Aujourd'hui, Guillaume, bientôt 8 ans, ne sait ni lire ni écrire ... soutenez le combat de son père.

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Monsieur le Recteur,

Madame Brethes, directrice de l'école champ libre, située à Saint Sulpice de Grimbouville 27210, m'informe de votre décision de "non opposition" à l'ouverture d'un établissement d'enseignement scolaire privé hors contrat.

Vous trouverez ci-joint votre courrier officiel du 24 septembre 2018, dont 3 copies furent respectivement envoyées au maire, au préfet, ainsi qu'au procureur de la République.

J'adresse donc mon propre courrier aux mêmes autorités, et comme le sujet me semble particulièrement grave, susceptible de toucher d'autres familles, d'autres enfants en France, j'en fais par ailleurs une lettre ouverte.

En première page de son site Internet, le gouvernement rappelle les missions de l'Education Nationale :
« Le ministère de l'Éducation nationale est en charge de la préparation et de la mise en oeuvre de la politique du Gouvernement concernant la jeunesse au sein et en dehors du milieu scolaire, à l'accès de chacun aux savoirs et au développement de l'enseignement préélémentaire, élémentaire et secondaire.
COMPÉTENCES PRINCIPALES : La définition des voies de formation, la fixation des programmes nationaux, l'organisation et le contenu des enseignements (...) »

Sur son site Internet, et dans ses différentes déclarations à la presse régionale, Mme Brethes assume pleinement son projet d'école, qu'elle conçoit sans programme, sans enseignant, et sans contrainte: "Contrairement à la méthode pédagogique de l'Education Nationale, aucun apprentissage ne sera imposé à l'élève ..... les apprentissages sont autonomes; l'enfant décide de lui même de ce qu'il va faire de sa journée à l'école".

Mme Brethes a parfaitement le droit d'expérimenter des méthodes alternatives d'apprentissage, et même si cela vient publiquement s'opposer aux méthodes de l'Education Nationale. Elle n'est d'ailleurs pas seule dans sa démarche, puisqu'une quarantaine d'écoles démocratiques auraient vu le jour en France, représentant 700 enfants scolarisés (source EUDEC France)

Mais il est par contre de la responsabilité de l'état d'informer les familles et de dire quels établissements proposent une scolarité conforme aux missions de l'Education Nationale, et surtout conforme au droit, tel que défini dans l'article L131 du code civil.

« l'instruction est obligatoire pour les enfants des deux sexes, français et étranger, entre six et seize ans (…)

Le droit de l'enfant à l'instruction a pour objet de lui garantir, l'acquisition des instruments fondamentaux du savoir, des connaissances de base (...)

Cette instruction obligatoire est assurée prioritairement dans les établissements d'enseignement »

Le terme d'instruction renvoie à une notion de verticalité, typiquement à un enseignant, adulte, dispensant un savoir et des valeurs à un enfant, qui est ainsi un élève. Cette notion de verticalité est précisément ce que rejettent les écoles démocratiques.

On s'étonnera donc que l'Etat puisse s’accommoder de ces méthodes expérimentales, qui sont en parfaite opposition avec ce qui fonde l'Education Nationale en France, et délivre un tel certificat « d'établissement d'enseignement scolaire ».

Drôle de paradoxe aussi que de voir les écoles démocratiques combattre l'Education Nationale dans sa méthode, mais de solliciter son onction en vue d'exister comme établissements d'enseignement scolaire.

Par la présente, et pour faire suite à cette "non opposition" de principe que vos services ont formulé, je souhaite qu'une étude complète et approfondie soit menée sur le projet éducatif de ces écoles démocratiques, à Saint Sulpice de Grimbouville, mais aussi partout en France.

Et je souhaite tout particulièrement savoir, si l'éducation nationale approuve que ce soit mon fils, âgé de 7 ans, qui doive décider "en pleine autonomie", "sans aucune contrainte", quel enseignement il décide de suivre et surtout comment.

C'est un père qui s'adresse à vous Mr le Recteur. Mon fils, Guillaume Barbotin, aura 8 ans en janvier prochain. A ce jour, il ne sait ni lire ni écrire. Je ne vous parle pas de ce que vous pourriez interpréter comme de simples difficultés de lecture ou d'écriture, mais bien d'analphabétisme, comme pour un petit garçon ou une petite fille de 4 ou 5 ans. Ceci n'enlève rien aux autres qualités de mon fils, qui sont grandes.

En effet, et toujours en revenant à notre article 131 du code civil précisant que « l'instruction a pour objet de garantir l'acquisition des instruments fondamentaux du savoir », l'apprentissage de la lecture et de l'écriture ne semble pas être la priorité à l'école champ libre.

Encadré par des "facilitateurs", qui ne sont donc pas des enseignants, mon fils passe ainsi le plus clair de son temps à jouer à des jeux de société.

Mais par contre, il participe activement à des conseils de justice (principe de la sociocratie cher aux écoles démocratiques). Ces conseils, qui regroupent au même niveau enfants et adultes, définissent les sanctions quand il y a manquement d'un des membres aux règles de l'établissement. Ainsi, à l'égal de l'adulte, mon fils, qui maitrise encore mal les concepts de liberté, de responsabilité, de droit et de devoir, qui ne sait d'ailleurs même pas comment s'écrivent ou s'épellent de tels concepts, siège à ces conseils avec ses petits camarades, et se prononce sur des responsabilités et des sanctions.

Et donc, dans cet établissement où l'adulte entraine l'enfant à la manipulation de concepts compliqués, l'enjoint à faire des choix responsables, il n'est surtout pas question d’instruction, encore moins de contraintes.

Nous sommes en 2018 Monsieur le Recteur, en France, dans l'Eure, et j'attire toute votre attention sur ce qui se passe aujourd'hui, dans cet établissement, auquel vous avez eu l'honneur de ne pas prononcer d'opposition.

Veuillez agréer Monsieur le Recteur, l'expression de mes sentiments respectueux.

Arnaud Barbotin



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