Acquis, reconnaissance, droits des travailleurs sociaux et résidents méprisés

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Nous, Professionnels de l'ADAPEI 72 avons besoin de votre soutien aujourd'hui !

Début décembre, la Direction Générale de l'ADAPEI de la Sarthe décide de supprimer, dans le cadre des
Négociations Annuelles Obligatoires, le peu d'acquis sociaux qu'ils nous restent. Annonces, faites à quelques jours
de Noël, en pleine crise sanitaire ! Contexte sanitaire pendant lequel, les professionnels continuent d'accompagner
au mieux, les personnes parmi les plus fragiles de notre société.

Notre Direction Générale a donc décidé de supprimer les Congés Trimestriels pour l'ensemble du secteur
adulte. Semaines de repos et de ressourcement indispensables pour les équipes. Nous ne nous « occupons » pas de
personnes en situation de handicap mais les accompagnons tout au long de leur vie pour certains et faisons face
avec eux, aux aléas que celle-ci impose. Que cela soit dans le quotidien mais aussi dans le milieu professionnel.
Nous exerçons donc avec nos corps, nos cœurs, nos cerveaux.
En «contrepartie» la Direction Générale évoque une «prime d'assiduité» dont le montant annoncé est de
600€ brut par an. MAIS dégressive à hauteur de 5 % par journée d'absence, même pour maladie. Rappelons que
nous ne bénéficions pas de « jours enfant malade », donc même en ce qui concerne nos santés et celles de nos
enfants, il n'y a aucun respect de leur part.

Une baisse significative de salaires pour une tranche des professionnels a également été décidé par la
suppression de la prime de suggestion spéciale, entendez prime d'internat. Ce qui représenterait plus d'une centaines
d'euros. Ce que nous dénonçons au regard de nos conditions de travail, et de nos salaires, soumis à la Convention
66, qui sont quasiment gelés depuis plus de 10 ans, alors qu'il faut toujours faire plus avec toujours moins de
moyens financiers et humains. Le rapport temps de travail/ compétences/ niveau d'étude/rémunération est
complètement biaisé.

La Révision des acquis concerne également une augmentation significative de l'amplitude horaires, à savoir
de 13h passer à 15h dans les structures à hébergement.
Ce qui impliquerait pour les professionnels des levers et couchers sur la même journée avec coupure pour rester
dans le cadre légal.
Est-ce vraiment prendre soin de ses équipes que de leur imposer, 15h de travail, qui même avec une
coupure seraient vécues pour certains comme une journée consécutive donc de la fatigue, de l'épuisement
professionnel. Impactant immanquablement la qualité des prises en charge.

Nous nous ne faisons pas ce travail pour l’argent mais par conviction. Pour aider les plus vulnérables à
trouver une place dans notre société, dans un esprit de justice sociale.
Mais travailler par conviction n'est pas un prétexte pour que nos dirigeants abusent de nos consciences
professionnelles.
Nous nous battons pour que la qualité de prise en charge des personnes dont nous avons la responsabilité des
projets de vie, soit respectée.
C'est également cela que nous avons en ligne de mire, le cœur de nos métiers, le bien être et le respect des
personnes. Ils ne sont pas des objets sur lesquels nous exécutons des actes à la chaîne, mais bel et bien des humains
dont le rythme et l'autonomie doivent être respecté.

Ces suppressions nous questionnent quand aux réelles intentions de nos dirigeants, de leur réel engagement
en faveur et pour le respect de la dignité des personnes que l'association accompagne.
La bientraitance n'est pas un mot sur un papier pour nous mais une conviction.

Nous travaillons dans cette association pour les valeurs portées et construites par les Familles, Proches et
Amis de personnes en situation de handicap, qui à l'époque de sa création, étaient invisibles, laissées pour compte.
Accepteraient-ils que désormais, que les personnes pour lesquelles ils se sont battus, soient considérés comme
de vulgaires chiffres d'affaires ? Et les professionnels engagés comme de la simple main d’œuvre ?

Ces grèves ont bien entendu, des répercussions sur la qualité de l’accompagnement. Des « réquisitions »
sont ordonnées par nos cadres avec l’aval de la Préfecture. Ces réquisitions sont mal considérées par les salariés, et,
parfois nous avons l’impression qu’elles sont une manière de nous priver de notre droit de grève. La Direction
Générale nous met la pression.

C'est pour cela que nous avons besoin de VOUS !
Quand les professionnels sont méprisés, les personnes accompagnées le sont également.
Notre colère, notre indignation, sont à la hauteur du mépris que la Direction Générale porte sur nous.