Lettre ouverte - Urgence pour le secteur social et médico-social – Projet de CCUE AXESS

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Le problème

LETTRE OUVERTE 

Adressée à :

Monsieur le Président de la République,
Monsieur le Premier Ministre,
Madame la Ministre du Travail, de la Santé, des Solidarités et des Familles,

Les salariés du secteur sanitaire, social et médico-social (SSMS) privé à but non lucratif, notamment ceux engagés dans les champs médico-sociaux et de la protection de l’enfance, sont aujourd’hui épuisés, déconsidérés, et confrontés à des choix politiques qui fragilisent à la fois leurs conditions de travail et la qualité du service rendu aux personnes les plus vulnérables.

Ce 15 mai, à l’occasion d’une nouvelle journée de mobilisation nationale, nous vous interpellons solennellement.

Alors que notre secteur incarne un projet de société fondé sur la solidarité, l’accompagnement des personnes en situation de handicap, la protection des enfants en danger ou encore l’inclusion sociale des plus fragiles, le projet de Convention Collective Unique Étendue (CCUE) porté par la confédération patronale AXESS prend une tournure dangereuse.

Ce projet ne répond ni à l’urgence sociale ni aux attentes des professionnels : il institutionnalise une régression sans précédent des droits sociaux et professionnels des salarié·es du secteur.

Un projet qui sacrifie les professionnels… et les usagers

Sous couvert de modernisation, AXESS propose une CCUE qui démantèle les acquis sociaux fondamentaux :

·        La fin de l’ancienneté automatique remplacée par des primes arbitraires, générant insécurité et dépendance
·        La suppression d’éléments essentiels de rémunération (majorations familiales, indemnité de sujétion spéciale
·        L’extension des durées de travail jusqu’à 48h/semaine, la réduction drastique des jours de repos, menant à l'épuisement et aux risques psychosociaux

La disparition des congés d’ancienneté et des congés trimestriels (réduits de 18/9 jours à seulement 6 jours).
Ces mesures ne sont pas des ajustements techniques. Elles constituent une attaque méthodique contre la qualité de vie au travail, contre les fondements éthiques de nos métiers, contre le respect dû aux usagers. Elles organisent l’épuisement professionnel, favorisent les risques psychosociaux, et rendent impossible un accompagnement digne et humain.

Des méthodes managériales contraires à l’éthique médico-sociale

La mise en œuvre de logiques gestionnaires à l’œuvre dans ce projet — que l’on retrouve également dans la réforme SERAFIN-PH — réduit les personnes accompagnées à des lignes budgétaires. Cette marchandisation de l’accompagnement, en contradiction avec l’éthique des professions médico-sociales, est une faute sociale et humaine. Monsieur le Président, comment pouvez-vous dénoncer le « tout T2A » à l’hôpital et laisser se déployer cette même logique déshumanisante dans notre secteur ?

Les conditions de travail sont indissociables de la qualité d’accompagnement. Il est temps de rappeler une vérité fondamentale : les conditions de travail, le progrès social, les garanties conventionnelles favorables sont les piliers de la qualité d’accompagnement. Ils sont des atouts, pas des charges. On ne peut prétendre améliorer la prise en charge des personnes vulnérables tout en paupérisant les professionnels qui les accompagnent.

L'État doit agir. L'État doit garantir. L'État doit choisir.

Ce projet est inacceptable. Il est massivement rejeté par les salariés et les organisations syndicales. Il ne peut constituer la base d’un accord majoritaire.

La CGT réaffirme son opposition totale à ce projet régressif. Nous exigeons une CCUE de haut niveau, qui permette de :

·        Garantir un salaire minimum de 2000 € bruts pour tous
·        Reconnaître véritablement les qualifications et l’expérience
·        Renforcer les conditions de travail et la protection des salarié·es

Réaffirmer la dimension éthique et humaine de nos métiers.
Le progrès social n’est pas une option. Il est une obligation pour garantir la sécurité et la qualité de vie des personnes accompagnées.

Monsieur le Président, Monsieur le Premier Ministre, Madame la Ministre : il est temps d’agir.

Il est temps de renoncer à toute logique de régression.

Il est temps de renforcer et de protéger les pratiques professionnelles par une reconnaissance conventionnelle à la hauteur des enjeux.

Il est temps de soutenir un projet de société juste et ambitieux pour celles et ceux qui, chaque jour, accompagnent les plus vulnérables.

Nous vous demandons d'intervenir fermement pour signifier que ce projet régressif ne peut aboutir et d'assurer sans délai les financements pérennes et suffisants qui seuls permettront aux partenaires sociaux de négocier une CCUE ambitieuse, au service du progrès social et de la justice.

L’avenir de centaines de milliers de salarié·es et de millions de personnes accompagnées dépend de votre choix.

Veuillez agréer, Monsieur le Président de la République, Monsieur le Premier Ministre, Madame la Ministre du Travail, de la Santé, des Solidarités et des Familles, l’expression de notre profond respect mais aussi de notre détermination sans faille.

Premiers signataires :

Gilles Aspinas, conseiller municipal de Marseille
Jérémy Bacchi, sénateur des Bouches-du-Rhône
Manuel Bompard, député des Bouches-du-Rhône
Hendrick Davy, député des Bouches-du-Rhône
Joël Dutto, conseiller général honoraire des Bouches-du-Rhône
Henri Saint-Jean, Formateur en Travail Social, ancien responsable CGT USD Santé Social 13
Christian Barbe, syndicat CGT Association JB Fouque
Florence Bedulho de Sa, syndicat CGT AMSP
Christophe Claireau, syndicat CGT ADIJH
Bernard Cresta, syndicat CGT ARAIMC
Chantal Joubert, syndicat CGT AEJ
Malika Lassami, secrétaire adjointe, USD CGT 13
Cyril Meunier, syndicat CGT IMF Marseille
Stéphane Piannetti, syndicat CGT Sauvegarde 13
Ludovic Vergnaud, syndicat CGT UNAPEI Alpes Provence/la Chrysalide
Didier Zika, syndicat CGT ARI
Union Fédérale Action Sociale CGT
Union Départementale 13 CGT

 

Syndicat CGT ARILanceur de pétition

Voix de signataires

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