

Manifeste
Le problème

Je-tu
Premier confinement en 2020. On applaudit les soignants aux fenêtres, et des inconnus leur ouvrent leur porte : tu travailles à l'hôpital, tu dois rester tout près ? Viens chez moi.
On s'est dit : et si c'était possible aussi pour celles et ceux qui fuient la violence d'un conjoint, d'un proche ? Toi, tu as décidé de partir, avec tes enfants peut-être, et tu ne sais pas où aller. Viens chez moi, je peux te loger.
Quelqu'un a dit oui. Puis quelqu'un d'autre. Ça a marché.
Devant l'urgence, on se dit « j'y vais », c'est une pulsion vitale. Les valeurs et les grands principes — il en faut — viennent après.
On
Alors on s'est organisés pour que ça puisse recommencer. Des abritantes et des abritants ouvrent leur porte. Des bénévoles organisent, accompagnent, prennent des nouvelles. Des partenaires orientent. Aucune porte ne s'ouvre seule : derrière chacune, une équipe accompagne l'accueil de bout en bout.
Cette liberté-là, on y tient et on la fête : aller où le besoin se trouve, changer de cap quand il change. On avance avec les autres, un maillon de plus là où il en manquait un.
Tout cela reste vivant. Ça s'ajuste aux visages que prend la violence, à ce que nous disent celles et ceux que nous abritons.
Et vous ?
Toi, témoin : un numéro glissé au bon moment, une porte qui s'ouvre. Ça paraît peu. Ça ne l'est jamais.
Vous qui avez une chambre vide, un logement qui attend : ça peut devenir un abri.
Vous qui croisez chaque jour des personnes en difficulté, à l'école, au guichet, au cabinet, derrière un comptoir : vous savez souvent avant nous qui a besoin d'une porte.
Employeuses, employeurs : une matinée libérée pour une salariée, un salarié qui s'engage, et c'est une porte de plus.
Élues, élus, collectivités : vous connaissez votre territoire mieux que nous. Aidez-nous à y trouver des portes.
Services de l'État, professionnel·les de l'aide aux victimes : vous portez les dispositifs, nous ajoutons des portes là où les places manquent. Travaillons côte à côte.
Journalistes : racontez-le.
Peu importe d'où vous venez. Si vous lisez ces lignes, il y a déjà quelque chose que vous pouvez faire.
Ainsi, Nous
Nous partageons un constat : quand la violence s'installe à la maison, il faut qu'une porte s'ouvre quelque part.
Nous nous engageons, chacun, dans un abri ou à ses côtés.
Nous voulons que ce geste devienne ordinaire, partout. Nous en sommes capables : nous l'avons déjà fait.
Nous signons. Où que nous allions, nos signatures viennent avec nous.
Un abri qui sauve des vies


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Le problème

Je-tu
Premier confinement en 2020. On applaudit les soignants aux fenêtres, et des inconnus leur ouvrent leur porte : tu travailles à l'hôpital, tu dois rester tout près ? Viens chez moi.
On s'est dit : et si c'était possible aussi pour celles et ceux qui fuient la violence d'un conjoint, d'un proche ? Toi, tu as décidé de partir, avec tes enfants peut-être, et tu ne sais pas où aller. Viens chez moi, je peux te loger.
Quelqu'un a dit oui. Puis quelqu'un d'autre. Ça a marché.
Devant l'urgence, on se dit « j'y vais », c'est une pulsion vitale. Les valeurs et les grands principes — il en faut — viennent après.
On
Alors on s'est organisés pour que ça puisse recommencer. Des abritantes et des abritants ouvrent leur porte. Des bénévoles organisent, accompagnent, prennent des nouvelles. Des partenaires orientent. Aucune porte ne s'ouvre seule : derrière chacune, une équipe accompagne l'accueil de bout en bout.
Cette liberté-là, on y tient et on la fête : aller où le besoin se trouve, changer de cap quand il change. On avance avec les autres, un maillon de plus là où il en manquait un.
Tout cela reste vivant. Ça s'ajuste aux visages que prend la violence, à ce que nous disent celles et ceux que nous abritons.
Et vous ?
Toi, témoin : un numéro glissé au bon moment, une porte qui s'ouvre. Ça paraît peu. Ça ne l'est jamais.
Vous qui avez une chambre vide, un logement qui attend : ça peut devenir un abri.
Vous qui croisez chaque jour des personnes en difficulté, à l'école, au guichet, au cabinet, derrière un comptoir : vous savez souvent avant nous qui a besoin d'une porte.
Employeuses, employeurs : une matinée libérée pour une salariée, un salarié qui s'engage, et c'est une porte de plus.
Élues, élus, collectivités : vous connaissez votre territoire mieux que nous. Aidez-nous à y trouver des portes.
Services de l'État, professionnel·les de l'aide aux victimes : vous portez les dispositifs, nous ajoutons des portes là où les places manquent. Travaillons côte à côte.
Journalistes : racontez-le.
Peu importe d'où vous venez. Si vous lisez ces lignes, il y a déjà quelque chose que vous pouvez faire.
Ainsi, Nous
Nous partageons un constat : quand la violence s'installe à la maison, il faut qu'une porte s'ouvre quelque part.
Nous nous engageons, chacun, dans un abri ou à ses côtés.
Nous voulons que ce geste devienne ordinaire, partout. Nous en sommes capables : nous l'avons déjà fait.
Nous signons. Où que nous allions, nos signatures viennent avec nous.
Un abri qui sauve des vies


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Pétition lancée le 9 octobre 2026