

Nous voulons un monde vivable pour nous et nos enfants, et cela se joue maintenant
Le problème
Nous voulons un monde vivable pour nous et nos enfants et cela se joue maintenant
Cette pétition vise à faire entendre la voix de tous ceux qui, lucides et très inquiets, veulent peser dans le rapport de force politique.
Les canicules et la sécheresse de l’été 2026 partout en Europe ne sont pas des événements exceptionnels. C’est le signe que nous sommes arrivés à un point de bascule du dérèglement climatique. Disons clairement les choses. Malgré tous les dispositifs mis en place depuis l’été 2003, plus de 8 000 personnes sont mortes en France cet été à cause des canicules[1] ; à l’échelle européenne, les estimations provisoires pointent au moins 35 000 décès prématurés[2]. Nous avons vu les rivières et les puits tarir ; nous avons vu disparaître les pollinisateurs, les oiseaux, les poissons: les animaux d'élevage sont morts par millions. Les arbres fruitiers et les forêts sont durement touchés. Les semis pour l’année prochaine sont compromis. Ceci n’est pas un été éprouvant, c’est le début de l’effondrement de l’écosystème. Si nous ne faisons rien, il ne sera plus possible de vivre en Europe, d’avoir accès à la nourriture ou à l’eau d’ici quelques années. Il n’y aura pas de vie possible pour nos enfants.
L’Organisation des Nations Unies (ONU) alerte sur ce point de manière très claire et très urgente[3]. Le gouvernement britannique a publié courant 2026 un rapport détaillé[4] sur les risques imminents que nous encourons du fait de l’effondrement des écosystèmes. Le danger dépasse clairement celui de la pandémie de Covid 19. Mais en France une chape de plomb pèse sur la question et le silence des pouvoirs publics est impardonnable.
Notre pétition est celle de tous les parents, profondément inquiets de ce qui attend nos enfants ; elle est aussi celle tous ceux qui veulent un avenir, tout simplement. Elle ne reflète pas le point de vue de partis ou d’associations ou de groupe de pression d’un bord ou d’un autre. L’enjeu est tel qu’il transcende les divisions habituelles. Maintenant, à quelques mois des élections présidentielles françaises, par désespoir devant le déni et les politiques ineptes mises en place, nous ne pouvons plus nous taire.
Nous voulons un monde vivable pour nous et nos enfants et cela se joue maintenant.
Voilà les quatre priorités que nous identifions.
- Mobiliser la science
- Préserver l’eau aujourd’hui et demain
- Décarboner massivement
- En finir avec l’opacité et l’impunité : transparence et responsabilité
Résumé de ce que nous voulons de la part des responsables politiques et institutions publiques, et ce pour quoi nous demandons des comptes :
- Ecouter les scientifiques plutôt que les lobbys
- Préserver et restaurer le cycle naturel de l’eau
- Rendre obligatoire la mobilisation des eaux de pluie et des eaux grises
- Economiser l’eau potable (système de bonus/malus selon la consommation)
- Stopper dans les six mois tous les data centers, construits ou à construire, qui ne sont pas autonomes en énergie renouvelable
- Engager la discussion sur les limites à l’usage de l’IA, notamment les chatbots.
- Accélérer radicalement le passage aux véhicules tout électriques
- Diminuer l’avion au profit du train : surtaxe pour l’aérien au-delà d’un seuil d’usage par an, retour aux dessertes locales et aux trains de nuit
- Développer des outils qui permettent à chacun de connaître son empreinte carbone annuelle
- Appliquer les lois environnementales existantes et procéder à des contrôles systématiques
- Recenser et publier chaque année les actions des lobbys : transparence totale, pas de corruption
- Sanctions maximales et dissuasives pour les pollueurs et ceux qui désinforment le public
Argumentaire détaillé.
1. Mobiliser la science.
Nous voulons que les orientations stratégiques et les politiques publiques soient basées sur les travaux des scientifiques fiables et reconnus : CNRS, ENS, Musée d’histoire naturelle, INRIAE, INSERM, Haut Conseil pour le climat, the Shift Project, rapports de l’ONU, GIEC, travaux de l’université d’Exeter sur le climat, etc.
Un travail remarquable est aussi fait sur le terrain par nombre d’associations et de collectifs, dont la voix doit être reconnue et écoutée, particulièrement si les points de vue divergent. Au premier rang desquels la Convention citoyenne pour le climat, ou le projet « D’un commun accord ».
Nous ne voulons plus que les politiques publiques soient dictées par les lobbys, ou les sondages, au détriment systématique du bien public et du long terme.
2. Préserver l’eau pour tous de manière durable.
Mi-septembre 2026 en France, plus de 60 000 personnes n’ont pas accès à l’eau potable[5], les sols restent affectés par la sécheresse en profondeur, le niveau des rivières remonte à peine. 64 départements sont en crise et 23 en alerte renforcée : soit toute la France ou presque[6]. Que faire pour préserver l’eau à court, moyen et long terme ?
Partout restaurer et préserver le cycle de l’eau. De nombreuses pistes d’action sont bien identifiées et efficaces : désimperméabiliser les surfaces, protéger les zones humides, restaurer les couverts végétaux. L’agroforesterie et la plantation d’arbres en ville sont une piste, mais pas n’importe comment : planter des espèces variées, en respectant le cycle annuel et en prenant soin des jeunes plants. Or en 2026, la politique de l’Etat en prend le contre-pied[7] : artificialisation des sols et destruction des zones humides, méga-bassines inefficaces, plantations laissées mourir sur pied, pollution par les pesticides des points de captage…
Mieux gérer l’eau potable. En France, l’eau potable est utilisée par tous et pour tous types d’usages. Cela coûte cher en traitements et acheminement, et l’eau manque. La valorisation des eaux de pluie et des eaux grises est une politique très efficace, déjà en place dans les pays méditerranéens. Nous voulons un plan national d’information du public ; nous voulons aussi une obligation de collecte et de valorisation de ces eaux, notamment en ville : sur les bâtiments existants pour les eaux de pluie et dans les nouvelles constructions pour les eaux grises.
Nous appelons aussi à un changement collectif de point de vue. L’eau potable va devenir rare et donc précieuse. Il faut apprendre à l’économiser et donc donner des repères clairs : viser une consommation de 130 litres par jour et par personne par exemple, contre 150 aujourd’hui[8]. Au-delà des seuils, et pour les gros consommateurs, l’eau doit être surtaxée massivement. Cela se pratique déjà pour les déchets. Inversement un bonus pourrait être reversé à ceux qui réduisent leur consommation en dessous d’un certain seuil.
3. Décarboner est notre seul espoir.
Il n’y a pas d’adaptation possible au climat tel qu’il évolue actuellement[9] car l’effondrement des écosystèmes met en danger nos vies. Les trajectoires de référence ont déjà dépassé le scénario à +1,5 degrés Celsius et les plans d’action à six ans sont d’une efficacité marginale. La seule solution est de décarboner : vite, fort, maintenant. Si nous n’en faisons pas la priorité des 5 ans à venir, nous passerons le point de non-retour.
Pour décarboner, agir sur deux points clefs : l’IA et les transports
Les « data centers » sont une source de pollution majeure, par l’émission de CO2, la consommation massive d’eau, les polluants éternels et l’artificialisation des sols[10]. L’entraînement des modèles et plus encore les usages quotidiens de l’IA, via les « chatbots », contribuent lourdement aux émissions. L’IA peut attendre, notre survie non. Interdire la construction de nouveaux centres et mettre à l’arrêt ceux qui existent tant qu’ils ne fonctionnent pas à 100% en énergie renouvelable, sans obérer les besoins des habitants et des industries. L’Espagne agit déjà en ce sens.[11] Ouvrons le débat sur la mise en place des limites à l’usage gratuit des « chatbots » (blocage au-delà d’un certain nombre de requêtes par jour).
En matière de transport, il faut passer massivement aux véhicules 100% électriques (EV). Par exemple, via des primes conséquentes à la casse des véhicules les polluants (critère 3 et plus), conditionnées à l’achat d’EV en remplacement. Il faut aider les ménages les moins aisés qui souffrent du prix des carburants à passer à l’électrique.
Le transport aérien est un très gros émetteur de carbone. A titre de repère, un aller et retour pour une destination en Europe génère de l’ordre de 500 kg de CO2 ; pour New York près de 2 tonnes. Or l’aérien propose des tarifs très bas, et le train n’est pas compétitif. Comme pour l’eau potable, fixons des seuils de référence par an, par exemple un trajet en Europe, autour de 500 kg. Au-delà des seuils, et pour les gros consommateurs, les billets d’avion doivent être surtaxés massivement, et le produit de ces taxes fléchés vers des financement d’actions climat.
Le train pourrait être une solution et remplacer avantageusement l’avion ou la voiture sur de nombreux trajets mais ce n’est pas la voie qu’a pris la SNCF ces dernières années. Nous voulons un retour aux dessertes locales et régionales ; nous voulons une offre de billets locaux flexibles à prix fixes, comme avant. Nous voulons des trains de nuit décents et connectés avec les autres pays. Nous voulons un plan ambitieux pour le fret… Nous payons double pour la SNCF, comme contribuables et comme clients, et le service fourni ne contribue pas au bien public.
Décarboner ne pourra se faire sans que tous contribuent. En 2026 on estime que les Français émettent en moyenne plus de 9 tonnes de CO2 par an et par personne[12]. Les objectifs de l’accord de Paris publié à l’issue de la COP 21 _viser moins de 2 tonnes de CO2 émis par personne et par an _ sont peu connus et surtout personne en sait vraiment combien il ou elle émet. Pour diminuer drastiquement nos émissions, il faut savoir où agir. Chiffrer systématiquement une estimation de l’empreinte carbone de tous nos usages et tous les achats et les afficher sur les tickets et les relevés devrait être la norme et non une option[13].
4. Transparence et responsabilité
Les actions à mener pour préserver nos écosystèmes et l’avenir de nos enfants sont connues depuis longtemps. Elles se heurtent à la désinformation du public[14] et à la corruption depuis des années. De nombreuses lois porteuses de progrès ne sont pas appliquées, faute de contrôle. Rien de ce que nous voulons ne peut aboutir dans un système gangrené par l’opacité et l’impunité.
Nous voulons une transparence totale sur l’action des lobbys, particulièrement ceux des énergies fossiles, de l’automobile et des agro-industries. Nous exigeons un décompte annuel et rendu public des subventions, dons et transferts versés par ces lobbys aux partis politiques, aux élus et aux décideurs locaux. Nous exigeons aussi un décompte du nombre d’auditions et de communications (courriels, rencontres) avec les pouvoirs en place.
Les mensonges et les fausses informations diffusés sciemment par des responsables, élus, industriels et médias doivent être punis de manière dissuasive, sur le plan financier et juridique. Les élus dont il est avéré qu’ils mentent sur les enjeux climatiques, environnementaux et de santé devraient être désavoués par leurs partis et destitués de leur mandat immédiatement.
Le délit d’écocide en droit français est aujourd’hui une coquille vide[15]: il faut le revoir pour le rendre applicable et conforme aux directives européennes.
Enfin le contrôle est largement déficient : nous voulons des inspections systématiques des entreprises polluantes et des procédures accélérées pour les sanctions. Nous voulons des audits indépendants sur la mise en œuvre des politiques publiques et l’application des lois, qui soient publiés tous les ans.
Nous attendons des candidats à la présidentielle, mais aussi de tous les responsables du pays, qu’ils s’engagent clairement sur ces enjeux cruciaux de préservation de notre avenir et de justice sociale. Seule une mobilisation massive et collective, des citoyens, des entreprises et des élus, sur des bases saines, nous permettra d’être à la hauteur des enjeux. Cesser la fuite en avant insensée qui nous est donnée comme seul horizon, et aller vers ce qui compte : prendre soin de la terre, de l’eau et des vivants, c’est le seul moyen de prendre soin de nous et de nos enfants. Des solutions concrètes et des points de bascule positifs[16] sont connus. Nous pouvons tous agir. Nous demandons mieux des pouvoirs publics et exigeons des comptes.
[1] https://www.cnews.fr/france/2026-09-16/canicules-pres-de-8000-morts-en-exces-depuis-fin-mai-en-france-selon-un-nouveau
[2] https://www.courrierinternational.com/article/climat-au-moins-35-000-morts-en-exces-en-europe-pendant-les-canicules-de-2026_263419
[3] https://www.un.org/en/climatechange
[4] https://assets.publishing.service.gov.uk/media/696e0eae719d837d69afc7de/National_security_assessment_-_global_biodiversity_loss__ecosystem_collapse_and_national_security.pdf
[5] https://www.lemonde.fr/planete/article/2026/09/09/secheresse-64-000-personnes-restent-privees-d-eau-du-robinet-en-france-metropolitaine_6768929_3244.html
[6] Cf cartes et données de VigieEau au 16 septembre 2026.
[7] La loi Duplomb puis la loi d’urgence agricole de 2026 visent à maximiser les profits d’une poignée d’entreprises, au prix de notre santé et à l’environnement.
[8] https://www.notre-environnement.gouv.fr/themes/societe/le-mode-de-vie-des-menages-ressources/article/quelle-est-la-consommation-des-menages-en-eau-potable
[9] https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/l-invite-d-un-jour-dans-le-monde/l-invite-d-un-jour-dans-le-monde-du-jeudi-19-juin-2025-4836655; https://www.rechauffement-climatique.com/pcaet-decret-2026-tracc-obligations-communes-adaptation/
[10] https://news.un.org/en/story/2026/06/1167658
[11] https://www.usine-digitale.fr/informatique/data-centers/data-centers-face-a-lafflux-de-demandes-lespagne-veut-conditionner-lacces-au-reseau-electrique-a-des-criteres-de-souverainete-numerique.J7ZFXSGZ6FEK3F52JI6QYNWVX4.html
[12] https://empreinte-carbone.org/empreinte-carbone-dun-francais-donnees-et-pistes-daction/ https://www.hautconseilclimat.fr/publications/dangers-climatiques-la-france-face-a-ses-responsabilites/
[13] BNP Paribas propose déjà cette fonctionnalité : https://mabanque.bnpparibas/fr/vos-besoins/vos-projets/transition-energetique-et-ecologique/empreinte-carbone; Voir aussi l’application Greenly, disponible pour les entreprises.
[14] Sur l’ampleur de la désinformation, voir https://vert.eco/chaleurs-actuelles/canicules-relativisees-et-debats-sur-la-climatisation-452-cas-de-mesinformation-climatique-a-la-tele-et-a-la-radio-entre-janvier-et-juin/?utm_source=firefox-newtab-fr-fr
[15]
https://www.sciences-et-democratie.net/expertise-et-decision/justice-et-expertise-33533-ecocide-transposition-directive-europeenne-france
[16] Voir les travaux de Tim Lenton, Positive Tipping Points, Oxford University Press, 2025.
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Le problème
Nous voulons un monde vivable pour nous et nos enfants et cela se joue maintenant
Cette pétition vise à faire entendre la voix de tous ceux qui, lucides et très inquiets, veulent peser dans le rapport de force politique.
Les canicules et la sécheresse de l’été 2026 partout en Europe ne sont pas des événements exceptionnels. C’est le signe que nous sommes arrivés à un point de bascule du dérèglement climatique. Disons clairement les choses. Malgré tous les dispositifs mis en place depuis l’été 2003, plus de 8 000 personnes sont mortes en France cet été à cause des canicules[1] ; à l’échelle européenne, les estimations provisoires pointent au moins 35 000 décès prématurés[2]. Nous avons vu les rivières et les puits tarir ; nous avons vu disparaître les pollinisateurs, les oiseaux, les poissons: les animaux d'élevage sont morts par millions. Les arbres fruitiers et les forêts sont durement touchés. Les semis pour l’année prochaine sont compromis. Ceci n’est pas un été éprouvant, c’est le début de l’effondrement de l’écosystème. Si nous ne faisons rien, il ne sera plus possible de vivre en Europe, d’avoir accès à la nourriture ou à l’eau d’ici quelques années. Il n’y aura pas de vie possible pour nos enfants.
L’Organisation des Nations Unies (ONU) alerte sur ce point de manière très claire et très urgente[3]. Le gouvernement britannique a publié courant 2026 un rapport détaillé[4] sur les risques imminents que nous encourons du fait de l’effondrement des écosystèmes. Le danger dépasse clairement celui de la pandémie de Covid 19. Mais en France une chape de plomb pèse sur la question et le silence des pouvoirs publics est impardonnable.
Notre pétition est celle de tous les parents, profondément inquiets de ce qui attend nos enfants ; elle est aussi celle tous ceux qui veulent un avenir, tout simplement. Elle ne reflète pas le point de vue de partis ou d’associations ou de groupe de pression d’un bord ou d’un autre. L’enjeu est tel qu’il transcende les divisions habituelles. Maintenant, à quelques mois des élections présidentielles françaises, par désespoir devant le déni et les politiques ineptes mises en place, nous ne pouvons plus nous taire.
Nous voulons un monde vivable pour nous et nos enfants et cela se joue maintenant.
Voilà les quatre priorités que nous identifions.
- Mobiliser la science
- Préserver l’eau aujourd’hui et demain
- Décarboner massivement
- En finir avec l’opacité et l’impunité : transparence et responsabilité
Résumé de ce que nous voulons de la part des responsables politiques et institutions publiques, et ce pour quoi nous demandons des comptes :
- Ecouter les scientifiques plutôt que les lobbys
- Préserver et restaurer le cycle naturel de l’eau
- Rendre obligatoire la mobilisation des eaux de pluie et des eaux grises
- Economiser l’eau potable (système de bonus/malus selon la consommation)
- Stopper dans les six mois tous les data centers, construits ou à construire, qui ne sont pas autonomes en énergie renouvelable
- Engager la discussion sur les limites à l’usage de l’IA, notamment les chatbots.
- Accélérer radicalement le passage aux véhicules tout électriques
- Diminuer l’avion au profit du train : surtaxe pour l’aérien au-delà d’un seuil d’usage par an, retour aux dessertes locales et aux trains de nuit
- Développer des outils qui permettent à chacun de connaître son empreinte carbone annuelle
- Appliquer les lois environnementales existantes et procéder à des contrôles systématiques
- Recenser et publier chaque année les actions des lobbys : transparence totale, pas de corruption
- Sanctions maximales et dissuasives pour les pollueurs et ceux qui désinforment le public
Argumentaire détaillé.
1. Mobiliser la science.
Nous voulons que les orientations stratégiques et les politiques publiques soient basées sur les travaux des scientifiques fiables et reconnus : CNRS, ENS, Musée d’histoire naturelle, INRIAE, INSERM, Haut Conseil pour le climat, the Shift Project, rapports de l’ONU, GIEC, travaux de l’université d’Exeter sur le climat, etc.
Un travail remarquable est aussi fait sur le terrain par nombre d’associations et de collectifs, dont la voix doit être reconnue et écoutée, particulièrement si les points de vue divergent. Au premier rang desquels la Convention citoyenne pour le climat, ou le projet « D’un commun accord ».
Nous ne voulons plus que les politiques publiques soient dictées par les lobbys, ou les sondages, au détriment systématique du bien public et du long terme.
2. Préserver l’eau pour tous de manière durable.
Mi-septembre 2026 en France, plus de 60 000 personnes n’ont pas accès à l’eau potable[5], les sols restent affectés par la sécheresse en profondeur, le niveau des rivières remonte à peine. 64 départements sont en crise et 23 en alerte renforcée : soit toute la France ou presque[6]. Que faire pour préserver l’eau à court, moyen et long terme ?
Partout restaurer et préserver le cycle de l’eau. De nombreuses pistes d’action sont bien identifiées et efficaces : désimperméabiliser les surfaces, protéger les zones humides, restaurer les couverts végétaux. L’agroforesterie et la plantation d’arbres en ville sont une piste, mais pas n’importe comment : planter des espèces variées, en respectant le cycle annuel et en prenant soin des jeunes plants. Or en 2026, la politique de l’Etat en prend le contre-pied[7] : artificialisation des sols et destruction des zones humides, méga-bassines inefficaces, plantations laissées mourir sur pied, pollution par les pesticides des points de captage…
Mieux gérer l’eau potable. En France, l’eau potable est utilisée par tous et pour tous types d’usages. Cela coûte cher en traitements et acheminement, et l’eau manque. La valorisation des eaux de pluie et des eaux grises est une politique très efficace, déjà en place dans les pays méditerranéens. Nous voulons un plan national d’information du public ; nous voulons aussi une obligation de collecte et de valorisation de ces eaux, notamment en ville : sur les bâtiments existants pour les eaux de pluie et dans les nouvelles constructions pour les eaux grises.
Nous appelons aussi à un changement collectif de point de vue. L’eau potable va devenir rare et donc précieuse. Il faut apprendre à l’économiser et donc donner des repères clairs : viser une consommation de 130 litres par jour et par personne par exemple, contre 150 aujourd’hui[8]. Au-delà des seuils, et pour les gros consommateurs, l’eau doit être surtaxée massivement. Cela se pratique déjà pour les déchets. Inversement un bonus pourrait être reversé à ceux qui réduisent leur consommation en dessous d’un certain seuil.
3. Décarboner est notre seul espoir.
Il n’y a pas d’adaptation possible au climat tel qu’il évolue actuellement[9] car l’effondrement des écosystèmes met en danger nos vies. Les trajectoires de référence ont déjà dépassé le scénario à +1,5 degrés Celsius et les plans d’action à six ans sont d’une efficacité marginale. La seule solution est de décarboner : vite, fort, maintenant. Si nous n’en faisons pas la priorité des 5 ans à venir, nous passerons le point de non-retour.
Pour décarboner, agir sur deux points clefs : l’IA et les transports
Les « data centers » sont une source de pollution majeure, par l’émission de CO2, la consommation massive d’eau, les polluants éternels et l’artificialisation des sols[10]. L’entraînement des modèles et plus encore les usages quotidiens de l’IA, via les « chatbots », contribuent lourdement aux émissions. L’IA peut attendre, notre survie non. Interdire la construction de nouveaux centres et mettre à l’arrêt ceux qui existent tant qu’ils ne fonctionnent pas à 100% en énergie renouvelable, sans obérer les besoins des habitants et des industries. L’Espagne agit déjà en ce sens.[11] Ouvrons le débat sur la mise en place des limites à l’usage gratuit des « chatbots » (blocage au-delà d’un certain nombre de requêtes par jour).
En matière de transport, il faut passer massivement aux véhicules 100% électriques (EV). Par exemple, via des primes conséquentes à la casse des véhicules les polluants (critère 3 et plus), conditionnées à l’achat d’EV en remplacement. Il faut aider les ménages les moins aisés qui souffrent du prix des carburants à passer à l’électrique.
Le transport aérien est un très gros émetteur de carbone. A titre de repère, un aller et retour pour une destination en Europe génère de l’ordre de 500 kg de CO2 ; pour New York près de 2 tonnes. Or l’aérien propose des tarifs très bas, et le train n’est pas compétitif. Comme pour l’eau potable, fixons des seuils de référence par an, par exemple un trajet en Europe, autour de 500 kg. Au-delà des seuils, et pour les gros consommateurs, les billets d’avion doivent être surtaxés massivement, et le produit de ces taxes fléchés vers des financement d’actions climat.
Le train pourrait être une solution et remplacer avantageusement l’avion ou la voiture sur de nombreux trajets mais ce n’est pas la voie qu’a pris la SNCF ces dernières années. Nous voulons un retour aux dessertes locales et régionales ; nous voulons une offre de billets locaux flexibles à prix fixes, comme avant. Nous voulons des trains de nuit décents et connectés avec les autres pays. Nous voulons un plan ambitieux pour le fret… Nous payons double pour la SNCF, comme contribuables et comme clients, et le service fourni ne contribue pas au bien public.
Décarboner ne pourra se faire sans que tous contribuent. En 2026 on estime que les Français émettent en moyenne plus de 9 tonnes de CO2 par an et par personne[12]. Les objectifs de l’accord de Paris publié à l’issue de la COP 21 _viser moins de 2 tonnes de CO2 émis par personne et par an _ sont peu connus et surtout personne en sait vraiment combien il ou elle émet. Pour diminuer drastiquement nos émissions, il faut savoir où agir. Chiffrer systématiquement une estimation de l’empreinte carbone de tous nos usages et tous les achats et les afficher sur les tickets et les relevés devrait être la norme et non une option[13].
4. Transparence et responsabilité
Les actions à mener pour préserver nos écosystèmes et l’avenir de nos enfants sont connues depuis longtemps. Elles se heurtent à la désinformation du public[14] et à la corruption depuis des années. De nombreuses lois porteuses de progrès ne sont pas appliquées, faute de contrôle. Rien de ce que nous voulons ne peut aboutir dans un système gangrené par l’opacité et l’impunité.
Nous voulons une transparence totale sur l’action des lobbys, particulièrement ceux des énergies fossiles, de l’automobile et des agro-industries. Nous exigeons un décompte annuel et rendu public des subventions, dons et transferts versés par ces lobbys aux partis politiques, aux élus et aux décideurs locaux. Nous exigeons aussi un décompte du nombre d’auditions et de communications (courriels, rencontres) avec les pouvoirs en place.
Les mensonges et les fausses informations diffusés sciemment par des responsables, élus, industriels et médias doivent être punis de manière dissuasive, sur le plan financier et juridique. Les élus dont il est avéré qu’ils mentent sur les enjeux climatiques, environnementaux et de santé devraient être désavoués par leurs partis et destitués de leur mandat immédiatement.
Le délit d’écocide en droit français est aujourd’hui une coquille vide[15]: il faut le revoir pour le rendre applicable et conforme aux directives européennes.
Enfin le contrôle est largement déficient : nous voulons des inspections systématiques des entreprises polluantes et des procédures accélérées pour les sanctions. Nous voulons des audits indépendants sur la mise en œuvre des politiques publiques et l’application des lois, qui soient publiés tous les ans.
Nous attendons des candidats à la présidentielle, mais aussi de tous les responsables du pays, qu’ils s’engagent clairement sur ces enjeux cruciaux de préservation de notre avenir et de justice sociale. Seule une mobilisation massive et collective, des citoyens, des entreprises et des élus, sur des bases saines, nous permettra d’être à la hauteur des enjeux. Cesser la fuite en avant insensée qui nous est donnée comme seul horizon, et aller vers ce qui compte : prendre soin de la terre, de l’eau et des vivants, c’est le seul moyen de prendre soin de nous et de nos enfants. Des solutions concrètes et des points de bascule positifs[16] sont connus. Nous pouvons tous agir. Nous demandons mieux des pouvoirs publics et exigeons des comptes.
[1] https://www.cnews.fr/france/2026-09-16/canicules-pres-de-8000-morts-en-exces-depuis-fin-mai-en-france-selon-un-nouveau
[2] https://www.courrierinternational.com/article/climat-au-moins-35-000-morts-en-exces-en-europe-pendant-les-canicules-de-2026_263419
[3] https://www.un.org/en/climatechange
[4] https://assets.publishing.service.gov.uk/media/696e0eae719d837d69afc7de/National_security_assessment_-_global_biodiversity_loss__ecosystem_collapse_and_national_security.pdf
[5] https://www.lemonde.fr/planete/article/2026/09/09/secheresse-64-000-personnes-restent-privees-d-eau-du-robinet-en-france-metropolitaine_6768929_3244.html
[6] Cf cartes et données de VigieEau au 16 septembre 2026.
[7] La loi Duplomb puis la loi d’urgence agricole de 2026 visent à maximiser les profits d’une poignée d’entreprises, au prix de notre santé et à l’environnement.
[8] https://www.notre-environnement.gouv.fr/themes/societe/le-mode-de-vie-des-menages-ressources/article/quelle-est-la-consommation-des-menages-en-eau-potable
[9] https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/l-invite-d-un-jour-dans-le-monde/l-invite-d-un-jour-dans-le-monde-du-jeudi-19-juin-2025-4836655; https://www.rechauffement-climatique.com/pcaet-decret-2026-tracc-obligations-communes-adaptation/
[10] https://news.un.org/en/story/2026/06/1167658
[11] https://www.usine-digitale.fr/informatique/data-centers/data-centers-face-a-lafflux-de-demandes-lespagne-veut-conditionner-lacces-au-reseau-electrique-a-des-criteres-de-souverainete-numerique.J7ZFXSGZ6FEK3F52JI6QYNWVX4.html
[12] https://empreinte-carbone.org/empreinte-carbone-dun-francais-donnees-et-pistes-daction/ https://www.hautconseilclimat.fr/publications/dangers-climatiques-la-france-face-a-ses-responsabilites/
[13] BNP Paribas propose déjà cette fonctionnalité : https://mabanque.bnpparibas/fr/vos-besoins/vos-projets/transition-energetique-et-ecologique/empreinte-carbone; Voir aussi l’application Greenly, disponible pour les entreprises.
[14] Sur l’ampleur de la désinformation, voir https://vert.eco/chaleurs-actuelles/canicules-relativisees-et-debats-sur-la-climatisation-452-cas-de-mesinformation-climatique-a-la-tele-et-a-la-radio-entre-janvier-et-juin/?utm_source=firefox-newtab-fr-fr
[15]
https://www.sciences-et-democratie.net/expertise-et-decision/justice-et-expertise-33533-ecocide-transposition-directive-europeenne-france
[16] Voir les travaux de Tim Lenton, Positive Tipping Points, Oxford University Press, 2025.
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Pétition lancée le 21 septembre 2026