Petition updateSOS Démocratie en périlExigeons l'amnistie des Gilets Jaunes (pétition)
Collectif INTER-ORGANISATIONNELFrance
Sep 21, 2021

Ils n’étaient pas venus à Paris, Bordeaux, Toulouse et tant d’autres villes, pour en découdre avec les forces de l’ordre. Ils étaient venus pour défendre leurs vies menacées, dégradées par la précarité et mises en joue par un pouvoir prêt à faire les poches de leurs parents retraités comme de leurs enfants étudiants, afin de valoriser le patrimoine financier des plus riches. Ils étaient venus pour protéger leurs droits fondamentaux et aussi une certaine conception de la justice sociale, qui a longtemps fait l’honneur de la France.

La stratégie de la tension, délibérément choisie par le pouvoir, ne leur a pas laissé la chance d’une protestation pacifique. Gazages, nassages et brimades en tout genre, puis au fil des semaines, matraquages, tirs de flashballs et grenades mutilantes, pour la première fois de leur existence, beaucoup de Gilets Jaunes ont été confrontés à des brutalités policières indignes d'une démocratie, que des organisations comme Amnesty International ont elles-mêmes dénoncées.

On ne compte désormais plus le nombre de manifestants, au casier vierge, mis en garde à vue, condamnés en comparution immédiate ou encore en instance de jugement. Certains connaîtront la prison, qui détruit et qui humilie. D’autres ne retrouveront jamais d’emploi. Un grand nombre d’entre eux verront leurs vies brisées à jamais. Nous ne pouvons accepter qu’une protestation contre une politique massivement rejetée par la population détruise ainsi des êtres pris pour boucs émissaires. Nous ne pouvons accepter qu’un pouvoir, qui a sciemment fait le choix de la confrontation, se serve d’eux pour intimider tout un peuple. Nous ne pouvons accepter l’idée d’une vengeance d'Etat.

C’est pourquoi nous appelons le président de la République, Emmanuel Macron, à mettre à l’ordre du jour une loi d’amnistie en faveur des hommes et des femmes persécutés, mis en examen ou détenus pour avoir participé à ce mouvement social d’ampleur historique. C’est pourquoi nous appelons à l’arrêt des procédures en cours, à l’effacement des peines prononcées et à ce qu’une réponse enfin politique, et pas seulement sécuritaire et judiciaire, soit donnée aux événements hors du commun que la France a vécus.

Une telle amnistie est prévue par l’article  133 du Code pénal et légitimée par la tradition française, de nombreuses lois d’amnistie ayant ainsi été votées depuis le début de la 5e République, notamment dans le cadre d’activités protestataires.

Un tel geste serait seul en mesure de commencer à rendre au pays l’apaisement qu’il ne saurait retrouver sur fond de persécutions pour l’exemple. « Nous ne reprendrons pas le cours de nos vies », disait Emmanuel Macron, le 10 décembre 2018. Nous ne reprendrons pas le cours de nos vies tant que nos concitoyens n’auront pas pleinement retrouvé la leur.

Premiers signataires

Alain Badiou, Juan Branco, Mathieu Burnel, Annick Coupé, Eric Drouet, Gérard Filoche, Bernard Friot, Thomas Guénolé, Eric Hazan, Anasse Kazib, Zoé Konstantopoulou, Aude Lancelin, David Libeskind, Frédéric Lordon, Henri Maler, Jean-Claude Michéa, Gérard Mordillat, Maxime Nicolle, Gérard Noiriel, Gilles Perret, Pierre Perret, Assa Traoré, Eric Vuillard, Olivier Besancenot, Alain Bihr, Véronique Bontemps, Youcef Brakni, Sergio Coronado, Mireille Fanon-Mendès-France, Pascale Fautrier, Bruno Gaccio, Maurizio Gribaudi, Pierre Khalfa, Isabelle Krzywkowski, Olivier Le Cour Grandmaison, Ugo Palheta, Willy Pelletier, Jacques Rancière, Michèle Riot-Sarcey, Catherine Samary, Danielle Simonnet, Eyal Sivan, Enzo Traverso

https://amnistiegj.fr/

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