
UN CHANGEMENT DE CAP EST NECESSAIRE ET POSSIBLE
Après les orientations du Premier Ministre du 1er octobre invitant à « préserver les richesses de notre histoire, de notre patrimoine, de nos paysages, de notre biodiversité et regarder en face la réalité de nos comptes publics et de notre mode de vie sur l’environnement », les délégations du Réseau Energies Terre & Mer sur le territoire français vous informent des recommandations établies à la suite de leur séminaire de travail du 11 octobre à Paris et dont les principales orientations ont été présentées lors de la conférence de clôture :
Quel cap pour le futur énergétique pour la France ?
Depuis plusieurs décennies, les centrales éoliennes et solaires détruisent la santé, le cadre de vie des Français, les paysages, leur patrimoine, la biodiversité… Elles engendrent des déséquilibres territoriaux majeurs en France: leurs impacts sont les plus négatifs de toutes les solutions énergétiques.
Tout d’abord, la poursuite du développement des centrales éoliennes et solaires est inutile en France car l’électricité y est surabondante et déjà décarbonée à 98%.
L’arrêt du programme envisagé pour ces énergies dans la Stratégie Française pour l’Energie et le Climat (SFEC) mise en consultation publique le 22 novembre 2023 n’aurait donc aucun impact sur la sécurité d’approvisionnement électrique et la trajectoire de décarbonation de la France.
Enfin ces centrales sont dommageables pour le réseau français car les centrales éoliennes et solaires, en raison de leur variabilité subie et leur dépendance aux évènements météorologiques, déséquilibrent le système énergétique qui s’appuie depuis des décennies en France sur les énergies nucléaires et hydrauliques, produisant de façon permanente et régulière, et surtout pilotables par les producteurs et opérateurs du réseau.
L’arrêt de leur développement est une urgence technique pour protéger le réseau de transport français et éviter le « black-out ». Leur arrêt stoppera les errements du marché de l’électricité, pollué par ces énergies, handicapant la France par rapport à nos voisins en raison de sa position exportatrice tous les jours de l’année !
Face aux risques structurels révélés aujourd’hui de ces énergies un changement majeur de cap est vital pour :
a) Protéger le consommateur et l’industrie française de l’augmentation inéluctable de la CSPE et du TURPE qu’entrainerait la poursuite du développement des Energies renouvelables électriques variables et non commandables ;
b) Stopper la dérive associée des dépenses publiques en finançant de façon indue des promoteurs qui ne contribuent pas à une réelle transition énergétique du pays ;
c) Protéger le réseau de transport d’électricité RTE des risques de l’intermittence et de l’impossibilité constatée de créer des flexibilités réalistes et nécessaires au niveau du réseau français comme européen ;
d) Stopper l’atteinte aux différents patrimoines nationaux et au cadre de vie de millions de Français ;
En conséquence de ce diagnostic, nous proposons :
1. L’arrêt immédiat du développement des énergies renouvelables variables et non commandables (EnRi éolien en mer, éolien terrestre, solaire agrivoltaïque et au sol), notamment l’arrêt des appels d’offre annoncés le 31 juillet 2024 ;
2. L’obligation pour les opérateurs d’installations existantes de mettre en œuvre les dispositifs de stockage et/ou d’autoconsommation locale et collective en élargissant le périmètre actuel de 2 km afin qu’ils soient directement responsables, en particulier pour le solaire, de gérer eux-mêmes la flexibilité nécessaire au fonctionnement de leurs installations de production sans impacter le réseau RTE;
3. De stopper les réflexions irréalistes et inopérantes sur les décalages de consommations ;
4. De renégocier, au titre de l’intérêt public majeur, les contrats signés avec la CRE en imposant un effacement dès que le prix « spot » descend en-dessous du prix de revient nécessaire à l’investissement des installations permanentes, comme c’est le cas chez certains de nos voisins européens ;
5. De concentrer les budgets de la mission « Energie/Climat » vers les objectifs suivants :
- Décarbonation directe des usages les plus carbonés (chaleur et mobilités) à travers un soutien aux énergies thermiques renouvelables et au solaire photovoltaïque en grandes toitures exclusivement en autoconsommation collective ;
- Réduction des consommations électriques et de gaz grâce au renforcement et la standardisation de l’isolation des logements/Bâtiments publics existants (résidentiel, secondaire, tertiaire) ;
- Développement des modes collectifs de transport pour les personnes et les marchandises
Les pistes de réindustrialisation du territoire avec ces énergies renouvelables moins chères, et plus efficaces pour décarboner les usages de la chaleur (47% des usages énergétiques) et de la mobilité (31% des usages énergétiques) sont immédiates et peuvent être réparties de façon équilibrée sur tout le territoire national.
Ces énergies sont permanentes et commandables comme le nucléaire et l’hydraulique. Rapides à mettre en œuvre localement, en circuit court: géothermie de surface, pompes à chaleur, biomasse, biogaz, biocarburants, e-carburants, solaire thermique, photovoltaïque en toiture en autoconsommation collective et estimées dans 40 départements français elles peuvent représenter un productible d’ici 2050 de 500 à 600 TWh, avec une réindustrialisation et des emplois pérennes sur le sol national