Petition updateSauvons le lycée Fresnel !

Le point sur la situation en Mars 2024

martial COUÉMontrouge, France
Mar 13, 2024

Voici près de 2 ans que cette pétition a été ouverte et il est aujourd'hui nécessaire d’en effectuer un rapide bilan.
Tout d’abord, une petite comptabilité : plus de 1660 signatures ont été recueillies.

Voici leurs profils : 
- professionnels de l’optique et de la photonique : des techniciens aux ingénieurs, des directeurs de service et responsables de laboratoire aux dirigeants d’entreprise.
- chercheurs, personnels des grands organismes d’état ou européen (CNRS, ESO, CEA, etc) 
- enseignants et anciens élèves du lycée.  
- à noter la signature de Gérard Mourou, prix Nobel de Physique 2018, que nous remercions collectivement.

Examinons à présent les origines géographique des signataires :

Dépassant le cadre hexagonal, en voici la liste en Mars 2024 :

Europe : 
France, Belgique, Allemagne, Royaume-Uni, Suisse, République Tchèque, Slovénie, Portugal, Pays-Bas, Finlande

Afrique : 
Tunisie, Maroc, Israël, Ile Maurice

Amérique : 
Etats-Unis, Canada, Chili, Haïti, Mexique

Asie : 
Taïwan, Cambodge

Océanie : 
Australie

L’outre-mer est également bien représentée : 
Réunion, Guadeloupe, Polynésie Française, Nouvelle Calédonie

Voilà qui apporte la démonstration sans équivoque d’un soutien massif des professionnels de l’optique et de la photonique, tous secteurs confondus privé ou public.
Cela confirme également le rayonnement planétaire du lycée Fresnel ainsi que la reconnaissance implicite de la qualité de ses formations.

Malgré l’engagement, dès les premiers instants, de Photonics France, nul décideur ou homme politique n’a entendu les besoins exprimés par notre profession ni les arguments avancés. 
Les propositions de reconstruction des offres de formations avancées par les enseignants actuellement en poste dans l’établissement n’ont pas été prises en compte.
 
Le projet piloté par l’entité bicéphale Région IdF / Rectorat de Paris persiste malheureusement et se précise. 
Son principal argument : accueillir une école hôtelière prestigieuse dans un lieu avec vue sur la tour Eiffel pour la préserver d’une fin de bail mal anticipée !

Voilà qui est cocasse lorsque l’on s’intéresse un tant soit peu à l’orientation du boulevard Pasteur : Il faudra donc se pencher par les balcons lors d’un repas pour admirer la grande dame de fer…

Les derniers éléments communiqués fin février 2024 nous annonce une fermeture pour l’été 2025 afin de réaliser des travaux lourds qui nécessitent une libération totale des lieux.

Les formations en lunetterie, Bac Professionnel et BTS, seront déplacées vers un ou plusieurs établissements d’accueil de manière provisoire et devraient, sans garantie, pouvoir réintégrer l’établissement à terme dans le bâtiment Necker.

Le BTS Systèmes Photoniques, dernier représentant de la filière industrielle, sera simplement déplacé dans un autre établissement (le lycée Raspail est évoqué mais aucune étude de faisabilité n’a été entreprise).
Il devrait, à terme, y demeurer et perdre son lien avec le lycée Fresnel. 
Il est avancé par nos gestionnaires que cela constitue une solution digne d’intérêt puisque l’établissement d’accueil dispose d’une STI2D capable d’alimenter le BTS SP. 
Rappelons que cette formation technologique a entamée sa fermeture l’an passé et disparaîtra définitivement à la rentrée prochaine au lycée Fresnel par une décision de ceux là même qui nous avancent cet argument aujourd’hui !
Quelles seront les conséquences pour le lycée d’accueil ? Il est aussi légitime de s’y intéresser.
Est-il le prochain sur la liste et destiné lui aussi à disparaître comme ce fut le cas récemment de plusieurs établissements techniques de la capitale ?
Il est aussi à noter que pour anticiper cette opération, ces mêmes responsables ont aussi fermé les classes de première et terminale STL présentes au lycée Fresnel avançant comme argument des effectifs trop faibles conséquence de la carte scolaire parisienne aujourd’hui en place.
Cette stratégie démontre, à contrario des arguments utilisés, une difficulté supplémentaire pour alimenter le BTS SP et n’anticipe rien de positif concernant son existence à moyen terme.

Enfin, en réponse aux remarques teintées d’inquiétudes soulevées par le corps enseignant à propos du caractère très sensible des équipements et moyens technique nécessaires à nos activités ainsi que celles inhérentes à leur transport et installation future, une cohorte d’expertes régionales a affirmé qu’il n’y avait pas à s’en soucier : leur récente expérience de déplacement des chambres noires utilisées par les formations photo-cinéma récemment délocalisées leur servant de caution !
Voilà qui en dit long sur leurs capacités d’analyse et sur la prise en compte des impératifs industriels exprimés par les enseignants lors d’un audit organisé, bien en amont, par les autorités régionales auxquelles elles appartiennent.

En envisageant malgré tout cette proposition avec un regard bienveillant, comment alors attirer de nouveaux étudiants en arguant du caractère spécifique et reconnu d’une structure pédagogique dédiée exclusivement à l’optique et à la photonique ?

Comment également se prévaloir d’une histoire qui a fait ses preuves auprès des professionnels du secteur alors même que le nom de Fresnel n’est plus associé à ses formations ?

Comment enfin susciter un sentiment d’appartenance à une même école, garantie d’une culture similaire, en considérant des relations intergénérationnelles dans le milieu professionnel ?  

Ce sombre tableau présenté comme inéluctable par certain, nous pensons encore devoir le combattre.

Attirons l’attention de nos dirigeants sur cette situation qui va à l’encontre des discours qu’ils tiennent aujourd’hui à la nation au plus haut niveau de l’état en nous expliquant que la France se réindustrialise et que sa capacité de production doit fortement se renforcer, notamment dans le secteur de la défense. 

Comment pensent-ils donc pouvoir atteindre ces objectifs alors même que nous souffrons déjà d’un déficit de personnels qualifiés en photonique et plus particulièrement de techniciens. 
A l’évidence, la fermeture du lycée Fresnel sans proposition alternative de reconstruction d’un parcours de formations spécifiques à nos métiers sur la première région contributrice en terme d’emploi dans notre secteur n’est certainement pas la solution…  

Nous demandons alors que chacun s’exprime à ce sujet et interpelle ministres, députés, sénateurs et membres du gouvernement en leur rappelant que gouverner, c’est prévoir : les décisions d’aujourd’hui sont les graines de notre avenir commun.

Copy link
WhatsApp
Facebook
Nextdoor
Email
X