Neuigkeit zur PetitionNous voulons savoir qui est celui qui a cassé à la masse les vitres de l'hôpital Necker !Confidence ou bobard ?

Bernard ADRIANCOMMERCY, Frankreich
25.06.2016
Cette conversation eut lieu deux mois environ après le sommet de l'OTAN du 4 avril 2009 à Strasbourg.
Mon interlocuteur avait terminé depuis plusieurs années un contrat long dans la Marine Nationale. Il n'avait pas eu d'autre emploi et survivait apparemment avec ce qu'on appelle un "minimum social".
Pourtant il semblait avoir le moral. Il était dans la force de l'âge, ne semblait pas souffrir de séquelles d'accident ou de combats comme c'est parfois le cas pour d'anciens militaires. Il paraissait tranquille, bien dans sa peau.
J''aime écouter les gens. Particulièrement ceux que je rencontre pour la première fois. Savoir ce qu'ils pensent, comment ils vivent. Comprendre ce qui les motive. On est très souvent surpris, y compris par des personnes qui ne paraissaient pas sympathiques au premier abord.
Alors que nous parlions en tête-à-tête depuis une bonne demi-heure, intrigué par la situation de mon interlocuteur, et pour essayer d'en savoir plus je lui demande "Ca ne doit pas être facile de vivre avec 450 euros par mois ?"
Il me répond tranquillement. "Je ne vais pas vous mentir. Je rends des service à droite à gauche, je travaille au noir, comme on dit. Un peu de mécanique, un peu de bâtiment, même en cuisine, je sais un peu tout faire. Mais jamais pour une longue durée. Et puis de temps en temps on m'appelle pour faire le black-block dans les manifs. Le 4 avril j'étais à Strasbourg".
Surpris par ce que venait de me dire cet homme que je rencontrais pour la première fois et qui ne savait rien de moi en dehors de mon apparence débonnaire et souriante, je tentais un "Ah bon ?" en espérant en savoir plus. Mais visiblement il pensait en avoir assez dit sur le sujet. C'est pourquoi je n'ai pas insisté.
Nous avons terminé la conversation sur la même tonalité : à la fois simple et détendue, sans autre enjeu que celui de discuter avec un inconnu qu'on ne reverra pas.
Quel rapport avec les vitrines de l'hôpital Necker, pensez-vous peut-être ?
Quand, au milieu des autres manifestants, je suis passé devant l'hôpital, j'ai été frappé par l'alignement régulier des impacts dans les vitrines. J'ai pensé immédiatement que c'était une seule personne qui avait fait ça en frappant de toutes ses forces le milieu de chacune des vitrines de sa hauteur pour une efficacité maximale.
La vidéo diffusée en direct sur Périscope puis rediffusée dans les jours qui ont suivi a montré que c'était effectivement un "ninja solitaire" qui avait fait le coup avec une efficacité et une rapidité d'exécution impressionnantes.
C'est alors que je me suis souvenu de mon sympathique interlocuteur de 2009. Non pas que je l'accuse de quoi que ce soit. Il a, comme moi, pris sept ans de plus depuis notre conversation. Et ce genre de sport n'est peut-être plus de son âge. Le ninja qu'on voit sur la vidéo exécute l'action si rapidement que je l'imagine plus proche des trente ans que de la cinquantaine.
Et après tout, mon interlocuteur de 2009 m'a peut-être tout simplement raconté un bobard. N'empêche : même carrure, même taille, le ninja de l'hôpital Necker aurait pu être son petit frère.
Que des policiers en civil infiltrent les groupes violents pour repérer les auteurs d'exaction, on peut le comprendre. Personne d'ailleurs ne le conteste. Malgré le sketch de Coluche, il est probablement beaucoup plus rare qu'un fonctionnaire de police franchisse la ligne jaune en service commandé. L'emploi d'un intermittent me semble bien plus probable pour ce type de mission ponctuelle et très ciblée. Surtout s'il est choisi dans les milieux hostiles aux manifestants, ce qui lui permet de joindre l'utile (la rémunération) et l'agréable (le bon tour joué aux syndicats).
Bien à vous
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B. Adrian
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