La triple faute du rabbin Horvilleur, par Pierre Lurçat


Les propos de Delphine Horvilleur, prononcés sur France-Inter le 6 octobre, ont justement choqué beaucoup de ses coreligionnaires. Au-delà de la faute de goût, il y a là une faute morale et politique. Analyse.
1. Une faute de goût
En dénonçant le “tribalisme” des siens (c’est-à-dire des Juifs) et en dissertant à l’antenne de France-Inter – radio peu connue pour sa sympathie envers Israël – sur la “douleur” des Palestiniens à la veille du 7-octobre, journée de commémoration du pire pogrome antijuif depuis la Shoah, Delphine Horvilleur a démontré une fois de plus sa totale absence de tact et d’empathie pour son propre peuple.
Occupée exclusivement par la promotion de son nouveau livre, intitulé Sermons sous les décombres (titre en lui-même problématique, car de quels décombres s’agit-il?), la femme-rabbin la plus médiatisée de France n’a pas pensé un seul instant comment ses propos seraient reçus par ses coreligionnaires et par le public israélien francophone, qui a payé un lourd tribut à la sécurité d’Israël depuis le 7-Octobre.
2. Une faute morale
Au-delà de la faute de goût, ses propos sont également problématiques sur le fond. Que nous dit en effet Delphine Horvilleur ? Qu’il serait non seulement légitime, mais même normal d’éprouver de la compassion pour l’ennemi en temps de guerre et que toute autre attitude relèverait du “tribalisme”, c’est-à-dire d’une forme de pensée archaïque et dépassée. Jankélévitch, philosophe marqué par la Shoah dont il avait voulu tirer les leçons, avait écrit en 1971 ces mots éclairants :
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