Pour une loi de programmation de l’éducation nationale

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Le problème

L’armée a sa loi de programmation militaire. La recherche a la sienne depuis 2020. L’école, elle, n’en a pas.

Chaque automne, le budget de l’Éducation nationale se rejoue à l’aveugle dans la loi de finances : postes supprimés, recrutements à l’arrêt, projets reportés. Le projet de budget 2026 prévoyait encore la suppression de plus de 4 000 postes d’enseignants titulaires.

À cette instabilité budgétaire s’ajoute l’instabilité pédagogique. Au fil des changements de ministre, les programmes, les épreuves d’examen et l’organisation de la semaine sont réformés, puis réformés à nouveau, souvent sans évaluation préalable. Les enseignants doivent sans cesse adapter leurs cours. Les élèves et les familles peinent à se repérer. Les effets d’une réforme ne peuvent jamais être mesurés avant la suivante.

Les lycéens l’ont dit haut et fort

Depuis la mi-septembre 2026, un mouvement lycéen d’une ampleur inédite a gagné tout le pays. Il a conduit au blocage de plus de 400 lycées. Les élèves dénoncent des bâtiments vétustes et inadaptés à la chaleur, des classes et des emplois du temps surchargés, et des professeurs absents jamais remplacés. Ils réclament aussi une refonte des rythmes scolaires. Ces revendications sont exactement celles qu’une loi de programmation permettrait de traiter durablement. Le Gouvernement a annoncé cinq chantiers prioritaires, dont le temps scolaire et le bâti. Sans engagement pluriannuel, ils risquent de rester sans lendemain.

Nos demandes

Nous demandons au Gouvernement et au Parlement d’adopter une loi de programmation pluriannuelle pour l’éducation. Elle fixerait, sur cinq à sept ans, une trajectoire chiffrée et engageante pour :

  • Recruter et remplacer : planifier les postes d’enseignants, d’AESH et de personnels médico-sociaux selon les besoins réels.
  • Mieux encadrer les élèves : profiter de la baisse démographique pour réduire les effectifs par classe plutôt que supprimer des postes.
  • Revaloriser les métiers : programmer une hausse des salaires pour rendre l’enseignement à nouveau attractif.
  • Investir dans le bâti scolaire : rénover les écoles, notamment face aux enjeux climatiques.
  • Garantir l’inclusion : donner aux élèves en situation de handicap les moyens d’une scolarité digne.
  • Stabiliser les programmes : fixer un cadre durable, avec des réformes évaluées et expérimentées avant toute généralisation, et un calendrier connu longtemps à l’avance.
  • Repenser les rythmes scolaires : bâtir, en concertation avec les élèves, les familles et les personnels, une organisation du temps scolaire fondée sur la santé des élèves, puis la garantir dans la durée.

La défense nationale a obtenu cette visibilité parce qu’elle est jugée vitale pour l’avenir du pays. L’éducation l’est tout autant. L’école de la République ne doit plus être une variable d’ajustement budgétaire ni un terrain de réformes successives.

Signez pour que l’éducation devienne enfin une priorité programmée.

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Pierre GORIUSLanceur de pétition

Les décisionnaires

Edouard Geffray
Edouard Geffray
Ministre de l'Education nationale

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