cercle Laicité et République sociale
Jan 19, 2024

Pour paraphraser la Bruyère : tout a été dit et j'arrive trop tard.                               ça ne m'empêche pas de sacrifier à la tradition de présenter mes vœux à tous les défenseurs de la Cause Arménienne, car ces vœux sont plus qu'un rituel, plus qu'une tradition lorsqu'ils sont pensés du fond du cœur et lorsqu'ils émanent d'une réflexion de fond, ce qui est bien sûr le cas de ceux que je vous adresse.

En cette année 2024 qui débute, nous savons qu’il n’y a plus de gouvernement de la République d’ARTSAKH, et  plus d’arméniens en ARTSAKH, les 120 000 arméniens  restants dans le pays au début de l’année 2023 s’étant réfugiés en ARMENIE, évitant ainsi le génocide ou l’asservissement promis par le gouvernement d’AZERBAIDJAN. Et plus personne n’en parle. Même ceux de la diaspora en France qui critiquaient auparavant violemment  le gouvernement PASHINIAN de ne pas envoyer de nouveau encore des milliers de jeunes arméniens à la mort certaine (et inutile) dans une nouvelle guerre qui aurait aboutit certainement  cette fois à l’écrasement militaire de l’ARMENIE vu le manque d’équipements et de moyens militaires ce qui a été le cas lors de la guerre de 44 jours du Haut Karabagh en 2020. Comment en étant arrivé à cette situation ?

Remontons un peu dans le temps. En 1991, après l’effondrement de l’URSS, profitant d’un affaiblissement momentanée de l’AZERBAIDJAN, les arméniens de l’ARTSAKH réussirent lors d’une guerre d’indépendance victorieuse à créer un état indépendant avec toutes les structures essentielles pour le fonctionnement d’un état adossé à celui de la République d’ARMENIE. Mais se fondant sur des accords fragiles obtenus à Minsk en 1992 et 1994, mais temporaires, le gouvernement arménien, pendant la trentaine d’années qui ont suivi, n’engagea aucune action diplomatique sérieuse pour permettre l’émergence d’une solution durable à l’existence de cet état de république d’ARTSAKH. En particulier, l’absence de volonté réelle  d’internationalisation du conflit comme aurait pu l’être la reconnaissance de la République d’ARTSAKH par la République d’ARMENIE est coupable de ce manque de réalisme. Et faire confiance à un traité d’assistance militaire avec la RUSSIE pour garantir le statut quo, traité qui ne comprenait même pas le territoire de l’ARTSAKH, relevait d’une incroyable et coupable naïveté. Le résultat  ne se fit pas attendre très longtemps. L’AZERBAIDJAN ayant repris des forces financières, diplomatiques et militaires grâce à son pétrole et à son gaz, a fait disparaitre au bout de 2actions militaires  express en 2020 et 2023 la république d’ARTSAKH, tout en menaçant réellement l’ARMENIE dans son intégralité territoriale. La République d’ARMENIE, affaiblie aussi par 30 ans de gabegie de la part de gouvernements successifs incompétents, ne put que « sauver les meubles » grâce à la diplomatie du gouvernement PASHINIAN en préservant  l’intégralité de ses frontières garanties (un peu)  par des textes reconnus  internationalement.

La situation est désormais celle-ci : L’AZERBAIDJAN a conquis l’ARTSAKH, et d’une manière qu’on ne voudrait pas définitive malgré la non formation d’un gouvernement en exil, ce qui aurait été la conséquence logique pour agir ultérieurement (cf l’histoire des gouvernements européens  en exil en 1940 après l’occupation allemande nazie). Qu’attendons-nous pour en créer un ? L’AZERBAIDJAN garde toujours  comme prisonniers des soldats arméniens et des responsables politiques de l’ARTSAKH, sans que ça n’émeuve personne, pour tenter  de faire pression sur le gouvernement arménien au sujet du règlement des frontières. Qu’attendons-nous pour faire pression sur les organismes internationaux, notamment par l’intermédiaire de l’UE (comme le refus d’achat du gaz azerbaidjanais) ?

Le gouvernement PASHINIAN après sa prise démocratique du pouvoir s’est lancé intelligemment en priorité en faveur du développement économique de l’ARMENIE                                                        -                                                         ---la croissance économique cette année devrait être de 8,3 à 8,5 %.                           le volume des investissements a augmenté de 17,5% par rapport à l'année dernière.

 En termes de PIB par habitant, l'Arménie améliore sa position : si en 2017 le pays était à la  122e place parmi les pays du monde, en 2020 - à la 112e place ; alors en 2023, selon les prévisions du FMI, la république d’ARMENIE sera en 86ème place.

 Cette année 2023, environ 44 000 nouveaux emplois ont été créés en Arménie. Le développent dans le domaine informatique et numérique est colossal.

 le chiffre d'affaires total du commerce en Arménie en 2023 représentera 110 % du PIB, ce qui constitue un chiffre record. L'année 2023 devrait se terminer avec un ratio exportations/PIB de 54,5%, l'objectif du gouvernement étant de 60%.

 Le budget des programmes de développement agricole a été multiplié par 7 par rapport à 2018, pour atteindre 47 milliards de drams (environ 120 millions de dollars) en 2023.

 -En 2023, le gouvernement a approuvé les grands programmes d'investissement suivants : le projet de construction du complexe skiable d'Aragats (volume d'investissement - 200 millions de dollars), le projet du WTC World Trade Center (212 millions de dollars), 11 mille 150 nouveaux emplois et le projet de port sec à Shirak ave un volume total d'investissement  estimé à 350 millions de dollars, etc…. etc….

       Cette politique prioritaire économique volontariste a permis à PASHINIAN d’avoir les moyens diplomatiques de ne pas être enfermé  pieds et poings  lié au  bon vouloir des intérêts de la RUSSIE , et d’avoir les moyens d’acheter des armes modernes auprès de  l’INDE et de la FRANCE (la RUSSIE le refusant), seul moyen de faire reculer l’AZEBAIDJAN dans l’avenir.

Nous n’avons pas compris le refus (sans doute tactique mais stupide ou relevant de l’ incompétence) de certaines organisations historiques et de médias de la diaspora arménienne de ne pas s’investir dans la recherche des 500 000 signatures pendant toute l’année 2023 pour la pétition de  Jérémy SENATORE et Richard  MAILLE sur le site de l’Assemblée Nationale, qui aurait incité après un débat obligatoire à l’Assemblée Nationale,  le gouvernement français à s’engager concrètement et à temps en faveur de la survie de l’ARTSAKH  face à l’AZERBAIDJAN. Que d’occasions manquées ! surtout du finalement à l’incompétence et à l’aveuglement de certaines nos élites historiques de la diaspora !

Mais cette fois ne manquons pas de nous unir pour que soit créé un régime fiscal favorable aux retraités français qui accepteraient de passer 6 mois par an en ARMENIE, tel que  le présentent la section vaudaise du MOUVEMENT ARMENIEN et l’organisation « Laïcité et République Sociale »liée avec elle par une convention organique, régime fiscal à l’image du régime fiscal marocain vis à vis des retraités français ;  l’afflux de résidents temporaires venant de France d’origine arménienne ou non, par patriotisme  ou par solidarité ou par intérêt, donnerait un poids considérable, tant du point de vue politique qu’économique à la République d’ARMENIE. En tout cas prenons aussi la résolution de ne voter en France lors des élections européennes du 9 juin 2024 que pour les listes des formations politiques qui s’engagent à exiger de l’Union Européenne à sanctionner l’AZERBAIDJAN, et pour la FRANCE à établir un traité d’assistance militaire  avec l’ARMENIE, seul moyen de contrer efficacement l’appétit  génocidaire de l’AZERBAIDJAN. La lutte continue.

Le 19/01/2024  Adrien Vahakn SAGE, délégué général de « la section vaudaise du Mouvement Arménien », président du mouvement associatif « Laïcité et République Sociale », membre du Conseil Français Arménien.

                                                                                                                        

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