Sauvons Radio Soleil, rendez le 88,6 FM à ses auditeurs

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Le problème

À l’attention de l’ARCOM, des élus du Sénat, d’Île-de-France et de la Mairie de Paris

Nous sommes auditeurs de Radio Soleil depuis plus de trente ans. Nos parents, immigrés, l’écoutaient dans les foyers, les ateliers et les cuisines des quartiers populaires. Née en 1981 de la libération des ondes, elle a offert à l’immigration une voix, dans ses langues, sur sa propre antenne. 

D’abord en Île-de-France, puis à l’est et au sud du pays, elle a porté la diversité des origines.
Aujourd’hui, la radio est fermée. Depuis le 11 septembre, le 88,6 FM diffuse la nuit « Al Arabia 99.9 », une station de Dubaï, avec des publicités destinées au public émirati. Les studios sont inaccessibles, y compris à Hamid Frigui, bénévole depuis l’adolescence et dernier membre historique. Les appels des auditeurs restent sans réponse.

Cette fermeture est l’aboutissement d’une dégradation. Après la disparition des fondateurs en 2017 et en 2022, la station a perdu sa ligne éditoriale. Depuis 2024, ses programmes et son lien avec les auditeurs se sont détériorés, une grille sans cohérence, plus d’émissions associatives ni de proximité, et des journaux en arabe repris de Monte Carlo Doualiya, radio publique. Radio Soleil est devenue un tuyau musical.

Dans les années 1990 et 2000, cette radio était aussi une école, de nombreux étudiants des écoles de journalisme y ont fait leurs premières armes. Ce n’est plus possible, tant les responsables actuels semblent étrangers à la culture du journalisme de proximité et de l’information locale.

Nous constatons enfin que Radio Soleil n’a plus de contact avec les fédérations de radios associatives. À six mois de l’élection présidentielle, les auditeurs n’ont plus de média sur lequel compter pour exprimer leurs convictions et accéder à des experts. Dans un moment où les enjeux d’intégration et de citoyenneté sont si lourds, ce vide est grave.

Nous demandons donc :

•    À l’ARCOM : de dire si la diffusion d’un programme étranger sur une fréquence attribuée à une association de proximité est autorisée, et de vérifier le respect de la convention, du cahier des charges et des engagements éditoriaux de Radio Soleil.

•    À la Mairie de Paris, garante de la vie associative dans la capitale, de s’interroger sur les raisons pour lesquelles la Préfecture de Paris a enregistré les changements du conseil d’administration, au détriment des membres historiques qui garantissaient la ligne éditoriale de proximité et sociale.

•    Aux élus d’Île-de-France : d’interpeller l’ARCOM et la Préfecture, et de soutenir la réouverture d’un dialogue avec les auditeurs, les bénévoles historiques et les fédérations de radios associatives.

•    À la direction actuelle : de publier la gouvernance, les comptes et l’origine des financements, comme toute association bénéficiant d’une fréquence publique.  

•    Aux sénateurs: et en particulier au sénateur Laurent Lafon, qui a déposé le 16 juin 2026 une proposition de loi relative à la modernisation de la radio, de veiller à ce que ce texte prenne pleinement en compte les radios associatives de proximité. Les auditeurs veulent que Radio Soleil retrouve une gouvernance professionnelle et que cessent les intérêts privés et particuliers, afin que leur média de tous les jours puisse bénéficier de cette future loi. 

•    Nous ne faisons aucun procès d’intention, nous réclamons la transparence que la vie associative exige. Une fréquence est un bien public, attribué au nom de l’intérêt général. Radio Soleil appartient à ceux qui l’écoutent, pas à ceux qui la possèdent.

Signez, partagez, faites revivre notre radio.
Les auditeurs de Radio Soleil

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Nidam ABDILanceur de pétition

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