

Skippers de la Route du Rhum : un sillage de mémoire vers l'Afrique
Le problème
Chaque Route du Rhum relie Saint-Malo à la Guadeloupe. C'est une fête de la mer, de la course et de la rencontre.
Mais sur cet océan, il y a eu un autre trajet. Pendant plus de trois siècles, des millions d'Africains ont été arrachés à leur terre et déportés vers la Caraïbe. La Guadeloupe est née en partie de cette histoire.
En 2001, Madame Christiane Taubira l'a reconnue comme un crime contre l'humanité.
Le 25 mars 2026, l'Assemblée générale des Nations unies est allée plus loin : elle a qualifié la traite et l'esclavage des Africains de « plus grave crime contre l'humanité ».
Le Pot au Noir
Vous, skippers, connaissez le Pot au Noir : cette zone sans vent près de l'équateur, où l'on reste parfois des jours à attendre une risée.
Pour les navires négriers, ces calmes étaient une tragédie.
Le voyage s'allongeait de plusieurs semaines, l'eau et les vivres venaient à manquer, les maladies se répandaient dans les cales. Des milliers de captifs y sont morts, et ont été jetés à la mer.
Là où vous voyez une épreuve sportive, nos ancêtres ont vécu l'enfer.
À Pointe-à-Pitre, les bateaux arrivent tout près du Mémorial ACTe, notre lieu de mémoire de l'esclavage.
Une course qui arrive ici ne peut pas ignorer ce passé.
Nou paka oublié : nous n'oublions pas.
De la cale au canot
Le bateau négrier et le canot saintois à voile traditionnelle naviguent sur la même mer, mais en sens contraire. Dans la cale du bateau négrier, nos ancêtres ont été enchaînés, et la mer est devenue un lieu de séparation et de souffrance. Le canot à voile traditionnelle est construit et mené par leurs descendants. Il rend la mer à ceux qui l'ont subie : on y retrouve l'élément, le vent, et la liberté de choisir son cap.
Depuis 20 ans, j'ai compris que la pratique de la voile traditionnelle est un outil de conscientisation auprès des jeunes en grande difficulté. Sur le canot à voile traditionnelle, au rappel, chacun doit tenir sa place pour qu'il ne chavire pas. On y apprend la confiance et l'effort ensemble.
Et la mer aide à libérer ce qui était enfoui, ces blessures que beaucoup de nos jeunes portent sans le savoir et qui remontent à la cale. Passer de la cale au canot, c'est le chemin que je leur propose. C'est sur la voile de ce canot que je porterai ce message jusqu'aux skippers.
J'appelle les skippers, les organisateurs et les partenaires de la Route du Rhum à :
- signer cet appel, en geste de reconnaissance et de pardon ;
- ouvrir un « sillage de mémoire » pour l'édition 2030 : un passage symbolique par l'Afrique, vers l'île de Gorée au Sénégal, sur le chemin du retour vers l'Europe ;
- faire de la course un pont entre la Guadeloupe, l'Afrique et l'Europe, tourné vers la jeunesse et l'avenir.
Franck Phazian, animateur social en Guadeloupe depuis plus de 25 ans, fondateur de Kazarecycle et Kazabrok.
Un partenaire entre les deux rives
À travers Kazarecycle, moi, Franck Phazian, et Claudy Delumeau, avec sa structure de conseil WIAF Consulting, avons pris le pari de relier les trois rives de l'Atlantique (les Antilles, l'Afrique et l'Europe) dans un esprit de paix et de reconnaissance. Ces trois rives, la traite les a reliées par la violence. Nous voulons aujourd'hui les relier par la mémoire, le respect et le travail commun.
Que cette traversée ouvre la voie à des retrouvailles durables : honorer nos ancêtres, renouer les liens brisés et bâtir ensemble un avenir de paix, de solidarité et de projets communs, pour transmettre aux générations futures des liens que plus rien ne viendra défaire.
Cet appel est soutenu par WIAF Consulting, le cabinet de conseil de Claudy Delumeau
Son nom dit déjà tout : WIAF, pour « West Indies – Africa ». Implanté entre les Antilles, l'Afrique et l'Europe, avec un bureau à Lomé au Togo, WIAF accompagne entreprises et collectivités sur les trois rives de l'Atlantique.
Sonjé · Réparé · Ansanm. Se souvenir, réparer, avancer ensemble.
English: Every Route du Rhum links Saint-Malo to Guadeloupe. On this same ocean, millions of Africans were deported to the Caribbean. The slave ship and the traditional sailing canoe crossed the same sea in opposite directions: one brought chains, the other brings back freedom. For twenty years I have used traditional sailing to help young people in difficulty find themselves again. I invite skippers and organisers to sign this appeal and, in 2030, to open a "wake of remembrance": a symbolic passage towards Gorée, Africa, on the way back to Europe.
In the Doldrums, the "Pot au Noir" every skipper knows, slave ships were becalmed for weeks: water ran out, disease spread in the holds, and thousands of captives died there.
This appeal is supported by WIAF Consulting ("West Indies – Africa"), Claude Delumeau's consulting firm, working across the Caribbean, Africa and Europe.

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Le problème
Chaque Route du Rhum relie Saint-Malo à la Guadeloupe. C'est une fête de la mer, de la course et de la rencontre.
Mais sur cet océan, il y a eu un autre trajet. Pendant plus de trois siècles, des millions d'Africains ont été arrachés à leur terre et déportés vers la Caraïbe. La Guadeloupe est née en partie de cette histoire.
En 2001, Madame Christiane Taubira l'a reconnue comme un crime contre l'humanité.
Le 25 mars 2026, l'Assemblée générale des Nations unies est allée plus loin : elle a qualifié la traite et l'esclavage des Africains de « plus grave crime contre l'humanité ».
Le Pot au Noir
Vous, skippers, connaissez le Pot au Noir : cette zone sans vent près de l'équateur, où l'on reste parfois des jours à attendre une risée.
Pour les navires négriers, ces calmes étaient une tragédie.
Le voyage s'allongeait de plusieurs semaines, l'eau et les vivres venaient à manquer, les maladies se répandaient dans les cales. Des milliers de captifs y sont morts, et ont été jetés à la mer.
Là où vous voyez une épreuve sportive, nos ancêtres ont vécu l'enfer.
À Pointe-à-Pitre, les bateaux arrivent tout près du Mémorial ACTe, notre lieu de mémoire de l'esclavage.
Une course qui arrive ici ne peut pas ignorer ce passé.
Nou paka oublié : nous n'oublions pas.
De la cale au canot
Le bateau négrier et le canot saintois à voile traditionnelle naviguent sur la même mer, mais en sens contraire. Dans la cale du bateau négrier, nos ancêtres ont été enchaînés, et la mer est devenue un lieu de séparation et de souffrance. Le canot à voile traditionnelle est construit et mené par leurs descendants. Il rend la mer à ceux qui l'ont subie : on y retrouve l'élément, le vent, et la liberté de choisir son cap.
Depuis 20 ans, j'ai compris que la pratique de la voile traditionnelle est un outil de conscientisation auprès des jeunes en grande difficulté. Sur le canot à voile traditionnelle, au rappel, chacun doit tenir sa place pour qu'il ne chavire pas. On y apprend la confiance et l'effort ensemble.
Et la mer aide à libérer ce qui était enfoui, ces blessures que beaucoup de nos jeunes portent sans le savoir et qui remontent à la cale. Passer de la cale au canot, c'est le chemin que je leur propose. C'est sur la voile de ce canot que je porterai ce message jusqu'aux skippers.
J'appelle les skippers, les organisateurs et les partenaires de la Route du Rhum à :
- signer cet appel, en geste de reconnaissance et de pardon ;
- ouvrir un « sillage de mémoire » pour l'édition 2030 : un passage symbolique par l'Afrique, vers l'île de Gorée au Sénégal, sur le chemin du retour vers l'Europe ;
- faire de la course un pont entre la Guadeloupe, l'Afrique et l'Europe, tourné vers la jeunesse et l'avenir.
Franck Phazian, animateur social en Guadeloupe depuis plus de 25 ans, fondateur de Kazarecycle et Kazabrok.
Un partenaire entre les deux rives
À travers Kazarecycle, moi, Franck Phazian, et Claudy Delumeau, avec sa structure de conseil WIAF Consulting, avons pris le pari de relier les trois rives de l'Atlantique (les Antilles, l'Afrique et l'Europe) dans un esprit de paix et de reconnaissance. Ces trois rives, la traite les a reliées par la violence. Nous voulons aujourd'hui les relier par la mémoire, le respect et le travail commun.
Que cette traversée ouvre la voie à des retrouvailles durables : honorer nos ancêtres, renouer les liens brisés et bâtir ensemble un avenir de paix, de solidarité et de projets communs, pour transmettre aux générations futures des liens que plus rien ne viendra défaire.
Cet appel est soutenu par WIAF Consulting, le cabinet de conseil de Claudy Delumeau
Son nom dit déjà tout : WIAF, pour « West Indies – Africa ». Implanté entre les Antilles, l'Afrique et l'Europe, avec un bureau à Lomé au Togo, WIAF accompagne entreprises et collectivités sur les trois rives de l'Atlantique.
Sonjé · Réparé · Ansanm. Se souvenir, réparer, avancer ensemble.
English: Every Route du Rhum links Saint-Malo to Guadeloupe. On this same ocean, millions of Africans were deported to the Caribbean. The slave ship and the traditional sailing canoe crossed the same sea in opposite directions: one brought chains, the other brings back freedom. For twenty years I have used traditional sailing to help young people in difficulty find themselves again. I invite skippers and organisers to sign this appeal and, in 2030, to open a "wake of remembrance": a symbolic passage towards Gorée, Africa, on the way back to Europe.
In the Doldrums, the "Pot au Noir" every skipper knows, slave ships were becalmed for weeks: water ran out, disease spread in the holds, and thousands of captives died there.
This appeal is supported by WIAF Consulting ("West Indies – Africa"), Claude Delumeau's consulting firm, working across the Caribbean, Africa and Europe.

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Pétition lancée le 29 octobre 2026