le parti libéral « Ramgavar », ont, eux, reconnu le résultat des élections et soutiennent la politique du gouvernement de Nikol Pashinian.
Le peuple arménien de la République d’Arménie a donc véritablement choisi d’asseoir sa souveraineté envers et contre tous ce 7 juin 2026.
Néanmoins, les difficultés pour la réussite de la politique de Nikol Pashinian n’ont pas cessé comme par magie. La signature d’un traité de paix avec l’Azerbaïdjan est semée d’embûches jusqu’au dernier moment ; l’ouverture vers la Turquie, gage d’une paix durable, n’est pas acquise automatiquement ; l’hostilité du pouvoir russe ne cessera pas subitement et devra être ménagée ; le progrès économique et social ne va pas de soi sans volonté politique. Mais l’espoir est là.
La libération des otages de Bakou doit également être une priorité pour l’ensemble des organisations arméniennes, en mobilisant tous les relais diplomatiques mondiaux possibles.
La diaspora, dans sa composante majoritairement patriote, ainsi que ses amis, doivent continuer à soutenir la République d’Arménie de toutes les manières possibles ; pour chacun, ne serait-ce qu’en programmant un voyage par an dans le pays.
Le 15 juin 2026
Adrien Vahakn SAGE, président du « Mouvement Français-Arménien » (MFA), et délégué général du « Front de Défense de l’Arménie et de la Cause Arménienne en France » (FDACAF).