Léonie OLLAGNIERDIJON, France
Sep 20, 2016
Bonsoir à tous, une AG (ainsi qu'une grève des personnels et étudiants) a eu lieu aujourd'hui à l'Université. Il en est ressorti plusieurs choses. Notre volonté, partagée par tous, quel que soit leur statut, UFR ou syndicat, de s'unir contre les coupes budgétaires actuelles. Nous sommes tous conscients que si certains cursus sont aujourd'hui en danger, d'autres le seront demain. Les UFR les moins touchées pour le moment nous soutiennent également et nous prendrons garde à ne pas laisser la présidence de l'université nous diviser entre nous. Des représentants de l'ESPE (le centre de formation des professeurs) sont également venus nous soutenir et nous ont lu une motion qu'ils ont adoptée lors de leur propre AG, puisqu'ils sont victimes de coupes budgétaires également. Nous avons également rappelé les différentes propositions faites par les personnels enseignants afin de préserver l'enseignement tout en se soumettant aux impératifs de l'université. Propositions qui ont pour certaines été rejetées d'office (notamment nos plans pour préserver la L1 de Lettres Classiques). Il est également à noter que nos professeurs travaillent actuellement à un projet permettant de fondre les deux cursus (Lettres Modernes et Lettres Classiques) en un système de tronc commun et d'options, permettant donc à un étudiant de cette future filière Lettres de choisir toutes les options "classiques", ce qui le préparerait ensuite à un Master en Lettres Classiques et à passer les concours de l'enseignement. Cela permettrait aussi à un étudiant plutôt intéressé par les Lettres Modernes de choisir tout de même une option civilisation antique, ou latin (pour préparer l'agrégation), etc. Evidemment tout cela ne peut se préparer à la hâte à la rentrée et doit être mûrement réfléchi, mais nous devrions pouvoir proposer quelque chose de concret pour la prochaine rentrée. Bref, contrairement à ce que certains aimeraient croire et faire croire, nous ne sommes absolument pas fermés au changement ni arc-boutés sur des positions intenables. Au fur et à mesure de la mobilisation grandissante de ces derniers jours, la présidence a miraculeusement réussi à débloquer des crédits, au point que nous avons pour le moment réussi à récupérer des heures en latin et en grec. Evidemment la situation est toujours précaire, puisque tout cela n'a pas encore été voté. La mobilisation est donc plus nécessaire que jamais ! Quelles décisions ont été prises ? Nous continuons de nous organiser en collectif. Nous comptons occuper la Maison de l'Université (où siège le Président de l'Université) tous les midis de manière symbolique afin de rappeler que nous ne faiblissons pas et que nous ne laisserons pas le manque de bonne volonté de la présidence de l'Université nous priver de la formation à laquelle nous avons droit. Pour information, la moyenne d'heures de formations pour une licence en Europe est de 15 000 heures. Actuellement à Dijon nous proposons déjà des formations à 12 000 ou 13 000h. Et on veut encore nous en enlever ? De quelles compétences pourrons-nous nous prévaloir lorsque viendra le temps de chercher un emploi avec pareilles formations au rabais ? Pour l'Université, les étudiants, quels qu'ils soient, boursiers ou non, sont une chance, et non un coût. Sans étudiant, il n'y a pas d'Université, et il serait bon que les instances les plus hautes s'en souviennent. Avec la suppression de cursus et de filières, nous nous dirigeons peu à peu vers une université à deux vitesses où seuls les étudiants issus des classes les plus aisés auront accès aux études qu'ils souhaitent, et ce n'est pas acceptable. L'UFR Lettres va également se réunir en conseil officiel le plus rapidement possible afin d'évoquer la situation. Pour le moment, nos possibilités d'actions se résument à proposer des plans budgétaires intéressants pour tout le monde, ce que nous faisons, et continuer à nous mobiliser afin de "mettre la pression" au président de l'Université. C'est le seul moyen que nous ayons de lui faire accepter nos propositions. C'est pourquoi il ne faut ni faiblir ni croire que tout est arrangé. Certes nous avons des raisons d'espérer, mais notre sort ne sera fixé qu'à la fin du mois lorsque le nouveau budget sera voté. France 3 Bourgogne a documenté l'AG et parle de nous dans les trois premières minutes du journal de 19h d'aujourd'hui. Merci à tous de votre implication, continuez à partager notre pétition, continuez à exprimer votre soutien.
Copy link
WhatsApp
Facebook
Nextdoor
Email
X