Pour un rugby féminin à X plus juste, mieux encadré et plus sûr en Auvergne Rhône-Alpes

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Le problème

Madame, Monsieur,

Le rugby féminin étant un secteur en développement croissant, il est de notre responsabilité d’en faire une discipline sûre pour les générations actuelles, mais surtout pour celles à venir. Si des progrès ont été réalisés, force est de constater que certains points restent perfectibles et c’est pour cela qu’il est important de vous les énoncer.  

1. Un arbitrage insuffisant et inadapté à la pratique du rugby à X

Premièrement, l'arbitrage constitue aujourd'hui une difficulté récurrente dans les compétitions féminines de rugby à X. En effet, lorsqu'un arbitre officiel est présent, celui-ci n’est pas formé aux spécificités de cette pratique, ni même informé des dernières évolutions réglementaires.

Plus préoccupant encore, de nombreuses rencontres se déroulent sans arbitre officiel. Ainsi, le club hôte se doit de désigner lui-même une personne faisant office d’arbitre : souvent un entraîneur ne disposant pas d'une formation spécifique. Le dimanche 18 octobre, sur 10 matchs de féminines seniors à X au sein de la ligue AURA, seulement 5 ont pu bénéficier d’un arbitrage officiel.

Cette situation place les clubs dans une position inconfortable : un entraîneur ne devrait pas avoir la possibilité d’arbitrer une rencontre dans laquelle son propre club est engagé. Car même empreint de bonne volonté, et outre les compétences dont il ne dispose pas nécessairement, il ne peut garantir un arbitrage homogène et impartial. Ainsi, une telle organisation pourrait engendrer un déséquilibre conduisant à des décisions favorisant une équipe au détriment de l’autre.

Ce point soulève donc des questions importantes. Premièrement, comment garantir la sécurité des joueuses lorsque les règles destinées à les protéger ne sont pas maîtrisées par les arbitres ? Comment garantir une neutralité totale lorsque la personne qui arbitre est engagée personnellement dans la rencontre ?


2. Des écarts de niveau incompatibles avec l'objectif de développement du rugby à X

À ce jour, le rugby à X constitue une pratique essentielle au développement du rugby féminin. Permettant notamment à des joueuses débutantes de découvrir ce sport, d'acquérir les bases techniques et tactiques, mais surtout de gagner en confiance et de progresser dans un cadre censé être adapté.

Pour que ce format puisse pleinement remplir son rôle de développement, il est essentiel de garantir une certaine équité sportive entre les équipes engagées. Or, la possibilité pour des joueuses évoluant habituellement à XV de participer aux rencontres à X peut créer des déséquilibres importants entre les équipes, notamment lorsque certaines disposent d'un effectif issu des deux formats de jeu.

Certes, une première limitation existe déjà concernant le nombre de joueuses disposant d'une double licence au sein d'un club, permettant ainsi de réguler en partie la composition des équipes. Cependant, cette mesure reste insuffisante lorsque des clubs disposent à la fois d'une équipe à XV et d'une équipe à X.

Cette situation devient particulièrement problématique lorsque des équipes engagées dans la course à la première place se retrouvent confrontées à des joueuses évoluant habituellement à un niveau supérieur. Ces pratiques compromettent l'équité de la compétition et pénalisent les équipes qui s'investissent tout au long de la saison pour progresser et obtenir des résultats dans leur catégorie. 

Outre l’incompatibilité avec l'objectif de développement de cette pratique, ceci risque de transformer des rencontres destinées à favoriser l'apprentissage et la progression en confrontations déséquilibrées, au détriment du plaisir, de la confiance et surtout, de la sécurité des débutantes.


3. Un calendrier communiqué tardivement

De plus, l'organisation du championnat féminin de rugby à X souffre d'un manque d'anticipation et de communication dès le début de saison. Dans un souci de préparation, les clubs devraient pouvoir disposer des informations nécessaires au bon déroulement de la saison. Ceci comprend la composition des poules ainsi que les dates prévues pour les rencontres. Pourtant, cela ne nous est parvenu qu’une semaine avant le début du championnat.

Un délai aussi court ne permet pas aux clubs d’anticiper correctement leur saison sportive ni d'organiser les déplacements. Cette situation complique également la préparation des équipes et témoigne d'un manque de visibilité préjudiciable au bon déroulement de la compétition.

CE QUE NOUS DEMANDONS :

Garantir un arbitrage équitable et la sécurité des joueuses

Premièrement, la mise en place d’un arbitrage garantissant des conditions de jeu équitables et sécurisées pour toutes les joueuses. Cela implique la présence d'arbitres officiels lors des rencontres, formés aux spécificités du rugby à X et régulièrement informés des évolutions réglementaires. Ceci dans le but d'éviter au club accueillant la rencontre de désigner un arbitre non formé. La sécurité des joueuses et l'équité sportive doivent être des priorités et ne peuvent dépendre des moyens ou des ressources propres à chaque club.


Encadrer la participation des joueuses évoluant à XV aux compétitions de rugby à X

Ensuite, dans un objectif de parité, nous demandons la mise en place d'une limite plus stricte quant au nombre de joueuses évoluant à un niveau supérieur pouvant être inscrites sur la feuille de match lors des compétitions de rugby à X. 


Une planification anticipée et une communication transparente du championnat

Enfin, il est nécessaire que le calendrier prévisionnel du championnat nous soit communiqué dans un délai raisonnable avant le début de la saison sportive. Celui-ci devrait comprendre la composition des poules, les équipes en lice ainsi que les dates des rencontres, permettant aux clubs, aux joueuses et aux encadrants d'anticiper et d'organiser leur saison dans les meilleures conditions possibles.


Le rugby féminin ne peut pas se développer correctement si les joueuses ne bénéficient pas d'un cadre sportif organisé et sécurisé.  Ces mesures devront être accompagnées de critères d'application clairs, équitables et adaptés aux objectifs du rugby à X.

Les joueuses du RC'Elles.

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