Atualização do abaixo-assinadoNON A LA SUPPRESSION DU SERVICE AUTO/TRAIN !Maintien du Service AUTO/TRAIN dans le grand sud-ouest et la région Rhône/Alpes
Colette Sarah AZNAREZAnglet, França
3 de out. de 2018

Copie de la lettre envoyée par M. le Président de l' Association AUTAUT (Association des Usagers du Transport Auto/Train)

à

Monsieur Emmanuel MACRON
Président de la République
Palais de l’Elysée
55 rue du faubourg Saint-Honoré
75008 – PARIS

Objet : Maintien et développement du service auto/train

Paris, le 26 septembre 2018

Monsieur le Président,

Nous souhaitons attirer votre attention sur les conséquences de la fermeture par la SNCF, au 10 décembre 2017, de toutes les dessertes auto/train du sud-ouest de la France : Biarritz, Bordeaux, Brive-la-Gaillarde, Toulouse, ainsi que celles de Briançon, Lyon et Narbonne, soit sept des douze relations auto/train subsistantes sur les environ cinquante d’il y a dix ans. En outre, les dessertes maintenues se voient appliquer de sérieuses réductions de service : diminution des capacités de transport, rétrécissement des plages horaires de dépose/récupération des véhicules, amoindrissement des fréquences.

Or, le service auto/train présente au moins deux qualités :

- Tout d’abord, il s’inscrit dans la modernité en tant que solution de mobilité beaucoup moins polluante pour l’environnement que le transport routier, répondant en cela aux exigences de l’Accord de Paris ; ce sont donc quelques dizaines de milliers de véhicules (automobiles, motos etc…) qui viennent accroître la circulation et ses retombées négatives tant en termes de pollution, que de dépense énergétique et de potentiels accidents de la route.

- Ensuite,  ce service répond aux besoins de catégories de la population de plus en plus nombreuses : personnes âgées, handicapées, familles avec enfants petits, motards, utilisateurs de scooters, vacanciers des pays nordiques… Des lettres de personnes âgées nous indiquent en particulier leur désarroi et leur mécontentement devant cette limitation de leurs possibilités de se déplacer, notamment pour séjourner auprès de leur famille. Ces réactions de mécontentement se sont exprimées sur l’espace Questions/Réponses SNCF et l’une de nos adhérentes a lancé une pétition sur internet qui, sans grande publicité,  a recueilli à ce jour plus de 1800 signatures.

La solution alternative proposée de transport des voitures sur route, soit par camion, soit par chauffeur particulier ou professionnel, n’est pas satisfaisante, ni par les délais qu’elle impose, ni par la confiance que l’on peut avoir dans des chauffeurs inconnus, ni par l’obligation en ce cas de faire rouler sa voiture, ni par le prix proposé. De plus, elle n’est pas écologique, c’est le moins que l’on puisse dire. La solution de prendre le train et de louer une voiture à l’arrivée, outre son prix,  n’est pas non plus pratique lorsque l’on veut emmener des bagages importants si l’on a une famille ou que l’on part pour plusieurs semaines.                                                                                                                               …/…
 Dès que nous avons eu connaissance de ces fermetures, nous avons saisi de nombreux élus, députés, sénateurs, maires, en particulier ceux des villes et départements concernés. Plusieurs ont déposé une question écrite au gouvernement. Nous nous sommes également adressés à vous même le 11 octobre 2017 ainsi qu’à Madame la Ministre Élisabeth Borne, qui nous a répondu qu’aucune décision définitive n’avait encore été prise.

Par ailleurs, nous avons eu une entrevue le 21 mars 2018 avec Monsieur Dehornoy, directeur de cabinet adjoint de Madame la Ministre Élisabeth Borne, et le 10 avril 2018 avec M. Labesse  directeur du service auto/train de la SNCF et nous devons le revoir le 23 octobre prochain.  Les raisons financières qui nous ont été avancées pour justifier la fermeture de ces 7 dessertes ne nous ont pas convaincus. Nous pensons que ce service peut se développer : en effet, par exemple,  la récente amélioration de la ligne à grande vitesse Paris-Bordeaux a fait progresser sa fréquentation de plus de  de 10 %. D’autre part, l’auto/train qui est un service de fret, se voit appliquer la coûteuse tarification voyageurs pour la facturation des sillons, et inversement une tarification-fret de la TVA, plus élevée que la tarification-voyageurs lorsque l’accompagnant du véhicule ne voyage pas lui-même par le train (on parle alors de transport sec). Les calculs de coûts ne prennent pas non plus en compte les recettes induites par achats des billets des voyageurs. Une publicité plus active permettrait aussi de développer ce service, dont la fréquentation a souffert des restrictions susmentionnées  si bien que des voyageurs n’ont pu obtenir de place (en revanche, en 2017, 62 000 véhicules ont été transportés, soit 0,5 % de plus qu’en 2016, ce qui prouve qu’une progression est possible).

Les raisons techniques ne nous ont pas non plus semblé insolubles : par exemple, le train de nuit pour Briançon qui part aujourd’hui de Paris-Austerlitz et auquel on pourrait accrocher les porte-autos, pourrait partir de Paris-Bercy afin d’éviter la manœuvre pour traverser la Seine, ce qui permettrait d’ailleurs d’accrocher aussi quelques porte-autos pour Lyon. De la même manière, le train de nuit pour Latour-de-Carol pourrait assurer la desserte auto/train de  Toulouse, voire celle de Brive-la-Gaillarde.

Bref, les raisons financières, ainsi que les raisons techniques avancées ne nous paraissent pas rédhibitoires pour peu que l’on ait la volonté de développer ce moyen  de transport multimodal, moderne, respectueux de l’environnement et favorable à la sécurité routière.

Celui-ci représente en plus pour les régions desservies des retombées financières dans le domaine du tourisme, ce qui est important pour notre économie.

C’est pour toutes ces raisons, Monsieur le Président, et connaissant votre attachement à l’Accord de Paris et à ses visées écologiques, que nous sollicitons votre intervention en faveur de la préservation et du développement de l’auto-train, notamment dans le prochain plan concernant la mobilité, qui doit être adopté à la fin de ce mois d’octobre. Nous écrivons aussi en ce sens à Madame la Ministre Élisabeth Borne.

En vous remerciant par avance de l'attention que vous voudrez bien porter à cette situation, nous vous prions d’agréer, Monsieur le Président, l’expression de notre haute considération.

Le Président,
Laurent BREYTON

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