Urgence école : un plan national pour une Éducation nationale forte, juste et sécurisée.

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Le problème

Nous, lycéennes, lycéens, élèves, étudiants, parents d’élèves, personnels de l’éducation et citoyens de France, alertons solennellement les pouvoirs publics sur la crise profonde qui traverse l’ensemble de notre système éducatif, de la maternelle jusqu’aux études supérieures, avec une répercussion alarmante au cœur de nos lycées.

L’École de la République a pour mission fondamentale de garantir à chaque jeune, quelles que soient ses origines sociales ou son lieu de résidence, une chance égale de réussir, d’émanciper sa citoyenneté et de préparer son avenir dans des conditions dignes.

Pourtant, de la gestion des petites classes jusqu’à l’entrée dans le supérieur, l’État se désengage. Dans nos lycées en particulier, élèves et personnels font face à une dégradation quotidienne intenable : effectifs surchargés, manque cruel de remplacements, locaux vétustes, opacité de l’orientation, rythme d’apprentissage épuisant et climat d’insécurité grandissant.

Ces difficultés ne sont pas une fatalité. Parce que l’éducation est le socle de notre démocratie et que l’avenir de la France se dessine sur les bancs de l’école, elles appellent une réponse structurelle et durable des pouvoirs publics et de l’ensemble des collectivités compétentes.

C’est pourquoi nous demandons l’engagement ferme de mesures concrètes autour de neuf priorités.

 

Demandes des signataires:

 

1. Garantir la sécurité, la sérénité et le bien-être de tous à l’école

 

On ne peut pas apprendre ni enseigner dans la crainte. La sécurité physique et psychologique des élèves comme des personnels est une condition absolue du service public.

Nous demandons :

Des mesures de prévention et de lutte efficaces contre toutes les formes de violence, de harcèlement et de cyberharcèlement au sein des établissements et aux abords de ceux-ci.

Le renforcement de la présence de personnels formés (médiateurs, équipes mobiles de sécurité, vie scolaire) pour apaiser le climat et sécuriser les entrées et sorties des lycées et écoles.

Une protection juridique et un soutien institutionnel renforcé pour l’ensemble des personnels de l’éducation face aux agressions.

 

2. Réaménager les rythmes scolaires pour lutter contre l’épuisement des élèves.

 

Le rythme scolaire français est l’un des plus intenses et des moins adaptés au développement biologique et cognitif des enfants et des jeunes, ce qui nuit profondément à leurs apprentissages et à leur santé.

Nous demandons :

Une refonte globale et concertée des rythmes scolaires (répartition des journées, des semaines et des vacances sur l’année) pour sortir du modèle de la surcharge et de la course contre la montre.

Un étalement plus juste et équilibré des programmes et des épreuves d’examen (comme le calendrier du baccalauréat) afin de réduire le stress chronique et de permettre un réel temps de repos et d’assimilation.

 

3. Protéger et accompagner la santé mentale et psychologique des élèves.

 

L’angoisse de l’avenir, la pression de la réussite à tout prix et l’isolement entraînent une explosion de la détresse psychologique chez les jeunes.

Nous demandons :

Le recrutement massif de psychologues, de médecins scolaires et d’infirmières en nombre suffisant pour garantir un accès simple, rapide et gratuit à un accompagnement psychologique dans chaque établissement.

L’intégration d’une véritable prévention de la santé mentale et de la gestion du stress dans les parcours éducatifs.

 

4. Donner aux établissements les moyens humains nécessaires (de la maternelle aux lycées).

 

Un service public fort repose d’abord sur l’humain. De la maternelle au lycée, la continuité et la qualité de l’accompagnement sont aujourd’hui brisées.

Nous demandons :

Le renforcement des effectifs de vie scolaire, notamment des assistants d’éducation (AED) dans les lycées, afin de garantir un encadrement adapté.

Le recrutement à hauteur des besoins et le remplacement effectif et rapide de tout enseignant absent, de la maternelle au lycée, pour mettre fin aux cours perdus.

 

5. Améliorer les conditions d’apprentissage et réduire les effectifs des classes.

 

Des classes surchargées nuisent gravement au suivi individuel et épuisent les équipes pédagogiques, fragilisant les élèves dès le plus jeune âge et les amenant en difficulté au lycée.

Nous demandons :

Une réduction progressive et générale des effectifs par classe, en donnant la priorité aux établissements et aux niveaux où les besoins sociaux et pédagogiques sont les plus criants.

Des conditions de travail permettant un réel accompagnement individualisé pour lutter efficacement contre le décrochage scolaire.

 

6. Garantir des bâtiments scolaires dignes, entretenus, sûrs et adaptés.

 

Les conditions matérielles d’apprentissage font partie intégrante du droit à l’éducation. Trop d’élèves étudient encore dans des conditions indignes.

Nous demandons :

Un plan d’urgence pluriannuel pour la rénovation, l’isolation thermique et la mise aux normes des établissements scolaires face aux défis climatiques (notamment les épisodes de fortes chaleurs).

La réalisation rapide des travaux face à la vétusté, aux problèmes de sécurité, de salubrité ou d’accessibilité (sanitaires, salles de cours, espaces communs, accueil des élèves en situation de handicap).

Une transparence et une communication claire sur la programmation des travaux auprès des usagers.

 

7. Rendre l’orientation de la maternelle au supérieur plus lisible, juste et équitable.

 

L’ensemble de la scolarité doit former un parcours cohérent qui ne se referme pas comme un piège à l’heure du choix des études supérieures.

Nous demandons :

Une refonte en profondeur du système d’orientation et de la plateforme Parcoursup pour rendre les procédures, l’information et les critères de sélection totalement transparents et équitables.

Un renforcement de l’accompagnement individuel des élèves dès le collège et tout au long du lycée pour construire leur projet d’avenir.

La garantie pour chaque bachelier d’accéder à une poursuite d’études digne de ce nom, en réduisant les impasses d’affectation qui fracturent la jeunesse.

 

8. Revaloriser les métiers de l’éducation pour redonner de l’attractivité à l’école.

 

La crise du recrutement des enseignants et des personnels fragilise l’ensemble de la pyramide éducative.

Nous demandons :

Une revalorisation salariale et indiciaire digne de ce nom pour l’ensemble des personnels de l’Éducation nationale, afin de reconnaître la valeur de leurs missions et de stopper la pénurie de vocations.

L’amélioration des conditions de formation initiale et continue des enseignants et des encadrants.

 

9. Garantir le droit d’expression, de participation et la mixité sociale.

 

Parce que l’école forme de futurs citoyens, elle doit encourager la mixité et respecter la parole de sa jeunesse.

Nous demandons :

Des politiques publiques volontaristes favorisant la mixité sociale et scolaire dans les collèges et lycées pour lutter contre la ségrégation territoriale.

Le respect effectif des libertés d’expression, de réunion et d’association des lycéens dans le cadre légal, en privilégiant toujours le dialogue, l’écoute et la médiation plutôt que la répression.

 

Citoyennes, citoyens !

L’éducation n’est pas une simple variable d’ajustement budgétaire : c’est le plus précieux des biens communs. Améliorer l’école de la maternelle au supérieur ne peut reposer uniquement sur les efforts de la communauté éducative et des élèves laissés sans soutien.

 

Par cette pétition, nous appelons le Gouvernement, le Parlement et l’ensemble des collectivités territoriales compétentes à prendre la mesure de cette urgence nationale :

d’évaluer précisément et de combler les besoins de nos écoles et lycées ;

de renforcer durablement les moyens humains, matériels, sanitaires et sécuritaires ;

de garantir à chaque enfant et à chaque jeune un parcours de réussite épanouissant et sans rupture.

 

Nous appelons les citoyennes et les citoyens, parents, grands-parents, actifs et jeunes, à signer et à relayer massivement cet appel.

Pour un service public de l’éducation nationale fort, juste, sécurisé, bienveillant et ambitieux. Pour que l’avenir de notre jeunesse cesse d’être sacrifié.

Les décisionnaires

Emmanuel Macron
Président de la République française.

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