Kampanya güncellemesiTOUR DE FRANCE/C.E.E. FEMININ: Mme Amaury et Mr. Amaury !2157 signatures...et Le coup de gueule de Kelly !

patrice ANDRIEUXUtopia, Fransa

13 Nis 2018
AVRIL 1, 2018KELLYSBREAKAWAY4 COMMENTAIRES SUR PÉDALER VERS L’ÉQUITÉ / PEDAL TOWARDS EQUITY
Pédaler vers l’équité / Pedal towards equity
« Bien sûr, tu en veux toujours plus, j’apprécie les bonnes choses dans la vie, mais je pense que de nos jours une plus grande proportion de cyclistes professionnelles féminines de haut niveau peuvent vivre de manière confortable. » A mon avis, Tiffany Cromwell qui dit mener une vie tout à fait dans ses moyens à Monaco, est loin d’avoir saisi la dure réalité du cyclisme féminin, ou du moins elle n’a pas bien compris, que non, que de nos jours encore, les cyclistes professionnelles féminines pouvant vivre de manière confortable se comptent sur les doigts d’une main.
Je devrais probablement commencer par vous saluer et m’excuser pour ce début d’article si sec et si abrupte mais aujourd’hui, je me sens d’humeur à pousser un coup de gueule. Un coup de gueule qui à mon avis sera le premier d’une longue série sur un sujet qui me tient à coeur : le cyclisme féminin. Certes je pourrais commencer par écrire un article sur un sujet plus « local » ou qui me touche plus directement, comme le fait qu’il soit si difficile de trouver d’autres filles avec qui aller rouler ou qu’il soit si compliqué de trouver des magasins de vélo proposant un nombre acceptable d’articles féminins, notamment en ce qui concerne les habits et les chaussures (pour celles d’entre vous habitant le bassin lémanique, je ne saurais que vous recommander les Cycles Rochat à Aubonne ou à Genève, qui savent toujours tout mettre en oeuvre pour vous procurer ce dont vous avez besoin ;)) néanmoins un reportage de l’émission Stade 2 diffusé sur France2 dimanche dernier me pousse à m’exprimer aujourd’hui sur les injustices qui existent actuellement au sein du peloton professionnel féminin.
Superbe arrivée en sprint que nous ont offert dimanche dernier Elia Viviani, Arnaud Démarre et Peter Sagan sur la Gent-Wevelgem, un sprint remporté par le Slovaque, triple champion du monde. Pourtant le sprint mené et remporté par Marta Bastianelli face à Jolien D’Hoore et Lisa Klein n’avait rien à envier à celui de ces messieurs. Quoi ? Vous ne savez pas de qui je parle ? Vous ne saviez pas non plus qu’il existait aussi une Gent-Wevelgem féminine ? Eh ben oui elle existe. Et pour information il existe aussi une Strade Bianche féminine, un Tour des Flandres féminin, une Amstel Gold Race féminine, une Flèche Wallonne féminine, une Liège-Bastogne-Liège féminine et bien d’autres encore mais j’y reviendrais dans un moment. Avant cela je tiens à révéler quelque chose d’autre à propos de la Gent-Wevelgem : Peter Sagan a gagné 16’000 euros. Marta Bastianelli en a gagné 1150… Et l’énorme différence des prix attribués sur les courses n’est qu’un exemple des nombreuses injustices dont je veux vous parler.
Inutile de vous présenter Arnaud Démarre. Roxane Fournier, en contrepartie, j’imagine qu’il y en a moins parmi vous qui savent de qui je parle. Eh bien Roxane c’est une jeune sprinteuse française de 26 ans, qui court actuellement pour la FDJ Nouvelle Aquitaine, la formation féminine de l’équipe Groupama-FDJ. Mais si elle est l’homologue d’Arnaud, ses 2000 euros mensuels sont bien loin du salaire à six chiffres du jeune homme. Plus révoltant encore, si son revenu lui permet de vivre et de payer ses factures ce n’est de loin pas le cas de toutes ses équipières dont certaines gagnent à peine 416 euros et doivent concilier cyclisme et vie professionnelle pour pouvoir vivre, comme c’est par ailleurs le cas de 51,6% des coureuses d’équipes féminines UCI ayant répondu à un sondage mené par The Cyclists’ Alliance l’année dernière. Ce sondage a également révélé que parmi ces coureuses, 46,9 % gagnent moins de 5000 euros par an et parmi ces dernières encore, 17,5 % n’ont pas de salaire. Eh oui, car contrairement à ce qui a été mis en place pour les coureurs professionnels masculins, l’UCI n’a jamais établit de salaire minimum pour les femmes et encore moins de contrat-cadre qui garantisse ce que je considère un traitement digne à ces coureuses qui non seulement ne sont pas payées pour courir, ne reçoivent pas d’assistance légale lorsqu’elles signent leur contrat et qui doivent en plus elles-mêmes payer leurs déplacements, leurs hébergements et leur équipement pour pouvoir courir au sein d’équipes enregistrées auprès de l’UCI.
Je vous ai parlé de la Gent-Wevelgem. L’étape masculine faisait 251 kilomètres. L’étape féminine ? 141 kilomètres. Aujourd’hui se tiendra le fameux Tour des Flandres et tandis que les hommes auront 265 kilomètres à parcourir, les femmes, elles, devront se contenter de 151 kilomètres. Pourquoi ? Car l’UCI limite la longueur des courses féminines à 160 kilomètres. Selon un tableau établit par TrainingPeaks un champion du Monde serait capable de produire 7.6 W/kg sur cinq minutes tandis que son homologue féminine produirait 6.74 W/kg dans le même intervalle de temps. Les femmes envoient du lourd. Du très lourd (pas besoin d’un Pinarello Nytro pour rouler comme un homme, elles savent aussi parfaitement le faire sur un Dogma F10 ;)). Et si je ne veux pas avoir l’air d’une féministe extrême, j’entrevois cette limitation des distances de courses féminines comme un rabaissement des capacités physiques féminines et comme un obstacle à l’exploitation de leur potentiel. De plus, ce n’est pas en imposant des parcours plus courts et souvent moins intéressants avec moins de dénivelé qu’on va capter l’attention des médias, car si vous pourrez suivre l’étape masculine en live sur Eurosport ou France Televisions (sans compter toutes les autres chaînes étrangères) pour ce qui est de l’épreuve féminine, et bien vous pourrez en regarder la rediffusion ce soir sur Eurosport, ou demain ou encore mardi. Espérons seulement que nous pourrons un jour également la suivre en direct car je vous promets qu’il y a de l’émotion. Beaucoup d’émotion. Elles ne se contentent pas de se mettre dans les roues, elles attaquent, elles relancent, elles nous vendent du rêve. Regardez leurs visages, elles donnent tout, pas seulement sur le sprint final, ni sur une montée raide, mais sur tout le parcours, toutes se battent, autant la sprinteuse sur un col que la grimpeuse sur le plat, et se donnent à fond telles de vraies guerrières, ce qu’elles sont d’ailleurs à mes yeux.
En parlant de couverture médiatique, connaissiez-vous par exemple le Giro Rosa ? Il s’agit bel et bien de la version féminine du Giro, qui se tient depuis 1988 toutes les années pendant dix jours en Italie dans le courant du mois de Juillet mais dont j’ai moi-même appris l’existence sur Youtube et non pas en ouvrant le journal le dimanche matin ou en allumant la télé sur Eurosport. La Course by le Tour de France, vous connaissez ? Eh bien il s’agit de la version féminine du Tour de France…qui se tient sur un jour (attention, deux, l’année dernière mais ASO a du trouver qu’on attribuait trop d’importance aux femmes, donc en 2018 on retourne au format d’une journée) et sans la fameuse caravane ni les médias. Cette année elle se tiendra en marge de l’étape 10 du Tour, reliant Annecy au Grand Bornand, mais une fois encore, tandis que les hommes affronteront 159 kilomètres et quatre cols, les femmes se limiteront à 118 kilomètres et deux cols.
S’il y a ainsi encore beaucoup de choses qui ne jouent pas et qui sont injustes, des progrès sont en cours de route et des mouvements visant à améliorer les conditions du cyclisme féminin se constituent. Tout d’abord comme on l’a vu, le WorldTour Féminin se développe avec 23 événements et 52 jours de course annoncés en 2018 parmi lesquels certains organisateurs ont déjà promis des primes égales entre hommes et femmes comme c’est le cas de l’OVO Energy Women’s Tour prenant place en juin au Royaume-Uni. Ensuite, avec l’apparition d’équipes féminines crées par des formations masculines, comme c’est le cas de la Lotto Soudal, de la FDJ Nouvelle Aquitaine, de la Sunweb ou encore de la Movistar, ce sont les conditions offertes aux coureuses qui s’améliorent mais également la visibilité et la crédibilité accordée à ces équipes dont les couleurs sont depuis des années présentes dans le peloton professionnel masculin. Je pense également que le nouveau président de l’UCI, David Lappartient a de bonnes intentions et la volonté de changer les choses. Il a lui-même déjà exprimé l’envie d’implanter un salaire minimum pour les coureuses féminines et aurait également entamé des discussions avec ASO quant à la mise en place d’une Grande Boucle Féminine, des initiatives que je salue et applaudis. Finalement je concorde avec Maëlle Grossetête, coureuse de la FDJ Nouvelle Aquitaine (qui soit dit en passant récupère courageusement d’une lourde chute ayant nécessité une intervention chirurgicale lors de sa première course de la saison) pour qui le cyclisme féminin se trouve sur la bonne voie, avec l’apparition de nombreux sponsors de renom et une augmentation des budgets alloués et qui verra dans quelques années les coureuses être toutes payées et bien payées.
Voilà, fin de mon coup de gueule de la journée. Comme je vous l’ai dit, le cyclisme féminin est un thème qui me tient à coeur et je souhaite pouvoir devenir une voix féminine encourageant d’autres femmes à s’engager dans ce merveilleux sport qui saura à la longue, j’espère, devenir plus équitable et moins masculin et c’est pourquoi ceci ne sera pas la dernière fois que j’écris à ce sujet. D’ici à la semaine prochaine, mesdames, montrons au monde de quoi nous sommes capables et messieurs, je vous invite à inciter vos dames à s’y mettre (une fois conquises, elles ne vous embêteront plus au sujet du nouveau vélo que vous venez d’acheter ;)). Et surtout n’oubliez pas #rideyourdream #rideforpassion.
-Kelly
PS : Les droits d’auteur de l’image reviennent à Dom Daher
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« Of course you always want more, I do enjoy the finer things in life, but I think nowadays a greater amount of the top female pro cyclists can live comfortably. » In my opinion, Tiffany Cromwell who doesn’t feel like living beyond her means in Monaco, didn’t fully get the ugly truth of women’s cycling. Or at least she didn’t understand yet that, unfortunately, very few top female pro cyclists can actually live comfortably… even nowadays.
I should probably start by greeting you and apologize for this abrupt and aggressive way of starting a post; nevertheless, today, I feel like yelling out about a subject dear to my heart. So dear that I’ll probably be writing a lot about it. And the subject in question is women in cycling. Surely it would probably be smarter to write about something that affects me directly like why it is so difficult to gather other women to ride together or why it’s so complicated to find a cycling shop that offers an acceptable amount of goods dedicated to women, in particular clothes and shoes (for those of you living around Geneva Lake, I can only recommend Rochat Cycles in Aubonne or Geneva, where everything will be done for you to get what you need ;)), however a televised documentary broadcasted on France2 last Sunday leads me today to write about the inequities that exist presently in women professional cycling.
That was an amazing mass sprint that was offered to us last Sunday by Elia Viviani, Arnaud Démarre and Peter Sagan on the Gent-Wevelgem race, right ? A sprint that was won by the Slovak, three-time World champion. However, the sprint led and won by Marta Bastianelli against Jolien D’Hoore and Lisa Klein rivals the one of those gentlemen. Wait, you don’t know who I am talking about ? You had no idea there was a women Gent-Wevelgem race ? Well yes there is. There’s also a women Strade Bianche, a women Tour of Flanders, a women Flèche Wallonne, a women Liège-Bastogne-Liège and many others, but I’ll come back to that later. Before that, I’d like to say something else about the Gent-Wevelgem race. Sagan won 16000 euros. Marta Bastianelli only won 1150…The enormous gap between men and women money prizes in cycling races is only one exemple among others of the numerous injustices that exist in women’s cycling.
No need to introduce you Arnaud Démarre. However, it might be useful to present Roxane Fournier, as I guess not many of you know who she is. Well Roxane is a young french sprinter who actually races within FDJ Nouvelle Aquitaine, the women’s team of Groupama-FDJ and even thought Roxane is the counterpart of Arnaud, the 2000 euros she earns every month seem ridiculous when compared to the six figure income of the young man. Then, it is all the more appalling that even thought Roxane manages to live and pay her bills with her salary, it is not the case for all of her teammates who some of them only earn 416 euros per month and have to work besides cycling to be able to live, which is actually the case for 51,6% of women pro cyclists who took part in a survey conducted by The Cyclists’ Alliance last year. This survey also showed that among those cyclists, 46,9% earn less than 5000 euros per year, and of these, 17,5% make no money at all ! And that’s because in contrary of what’s been done for pro men, the UCI has never implanted a minimum salary for women or a framework contract that would guarantee what I consider a minimum of dignity to those racers who for now don’t get any salary, don’t get any legal advice when signing contracts and still have to pay their own travel expenses, hotels and equipment to be able to race for UCI-registered teams.
I already talked about the Gent-Wevelgem race. The men raced 251 kilometers. The women ? Only 141. The famous Tour of Flanders will take place today and while the men will race 265 kilometers, the women will only race 151. Why ? Because the UCI limits women’s races distance to 160 kilometers. Trainingpeaks created a table that shows that a men World Champion would be able to produce 7.6 W/kg during five minutes while his feminine counterpart would produce 6.74 W/kg during the same amount of time. Women are strong. Women are damn strong (they do not need a Pinarello Nytro to keep up with men, they are able to do so on a Dogma F10 ;)). And even thought I don’t wanna seem like an extremist feminist, I see that limit of race’s distance like a bad judgement of women physical capacities and a hurdle to the exploitation of their full potential. Besides, it’s not with shorter, flatter and less interesting races that we are going to attract the medias. For exemple, today you’ll be able to watch the men race the Tour des Flandres live on Eurosport or France Televisions (and on many other foreign channels) however if you want to watch the women’s race you’ll have to wait for tonight’s replay on Eurosport, or tomorrow’s or still Tuesday’s. Let’s hope that sometime soon, the women’s races will also be broadcasted live by major channels because I swear to you, there’s a lot of emotion in it. Really a lot of emotion. They do not just stick to each other wheels. The attack, they surge, they give you goose pimples ! Look at their faces, the give everything they’ve got and some more, not only on the final sprint or in a hard climb, but on every single kilometer of the race, everyone fights, the climber on the flat, the sprinter on a climb, they’re all out, like true warriors, which they are to me.
Talking about media coverage, do you happen to know the Giro Rosa ? Well it is indeed the women version of the Giro, that has been taking place during ten days every early July since 1988 in Italy, but I did not know it existed neither until I saw some videos on Youtube. I didn’t learn about it on Sunday’s morning paper or while watching Eurosport. Does La Course by le Tour de France means anything to you ? It is the women version of Le Tour de France which lasts…one day (it was two days last year but I guess ASO just thought we were giving too much credit to women so this year it’ll be one-day race again) has no famous caravane and has barely no media exposure. This year it will take place during the 10th stage of le Tour, from Annecy to Grand Bornand, but once again, while the men will go through 159 kilometers and four major climbs, the women will only face 118 kilometers and two major climbs.
If there’s indeed still a lot of inequities and a lot of changes to make, progress is being made and people are starting to stand up for equity and better conditions in women’s pro cycling. Firstly, the women WorldTour is getting bigger and bigger with 23 events and 52 days of racing this year among which a few organizers have already promised the same money prizes to men and women, for exemple the OVO Energy Women’s Tour taking place in June in the United Kingdom. Then, with men’s teams creating women’s teams, like FDJ Nouvelle Aquitaine, Sunweb, Lotto Soudal or Movistar, the conditions offered to women racers are becoming better and fairer and the women’s teams are getting more exposure and credibility thanks to wearing colors that have existed in the pro male peloton for years now. I also think that the new president of the UCI, David Lappartient has the will to make a change. He already talked about implementing a minimum salary for women and has already been discussing with ASO about creating un Women’s Grand Tour, initiatives that I do applause and encourage. Finally, I agree with Maëlle Grossetête, a nineteen-years-old french racer within FDJ Nouvelle Aquitaine (who by the way is still bravely recovering from a harsh fall for which she had to go through surgery during her first race of the season) who thinks that women’s cycling is going in the right direction, with new sponsors, increases in team’s budget and probably a good salary for all in a few years.
Ok. Now I said all I had to say for today but as I told you, I’m not done talking about women’s cycling. It is so important to me that I wish being able to become a voice within cycling encouraging more women to discover this wonderful sport, that will soon become more equal and less male-dominated. Until next week, ladies please, let’s show the world what we are capable of and gentlemen, I invite you to introduce your wives/girlfriends to our sport (remember, once they discover how amazing it is, they’ll never yell at you again for wanting to buy a new bike ;)). Lastly and above all, #rideyourdream #rideforpassion.
-Kelly
PS : Author’s rights of the picture belong to Dom Daher (Merci Kelly)
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