PÉTITION POUR LA REPRÉSENTATIVITÉ DES FEMMES AUX ÉLECTIONS COMMUNALES ET MUNICIPALES A com

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Le problème

A l’attention des Parlementaires Béninois, 


Nous, Women and Power Association et Le Quintet souhaitons attirer votre attention sur l’importance cruciale de la représentation des femmes dans les instances décisionnelles de notre pays. A l’approche des élections communales et municipales de 2026, nous appelons de tous nos vœux à la relecture de la loi 2019-43 portant code électoral en République du Bénin afin de garantir au moins 35 % de représentativité aux femmes aux élections communales et municipales. Ce plaidoyer entre dans le cadre de la mise en œuvre du projet  VoLeFE (Voix et leadership des femmes pour les élections de 2026).

Description de WoPAs


WoPAs est une organisation qui regroupe des jeunes filles et femmes issues de diverses catégories socio-professionnelles, institutions et associations étudiantes, autour des enjeux liés au leadership féminin et à la représentativité des jeunes filles et femmes dans les processus de décision à tous les niveaux. Depuis 2018, l'ONG œuvre à renforcer les compétences des jeunes filles et femmes engagées dans ces instances décisionnelles, afin de réaliser sa vision : une société égalitaire et inclusive où chaque jeune fille et femme a la possibilité de développer son potentiel, d'accéder à des postes de leadership à tous les niveaux et de contribuer activement au développement social, économique et politique. Les actions de WoPaS se concentrent particulièrement sur la participation politique des jeunes filles et femmes.


Description du QUINTET 


Le Quintet est un creuset de cinq Défenseur(e)s des Droits Humains (DDH) qui défend et promeut les droits humains, à travers des actions citoyennes pour l’intérêt général. Depuis son avènement, ses initiatives s’appuient sur trois axes à savoir : le contentieux stratégique des droits fondamentaux ; l’information et l’éducation aux droits humains ; la recherche et le plaidoyer. Le dernier axe est le cadre dans lequel s’inscrit notre tandem avec WoPAS en vue d’une présence améliorée, tant quantitative que qualitative des jeunes femmes et femmes aux instances de décision. 

Contexte et Justification du projet VoLeFe 

La thématique des femmes dans l’espace public ou en politique est une question centrale dans l’avancée des droits des femmes et l’amélioration de leur statut. La République du Bénin à l’instar de nombreux pays a connu des avancées. En effet, entre autres mesures et depuis 2019, le pays a adopté une loi réservant 24 sièges aux femmes à l’Assemblée nationale, représentant 22% des 109 sièges. Cette loi vise à améliorer la participation politique des femmes. Cependant, en 2023, un recul s’est observé, en comparaison à 2019 : 

  • diminution des listes alternées : 57% contre 63% en 2019;
  • baisse du nombre de femmes en deuxième position : 38% contre 42% en 2019

Ces chiffres révèlent ainsi une régression quant à la réalisation du droit  à la participation des femmes. Il s’agit notamment : 

  • d’une représentation inéquitable, alors que les femmes constituent plus de 50% de la population ;
  • des obstacles à l’accès aux mandats électifs, limitant leur influence politique ;
  • du maintien des stéréotypes de genre au sein des partis politiques.

Le non-respect du quota n’est pas nouveau, avec des cas de non-conformité dès 2019, montrant une résistance à l’augmentation du taux de participation féminine. Pourtant, sans la participation active des femmes et l’incorporation des perspectives des femmes dans tous les niveaux de prise de décision, les objectifs d’égalité, de développement et de paix ne pourront pas être poursuivis. Il est donc impératif d’aller au-delà de ce qui se fait déjà. C’est pourquoi le projet a été pensé et initié. En effet, le projet "Voix et Leadership des Femmes pour les élections de 2026" (VoLeFe), lancé par WoPaS, a pour objectif d'accroître le taux de participation des femmes en politique au Bénin et de faire des élections de 2026 un moment clé pour améliorer la représentation féminine dans les organes décisionnels aux niveau communal et municipal.

Lancé en juin 2024 et dont la première phase a pris fin en décembre 2024, le projet a obtenu l’engagement concret de 6 partis politiques de la cinquième circonscription électorale du Bénin à travers la signature d’un mémorandum leur donnant l’obligation morale de réserver un quota minimum de 35 % de femmes sur toutes leurs listes électorales communales et municipales pour les élections de 2026 ; de renforcer les compétences stratégiques des femmes issues des partis politiques cibles, afin de leur permettre d’améliorer leur positionnement politique et de développer une base électorale solide.

Dans le cadre de la mise en œuvre de ce projet, un diagnostic participatif a été mené avec les partis politiques engagés et quelques acteurs de la société civile pour identifier les obstacles liés à la place des femmes sur les listes électorales. Cette analyse a mis en lumière plusieurs facteurs clés qui expliquent la faible participation des femmes à la vie politique locale, notamment leur positionnement sur les listes. Parmi ces facteurs, figurent l'influence des normes sociales restrictives, un accès limité à l'information et des capacités restreintes des femmes, qui freinent leur implication dans les processus décisionnels. Le diagnostic a également révélé un faible niveau d'instruction des femmes, ce qui limite leur compréhension des textes juridiques et institutionnels (comme le code électoral). D'autres obstacles incluent des compétences limitées en leadership, militantisme et stratégies politiques, l'absence de supports pédagogiques adaptés pour les acteurs politiques, les jeunes filles et les femmes, ainsi que le manque de données probantes sur les déterminants socio-culturels de leur participation à l'action publique, notamment leur positionnement sur les listes électorales et leur engagement militant.

Par ailleurs, ces cinq dernières années, le pays a réalisé des avancées qualitatives en matière d’égalité des droits entre genres, de promotion et d’autonomisation des femmes. Cela s’est remarqué lors de la révision de la Constitution en 2019. À cette occasion, le Législateur a introduit dans l’article 26 alinéa 2 que « la loi peut fixer des dispositions spéciales d’amélioration de la représentation du peuple par les femmes ». Depuis lors, cette sensibilité à la promotion des femmes s’est manifestée à travers les différents politiques, programmes et stratégies adoptés par l’État béninois. Cette disposition de la nouvelle Constitution a été actée cette même année 2019 dans le code électoral qui a consacré en son article 144 que, « vingt-quatre (24) sièges exclusivement réservés aux femmes à l’assemblée nationale, avec obligation faite aux parties politiques de positionner au moins une femme par circonscription électorale ». Ainsi, au terme des dernières élections législatives, le nombre de sièges de femmes députées est passé de 6 à 28, soit une augmentation d’environ 18%. Cette dynamique a pour socle la vision Bénin-Alafia 2025 inscrite dans le Plan national de développement (PND, 2018-2025) qui poursuit le développement du capital humain. La plus grande réforme institutionnelle opérée par le gouvernement pour atteindre ces objectifs est la création en 2021 de l’Institut National de la Femme (INF). Il a, entre autre, pour mission d’œuvrer à la protection et la promotion de la femme aux plans politique, économique, social, juridique et culturel. L’institut est en outre un instrument de lutte contre toutes formes de discriminations et de violences à l’égard des femmes et des filles.


Enfin, la politique forte de représentativité de la femme dans les instances de décisions s’observe à plusieurs niveaux :

  • au niveau du Gouvernement : les femmes ministres : 22% ;
  • les femmes responsables d’institutions ; (Institut National de la Femme, Haute Cour de Justice, Cour des Comptes) : 37,5% ;
  • Commission Électorale Nationale Autonome : 20% ;
  • Préfecture : 16%. 


Au Bénin, il existe des lois et des politiques nationales qui visent la promotion de la participation et le leadership des femmes aux postes de décision.

Malgré ces chiffres, le résultat dans les communautés est tout autre.

  1. Considérant que la participation des femmes à la vie politique est essentielle pour garantir une représentation équitable et diversifiée au sein des institutions,
  2. Considérant que, malgré l’ adoption de la loi de 2019 n°2019-43 du 15 novembre 2019 portant code électoral en République du Bénin instaurant un quota de 24 sièges pour les femmes à l’Assemblée Nationale, la réalité sur le terrain n’est toujours pas reluisante,
  3. Considérant que les femmes représentent plus de 50% de la population béninoise et que leur voix doit être entendue et prise en compte dans les décisions politiques, 


Nous invitons le parlement béninois et les députés de la neuvième (9ème) législature à : 

  1. Procéder à la relecture de la loi de la loi de 2019 n°2019-43 du 15 novembre 2019 portant code électoral afin de garantir un quota de 35% de femmes sur les listes électorales ; 
  2. Mettre en place des mesures incitatives pour encourager les partis politiques à respecter ce quota tout en prévoyant des sanctions pour ceux qui ne respecteront pas ce quota.  

Nous croyons fermement qu’une représentation accrue des femmes contribuera à une meilleure prise de décision, à l’égalité des genres et à un développement durable pour notre pays.

Fait à Abomey-Calavi, le 26 Février 2025 

 

Ont signé cette pétitions, les personnes dont les référencent suivent.

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