Update petisiIn-Justice, Mamadou est-il bien au Pays des Droits de l'Homme?Affaire Mamadou : M. le Procureur d’Alençon .. «  approximations ».
Réseau Education Sans Frontières
4 Nov 2021

Un mouvement de soutien à Mamadou s’est rassemblé à deux reprises devant le palais de justice d’Alençon pour demander une audience auprès du juge des enfants.  A la fin de la manifestation, un juriste du tribunal d’Alençon est venu poliment s’enquérir de l’identité du jeune homme pour « retrouver son dossier », devant le journaliste de Ouest France.

Le lendemain, M. Le Procureur de la République indique  soudain au Journal que le jeune homme « a donné de faux documents sur son identité ». Et « ne s’est pas rendu à plusieurs convocations des policiers ». L’adolescent est alors convoqué pour s’expliquer au commissariat  où l’enquêteur apprend avec surprise qu’il possède un passeport.

Le groupe de soutien à cet adolescent  se félicite qu’enfin ce dossier intéresse quelqu’un après des mois de silence. Il regrette seulement les approximations dans les réponses apportées par M. le Procureur,  peu au courant de ce dossier…

Soutenu financièrement par des associations qui défendent les droits de l’enfant , Mamadou a obtenu des papiers parfaitement légalement auprès de l’Ambassade de Guinée à Paris : copie intégrale de son acte de naissance, passeport guinéen et la légalisation de son acte de naissance et de son jugement supplétif qui ont donc été reconnus authentiques par la Guinée… Mais pas par la police aux frontières qui se serait donc trompée? Notons que bien entendu, les factures établies pour ces documents attestent de leur authenticité. La  police ne peut pas prétendre que l’Ambassade délivrerait des faux papiers avec la mise en place de la plateforme informatisée qui permet maintenant de vérifier longuement l’authenticité avant la délivrance des passeports.  De plus,  la Cour d’Appel de Caen qui fait jurisprudence indique  dans un jugement rendu pour un autre jeune guinéen que la Guinée est plus à même de reconnaître l’authenticité des papiers qu’elle délivre, cela va en effet de soi.

Il y a visiblement erreur aussi sur les convocations qui auraient été envoyées à ce jeune sans domicile fixe depuis son entrée en France… les 2 associations qui  ont parfois reçu ses courriers n’ont jamais  eu de convocation. Bien entendu, le jeune adolescent  qui souhaitait  précisément  être entendu par un juge des enfants se serait précipité à une audience… Notons  que cet  enfant était encore un inconnu du tribunal lors de la manifestation , comment aurait-il pu être convoqué, sans nom et sans adresse?

Enfin, les considérations des « évaluateurs » du Conseil Départemental n’engagent qu’eux-mêmes quand elles portent sur  l’apparence d’un jeune qui, au demeurant n’est pas tellement grand dans son équipe de football ou dans sa classe, en comparaison avec les autres élèves. Les jeunes actuels sont plus grands qu’autrefois.

Parler « d’approximations » dans le récit d’un jeune de 15 ans qui doit raconter sa vie devant des inconnus, en quelques minutes, en français, résumer  un voyage Conakry-Alençon qui représente plus de 7000 km, à pied puis sur les canots gonflables à travers la Méditerranée, un voyage qui dure des années et dans des conditions parfois terrifiantes: cela paraît indécent.

Réseau Education Sans Frontière, soutenu maintenant par des élus et les 8500 signataires de sa pétition réitère donc simplement sa demande d’audience pour Mamadou auprès du juge des enfants et la reconnaissance  de sa minorité pour gommer les erreurs et les oublis de « ce dossier » qui est avant tout un jeune être humain  honnête et courageux.

Salin tautan
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