UN TOURNANT POLITIQUE INTERNATIONAL MAJEUR EN FAVEUR DE L'ARMENIE
Laissons s’exprimer et se manifester notre joie et notre bonheur après ces deux jours de fêtes en Arménie, qui ont eu lieu ce lundi 4 mai et ce mardi 5 mai lors du sommet de la Communauté politique européenne, lequel a rassemblé une cinquantaine de dirigeants européens ayant montré leur appui total à l’Arménie et à son gouvernement dirigé par Nikol Pachinian.
Un pas décisif a été franchi pour la survie de l’Arménie dans les 29 742 km² qui lui restent.
Le danger de destruction par ses voisins turc et azerbaïdjanais n’est pas fondamentalement écarté pour l’avenir, mais il s’éloigne néanmoins fortement. Il faut le souligner et le répéter : c’est grâce à la politique intelligente et réaliste de son Premier ministre, Nikol Pachinian, en poste depuis la révolution de velours de 2018, malgré l’épreuve terrible de la guerre de 44 jours du Haut-Karabagh, qui a coûté la vie à 4 000 jeunes Arméniens (en proportion, cela aurait représenté l’équivalent de 80 000 jeunes Français).
Son idée de génie a été la suivante : tâcher d’amener nos ennemis à accepter un tracé des frontières reconnu internationalement par l’accord d’Alma-Ata de 1991, avec le soutien, même limité, des pays européens et américains, en acceptant préalablement de rétrocéder quelques villages frontaliers conquis dans le passé à l’Azerbaïdjan par les forces arméniennes. Il avait pleinement conscience que l’armée arménienne, dans la période 2020-2024, était anéantie et ne pouvait plus garantir les frontières. Cette politique a, presque miraculeusement, fonctionné : l’Azerbaïdjan, malgré une campagne d’intimidation guerrière et menaçante, a accepté, certes du bout des lèvres, mais accepté quand même, ce tracé des frontières et n’a pas envahi l’Arménie.
Le gouvernement arménien en a profité pour mettre les bouchées doubles afin de développer au maximum son économie (augmentation du PIB de 6 à 8 % par an), grâce notamment au patriotisme d’une grande partie de la diaspora, qui a rejeté les appels au sabotage des nostalgiques de l’époque antérieure à la « révolution de velours », lesquels pillaient allègrement le pays avec la bénédiction et la complicité de prélats corrompus de l’Église apostolique agissant sous le protectorat « bienveillant » de la Russie. En 2025, pour la première fois depuis l’indépendance de l’Arménie en 1991, l’exode de ses habitants pour raisons économiques vers la Russie, l’Amérique et la France s’est tari, et le pays a vu sa population augmenter.
L’aide de Donald Trump, qu'elles que soient les appréciations de chacun sur sa politique mondiale, a été indispensable pour résoudre la revendication menaçante de l’Azerbaïdjan d’un « corridor territorial » détaché de la souveraineté de l’Arménie afin de le placer sous son contrôle dans le but d’assurer la liaison terrestre entre sa province du Nakhitchevan et le reste du pays. Il a proposé un statut commercial international à une route traversant le Syunik, l’Arménie conservant ainsi sa souveraineté dessus. Le gouvernement azerbaïdjanais a cédé devant Trump, choisissant les bénéfices économiques du développement de cette route plutôt qu’un accaparement territorial qui lui aurait valu des sanctions économiques internationales. Le risque de démantèlement de l’Arménie s’est alors éloigné, avec en plus la promesse du développement économique de cette route, qui profitera également grandement au pays dans ce qu’il est désormais convenu d’appeler « UN GRAND CARREFOUR DE LA PAIX ».
L’ESPOIR DE VIVRE EN PAIX EST REVENU pour les Arméniens d’Arménie, avec un territoire restreint mais garanti.
Et maintenant, ce sommet de la Communauté politique européenne tenu à Erevan les 4 et 5 mai 2026 constitue un véritable triomphe de la politique de diversification diplomatique, économique et militaire conduite par Nikol Pachinian. L’Arménie entre comme observateur à l’Assemblée parlementaire régionale méditerranéenne et accroît ainsi son influence parmi les pays européens et régionaux.
Elle passe un accord d’assistance militaire avec la France et conclut avec elle l’achat de 36 canons CAESAR ainsi que de radars ultra-performants d’observation, qui contribueront, avec la modernisation de son armée, à la protection de ses frontières.
Même ceux qui, comme Ursula von der Leyen, avaient par le passé favorisé l’Azerbaïdjan au détriment de l’Arménie pour des raisons économiques, ont publiquement montré leur soutien à l’Arménie, au grand déplaisir de la Turquie et de l’Azerbaïdjan, lesquels ont néanmoins reconnu les décisions de ce sommet par des messages transmis à distance. Il s’agit véritablement d’un tournant politique majeur en faveur de l’Arménie.
La perspective d’une entrée dans l’Union européenne constitue un espoir d’ancrage dans une communauté culturellement solidaire, même si sa réalisation demeure lointaine face au blocage turc d’une demande d’entrée concomitante. En effet, beaucoup de pays européens s’opposeront encore longtemps à l’entrée de la Turquie en son sein, sachant également que cette adhésion de l’Arménie ne pourra se faire qu’en même temps de celle de la Géorgie pour des raisons géopolitiques évidentes. Mais cette perspective s’inscrit dans une politique de diversification libératrice face à la mainmise russe, tout en prenant soin de ne pas s’attirer l’animosité mortelle de la Russie, comme l’avaient fait, selon nous, les autorités ukrainiennes en voulant rallier précipitamment l’Union européenne et l’OTAN. Cette politique de diversification économique verra à poursuivre les relations commerciales avec tous les voisins de l’Arménie, dont évidemment la Russie et la Géorgie mais aussi l’Iran et l’Inde sans oublier une politique d’ouverture à la Turquie et à l’Azerbaïdjan dont le développement sera garant de la paix à l’avenir. Nous faisons confiance à Nikol PASHINIAN pour poursuivre cette politique de diversification dont il a l’intention malgré le délire d’apprentis sorciers partisans de rupture avec tel ou tel partenaire.
Nous sommes véritablement sidérés par l’attitude des deux présidents du CCAF (Comité de coordination des organisations arméniennes de France), qui ont osé se montrer à ce sommet avec notre président de la République alors qu’ils avaient précédemment participé à une réunion du parti Dachnaksoutioun moribond, lequel préconise le renversement de Nikol Pachinian par tous les moyens possibles, notamment lors des prochaines élections législatives en Arménie le 7 juin, afin de remettre en place les plus corrompus et les plus incompétents de l’ancienne équipe gouvernementale, soutenus par des prélats de l’Église apostolique désireux de conserver leurs privilèges. Ceux-ci n’hésitent d’ailleurs pas à se ranger derrière des personnes en plein délire messianique prônant le retour à un conflit armé perdu d’avance.
Ils sont furieux car ils comprennent qu’ils ont perdu leur influence aussi bien en Arménie où les sondages ne leur accordent que quelques pourcentages inférieurs à 10 % qu’en France, avec leur score ridicule de 989 voix lors de la dernière élection du CCAF dans une communauté estimée à plusieurs centaines de milliers de personnes.
Il faut rappeler sans cesse qu’en 2022 et 2023, nos deux coprésidents du CCAF ont refusé de soutenir la pétition de Richard Maille et Jérémy Senatore déposée auprès de l’Assemblée nationale, pour des raisons inavouées donc inavouables. Cette pétition, si elle avait obtenu 500 000 signatures, aurait certainement enjoint le gouvernement français à reconnaître la République d’Artsakh et aurait peut-être ainsi permis de la sauver par une internationalisation de la question, laquelle avait toujours été refusée par l’ancienne équipe gouvernementale à la demande de leur protecteur moscovite.
La question de l’Artsakh ne peut désormais évoluer, hélas, qu’à travers des réparations morales et financières en faveur des anciens habitants arméniens de la part de l’Azerbaïdjan, ainsi qu’au moyen d’une mobilisation internationale visant à libérer les otages de Bakou.
Mais nous le répétons encore : ce sommet politique européen constitue un tournant décisif pour la survie de l’Arménie dans les 29 742 km² qui lui restent, grâce à la politique réaliste et intelligente de Nikol Pachinian. Malgré les tentatives de déstabilisation commandées par Moscou, qu’il soit réélu triomphalement ce 7 juin 2026 ! Et programmons tous un voyage annuel en Arménie, moyen à la portée de chacun, afin de soutenir l’Arménie.
Le 10/05/2026
Adrien Vahakn SAGE
Délégué général du « Front de Défense de l’Arménie et de la Cause arménienne en France » (FDACAF), président du « Mouvement Francais-Arménien » (MFA).