

Territoires zéro chômeur de longue durée : une dynamique interrompue sur Loireauxence
Le problème
Depuis 2021, Loireauxence s’est engagée dans une aventure ambitieuse : participer à l’expérimentation nationale Territoires zéro chômeur de longue durée, avec une conviction simple : personne ne devrait être durablement privé d’emploi lorsqu’il existe, sur un territoire, des besoins utiles auxquels chacun peut contribuer.
L’ambition était de permettre aux personnes volontaires de retrouver une place dans la société, leur capacité d’agir. La possibilité d’obtenir un emploi en CDI, à temps choisi, dans des activités utiles au territoire et complémentaires du tissu économique local était l’ambition du projet.
Car ce projet était avant tout un projet humain : considérer les personnes, leurs compétences, leurs envies et leurs capacités, plutôt que regarder les difficultés qu’elles rencontrent. C’était notre ambition pour Loireauxence : un vrai projet structurant.
Rejoindre cette expérimentation n’a pas été une décision improvisée. Elle a nécessité un important travail de mobilisation et de construction collective.
Pendant plus d’un an, habitants, élus, associations, professionnels et partenaires ont été mobilisés pour aller à la rencontre des personnes concernées. Plus de 1 000 courriers ont été envoyés, des événements « aller-vers » organisés, des visites réalisées, des tracts distribués.
Cette démarche a permis de faire émerger une réalité souvent invisible : sur notre commune, des personnes sont durablement privées d’emploi pour des raisons diverses — temps de travail subi, problèmes de santé, contraintes familiales ou personnelles, parcours professionnels interrompus… Chacune et chacun dispose pourtant de compétences, de forces et de capacités qui peuvent être utiles au territoire.
Peu à peu, des personnes privées d’emploi ont rejoint la démarche aux côtés des professionnels et des bénévoles. C’était déjà une première réussite : recréer du lien avec des personnes parfois devenues invisibles, leur redonner une place et leur permettre de redevenir actrices de leur parcours.
Le CaféTZ, organisé chaque mardi matin, en a été l’un des symboles. On y venait pour chercher une opportunité, valoriser une compétence, partager une difficulté ou une réussite, proposer une piste… ou simplement prendre un café pour sortir de chez soi. Derrière cette simplicité apparente, il y avait un enjeu essentiel : rompre l’isolement et retrouver progressivement confiance et capacité d’agir.
Cette dynamique a reposé sur un large réseau d’acteurs : personnes privées d’emploi, bénévoles, associations et professionnels — notamment le Petit Chariot de Galerne, la CLCV, Erdre et Loire Initiatives, le CRICS, le CCAS, le Département, la Mission locale, France Travail, ainsi que les agents de la collectivité.
Tous ont accepté de croiser leurs pratiques et de rechercher des solutions adaptées aux situations individuelles.
En parallèle, le territoire a travaillé à sa candidature et à la création d’une entreprise à but d’emploi (EBE), destinée à proposer des CDI à temps choisi aux personnes volontaires.
Des groupes de travail ont été constitués pour identifier les compétences et les parcours des personnes, rechercher des solutions d’emploi et réfléchir aux activités utiles pouvant être développées par l’EBE.
Erdre et Loire Initiatives a accompagné cette démarche, notamment en trouvant un intérêt de pouvoir proposer une réponse complémentaire aux personnes sortant des parcours d’insertion sans solution durable. Un important travail de préfiguration a été engagé avec le soutien financier de la commune.
C’est sur cette base que le dossier de candidature a été déposé, et à l’issue de son instruction, le Fonds d’expérimentation a proposé l’habilitation de Loireauxence, confirmée ensuite par le Ministre du Travail et par le Conseil d’Etat, en mars 2025.
Cette reconnaissance était le fruit d’un engagement collectif considérable.
Elle représentait surtout un espoir concret pour les personnes privées durablement d’emploi : celui de voir enfin se dessiner un emploi adapté à leurs capacités et à leur situation.
Un bâtiment avait même été identifié pour accueillir l’entreprise. Ses propriétaires avaient choisi de soutenir le projet en le réservant pendant plusieurs mois, sans compensation financière.
Malheureusement la suite des travaux pour la création de l’EBE a rencontré plusieurs difficultés. Des réserves formulées par le Fonds d’expérimentation ont complexifié la gouvernance du projet et nécessité des ajustements. La période de préfiguration s’est également révélée insuffisante pour permettre l’aboutissement de la création de l’entreprise et le calendrier électoral est venu s’ajouter à cette situation déjà complexe.
Ces difficultés étaient réelles. Elles auraient pu conduire à une réflexion collective sur les conditions permettant de poursuivre, d’adapter ou de réorienter le projet. Des temps d’appropriation, de passation ont été proposées pour permettre à la nouvelle équipe de se saisir des enjeux et des difficultés, tout cela pour permettre la poursuite du projet.
La démarche Territoires zéro chômeur de longue durée portait une ambition forte : passer d’une logique de résignation face au chômage de longue durée à une logique de droit à l’emploi.
Expérimenter, c’est essayer, avancer, se tromper, douter, recommencer, évaluer… mais c’est rarement abandonner !
La municipalité actuelle a finalement décidé d’y mettre un terme.
Alors qu’à l’occasion du Conseil municipal du 28 septembre, les élus de Loireauxence Demain interrogeaient la municipalité sur les suites du projet, il a été répondu que les résultats n’étaient pas satisfaisants et qu’une réflexion était toujours en cours.
Le 6 octobre dernier, des bénévoles du projet ont été convoqués par Monsieur le Maire. Celui-ci leur a signifié la fin du projet TZCLD sur la commune de Loireauxence à la fin 2026. Cette décision qui aurait été prise en juin dernier par le Bureau municipal, et annoncée en catimini le 6 octobre interroge autant sur le fond que sur la méthode !
De quels résultats parle-t-on ? Quels indicateurs ont été retenus ? Comment peut-on tirer un bilan définitif d’une expérimentation dont l’outil central — l’entreprise à but d’emploi — n’a jamais été créé ?
Et surtout, comment mesurer la réussite d’une démarche sans prendre en compte ce qu’elle a permis de créer en matière de lien social, de remobilisation, de coopération entre acteurs et de confiance retrouvée pour des personnes durablement privées d’emploi ?
Les personnes concernées méritent de la considération :
Nous voulons aujourd’hui réaffirmer notre soutien aux personnes toujours privées durablement d’emploi sur notre commune. Elles ont donné de leur temps, accepté de faire confiance, participé à des rencontres, partagé leurs difficultés mais aussi leurs compétences et leurs envies. Certaines ont dû dépasser leurs peurs pour retrouver une dynamique collective et envisager à nouveau un avenir professionnel.
Elles méritent d’être entendues. Elles méritent des explications. Elles méritent de la considération.
Cette considération doit également s’adresser aux bénévoles qui se sont investis pendant des années, aux associations et professionnels qui ont adapté leurs pratiques, aux partenaires qui ont mobilisé leurs réseaux et aux agents qui ont accompagné les personnes et les élus tout au long de cette démarche.
Cinq années d’engagement ne peuvent pas être réduites au simple constat que l’EBE n’a finalement pas vu le jour.
Et maintenant que faisons-nous ? Mettre fin au projet ne fait pas disparaître le chômage de longue durée ni les difficultés des personnes qui restent sans solution.
La question essentielle est donc désormais : que propose-t-on aux personnes privées durablement d’emploi sur Loireauxence ?
Nous demandons que ces personnes soient pleinement associées à la suite qui sera donnée à la décision municipale. Nous demandons également que les acteurs qui se sont mobilisés pendant cinq années soient respectés et entendus.
Enfin, nous demandons à la municipalité de présenter publiquement les raisons précises de son choix, les éléments qui ont fondé son analyse et les solutions qu’elle entend désormais proposer, tout cela dans un débat contradictoire.

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Le problème
Depuis 2021, Loireauxence s’est engagée dans une aventure ambitieuse : participer à l’expérimentation nationale Territoires zéro chômeur de longue durée, avec une conviction simple : personne ne devrait être durablement privé d’emploi lorsqu’il existe, sur un territoire, des besoins utiles auxquels chacun peut contribuer.
L’ambition était de permettre aux personnes volontaires de retrouver une place dans la société, leur capacité d’agir. La possibilité d’obtenir un emploi en CDI, à temps choisi, dans des activités utiles au territoire et complémentaires du tissu économique local était l’ambition du projet.
Car ce projet était avant tout un projet humain : considérer les personnes, leurs compétences, leurs envies et leurs capacités, plutôt que regarder les difficultés qu’elles rencontrent. C’était notre ambition pour Loireauxence : un vrai projet structurant.
Rejoindre cette expérimentation n’a pas été une décision improvisée. Elle a nécessité un important travail de mobilisation et de construction collective.
Pendant plus d’un an, habitants, élus, associations, professionnels et partenaires ont été mobilisés pour aller à la rencontre des personnes concernées. Plus de 1 000 courriers ont été envoyés, des événements « aller-vers » organisés, des visites réalisées, des tracts distribués.
Cette démarche a permis de faire émerger une réalité souvent invisible : sur notre commune, des personnes sont durablement privées d’emploi pour des raisons diverses — temps de travail subi, problèmes de santé, contraintes familiales ou personnelles, parcours professionnels interrompus… Chacune et chacun dispose pourtant de compétences, de forces et de capacités qui peuvent être utiles au territoire.
Peu à peu, des personnes privées d’emploi ont rejoint la démarche aux côtés des professionnels et des bénévoles. C’était déjà une première réussite : recréer du lien avec des personnes parfois devenues invisibles, leur redonner une place et leur permettre de redevenir actrices de leur parcours.
Le CaféTZ, organisé chaque mardi matin, en a été l’un des symboles. On y venait pour chercher une opportunité, valoriser une compétence, partager une difficulté ou une réussite, proposer une piste… ou simplement prendre un café pour sortir de chez soi. Derrière cette simplicité apparente, il y avait un enjeu essentiel : rompre l’isolement et retrouver progressivement confiance et capacité d’agir.
Cette dynamique a reposé sur un large réseau d’acteurs : personnes privées d’emploi, bénévoles, associations et professionnels — notamment le Petit Chariot de Galerne, la CLCV, Erdre et Loire Initiatives, le CRICS, le CCAS, le Département, la Mission locale, France Travail, ainsi que les agents de la collectivité.
Tous ont accepté de croiser leurs pratiques et de rechercher des solutions adaptées aux situations individuelles.
En parallèle, le territoire a travaillé à sa candidature et à la création d’une entreprise à but d’emploi (EBE), destinée à proposer des CDI à temps choisi aux personnes volontaires.
Des groupes de travail ont été constitués pour identifier les compétences et les parcours des personnes, rechercher des solutions d’emploi et réfléchir aux activités utiles pouvant être développées par l’EBE.
Erdre et Loire Initiatives a accompagné cette démarche, notamment en trouvant un intérêt de pouvoir proposer une réponse complémentaire aux personnes sortant des parcours d’insertion sans solution durable. Un important travail de préfiguration a été engagé avec le soutien financier de la commune.
C’est sur cette base que le dossier de candidature a été déposé, et à l’issue de son instruction, le Fonds d’expérimentation a proposé l’habilitation de Loireauxence, confirmée ensuite par le Ministre du Travail et par le Conseil d’Etat, en mars 2025.
Cette reconnaissance était le fruit d’un engagement collectif considérable.
Elle représentait surtout un espoir concret pour les personnes privées durablement d’emploi : celui de voir enfin se dessiner un emploi adapté à leurs capacités et à leur situation.
Un bâtiment avait même été identifié pour accueillir l’entreprise. Ses propriétaires avaient choisi de soutenir le projet en le réservant pendant plusieurs mois, sans compensation financière.
Malheureusement la suite des travaux pour la création de l’EBE a rencontré plusieurs difficultés. Des réserves formulées par le Fonds d’expérimentation ont complexifié la gouvernance du projet et nécessité des ajustements. La période de préfiguration s’est également révélée insuffisante pour permettre l’aboutissement de la création de l’entreprise et le calendrier électoral est venu s’ajouter à cette situation déjà complexe.
Ces difficultés étaient réelles. Elles auraient pu conduire à une réflexion collective sur les conditions permettant de poursuivre, d’adapter ou de réorienter le projet. Des temps d’appropriation, de passation ont été proposées pour permettre à la nouvelle équipe de se saisir des enjeux et des difficultés, tout cela pour permettre la poursuite du projet.
La démarche Territoires zéro chômeur de longue durée portait une ambition forte : passer d’une logique de résignation face au chômage de longue durée à une logique de droit à l’emploi.
Expérimenter, c’est essayer, avancer, se tromper, douter, recommencer, évaluer… mais c’est rarement abandonner !
La municipalité actuelle a finalement décidé d’y mettre un terme.
Alors qu’à l’occasion du Conseil municipal du 28 septembre, les élus de Loireauxence Demain interrogeaient la municipalité sur les suites du projet, il a été répondu que les résultats n’étaient pas satisfaisants et qu’une réflexion était toujours en cours.
Le 6 octobre dernier, des bénévoles du projet ont été convoqués par Monsieur le Maire. Celui-ci leur a signifié la fin du projet TZCLD sur la commune de Loireauxence à la fin 2026. Cette décision qui aurait été prise en juin dernier par le Bureau municipal, et annoncée en catimini le 6 octobre interroge autant sur le fond que sur la méthode !
De quels résultats parle-t-on ? Quels indicateurs ont été retenus ? Comment peut-on tirer un bilan définitif d’une expérimentation dont l’outil central — l’entreprise à but d’emploi — n’a jamais été créé ?
Et surtout, comment mesurer la réussite d’une démarche sans prendre en compte ce qu’elle a permis de créer en matière de lien social, de remobilisation, de coopération entre acteurs et de confiance retrouvée pour des personnes durablement privées d’emploi ?
Les personnes concernées méritent de la considération :
Nous voulons aujourd’hui réaffirmer notre soutien aux personnes toujours privées durablement d’emploi sur notre commune. Elles ont donné de leur temps, accepté de faire confiance, participé à des rencontres, partagé leurs difficultés mais aussi leurs compétences et leurs envies. Certaines ont dû dépasser leurs peurs pour retrouver une dynamique collective et envisager à nouveau un avenir professionnel.
Elles méritent d’être entendues. Elles méritent des explications. Elles méritent de la considération.
Cette considération doit également s’adresser aux bénévoles qui se sont investis pendant des années, aux associations et professionnels qui ont adapté leurs pratiques, aux partenaires qui ont mobilisé leurs réseaux et aux agents qui ont accompagné les personnes et les élus tout au long de cette démarche.
Cinq années d’engagement ne peuvent pas être réduites au simple constat que l’EBE n’a finalement pas vu le jour.
Et maintenant que faisons-nous ? Mettre fin au projet ne fait pas disparaître le chômage de longue durée ni les difficultés des personnes qui restent sans solution.
La question essentielle est donc désormais : que propose-t-on aux personnes privées durablement d’emploi sur Loireauxence ?
Nous demandons que ces personnes soient pleinement associées à la suite qui sera donnée à la décision municipale. Nous demandons également que les acteurs qui se sont mobilisés pendant cinq années soient respectés et entendus.
Enfin, nous demandons à la municipalité de présenter publiquement les raisons précises de son choix, les éléments qui ont fondé son analyse et les solutions qu’elle entend désormais proposer, tout cela dans un débat contradictoire.

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Pétition lancée le 9 octobre 2026