Neuigkeit zur PetitionLes archives ne sont pas des stocks à réduire! Elles sont la mémoire de la nation.Promesses, réponses et perspectives de mobilisation et de dialogue
Vous avez dit "archives essentielles"?
20.03.2018
DES PROMESSES ? Plus de 9000 personnes, historiens, sociologues, archivistes, généalogistes et autres citoyens, français mais aussi de nombreux étrangers, ont signé cette pétition. La presse, les chaînes d’information et surtout les radios publiques ont couvert les débats qui s’en sont suivis, avec une partie des initiateurs de l’appel et bien d’autres. Non sans ambiguïté au début car une des clés initiales d’interprétation proposée a été d’expliquer que les historiens s’opposaient aux archivistes car ils ne connaissaient rien à leur métier. Le site de l’Association des archivistes français qui a ouvert les débats a entrepris de lister et de suivre les initiatives, a multiplié les liens pour accéder aux différentes positions et permettre de mieux connaître les enjeux. En réponse, trois initiatives ont été prises par les Archives nationales, les Archives de France et le ministère de la Culture pour expliquer, mais surtout justifier, la politique mise en œuvre : réunion du Comité des usagers des archives nationales, réunion du Conseil supérieur des Archives et enfin matinée de débats organisée au Conseil économique, social et environnemental. Présente à l’ouverture des deux dernières, la Ministre de la Culture n’a pu rester pour les discussions. Des promesses de transparence ont été faites ; la nécessité de mieux sélectionner rappelée, tout en annonçant l’ambition de lancer de nouvelles collectes et de numériser de larges fonds pour qu’ils deviennent plus accessibles aux citoyens. Enfin, pour les collectes à venir, les archives de France ont annoncé souhaiter formaliser des principes directeurs communs à tous leurs services et engager une vaste consultation au sein de leur réseau. Le 16 avril ouvrira, pour une période de deux mois, une plateforme destinée pour recueillir les propositions… DES REPONSES ? Par-delà la prise en considération explicite des inquiétudes exprimées notamment par les pétitionnaires, ne s’agirait-il pas de réponses semblables à celles qui sont largement pratiquées dans d’autres secteurs : accepter formellement le débat, mais appliquer le plus possible ce qui a été décidé à l’avance et présenté comme un simple projet ? Plus précisément, qu’a-t-il été répondu ? Sur la destruction des fonds archivés à Fontainebleau ? On nous a rappelé que ce centre était à l’origine un centre de pré-archivage, que de nombreux fonds n’y avaient donc pas été classés et que, pour certains, ils avaient vocation à être éliminés. Des inventaires de « cotes réservées » sont ainsi actuellement retirés. Sur les fonds réévalués ? La promesse de tenir publique la liste des documents éliminés dans le cadre de ce travail ordinaire des archivistes a été faite. Il est indispensable qu’elle soit tenue. Au-delà, le contrôle scientifique sous lequel sont réalisées ces éliminations devrait pouvoir associer en amont des usagers des archives. Or, jusqu’à ce jour, les éliminations continuent, sans concertation ni consultation de chercheurs habitués des documents. Ainsi, l’annonce de la réévaluation des fiches anonymes de déclaration d’interruption de grossesse de 1975 à 1992, jugées d’un intérêt « relatif » par la direction des Archives nationales, a ému plusieurs chercheurs et chercheuses : une décision de destruction ne mériterait-elle pas qu’on discute de sur ce caractère relatif avec ceux et celles qui ont l’habitude de consulter ces documents ? DES PERSPECTIVES DE MOBILISATION ET DE DIALOGUE On peut se féliciter que la tentative d’opposer deux corporations, historiens et archivistes, ait tourné court ; des rapprochements ont au contraire eu lieu. Des initiatives sont prises pour faciliter à l’avenir les rencontres publiques. Une association « Pour des archives citoyennes » se propose d’offrir un cadre pérenne à ces échanges et d’incarner une veille citoyenne à l’instar de ce qui a été fait lors de l’élimination intégrale des déclarations de dépôt légal des imprimeurs. Les historiens, qui ne bénéficient pas de relais aussi structurés que les archivistes français ou les généalogistes, sont invités à s’y investir. Aujourd’hui, la poursuite de cette mobilisation, dont l’enjeu n’est rien de moins que l’avenir de l’histoire dans ce pays, passe par trois nécessités : VEILLER A LA CONSTRUCTION RAPIDE DE L’EXTENSION A PIERREFITTE-SUR-SEINE, faute de quoi de nouvelles restrictions dans la collecte seront nécessaires et les destructions d’archives existantes inévitables, au-delà du travail ordinaire de réévaluation des fonds en pré-archivage. RENFORCER LE DIALOGUE ENTRE LES PRODUCTEURS, LES PERSONNELS ET LES USAGERS des archives afin de rendre effectif et de qualité égale sur tout le territoire le service public des archives de France dont la tâche est de collecter et conserver les traces des actions de l’Etat pour les documenter à l’avenir. MAINTENIR UNE VEILLE CITOYENNE EN REFUSANT LA PRIORITE DONNEE A DES IMPERATIFS PUREMENT COMPTABLES ET TECHNOCRATIQUES DANS LA GESTION DE CE SERVICE PUBLIC. Comme fin mars au Sénat, les archives sont régulièrement l’objet de débats. Il nous appartient à tous, au niveau départemental comme au niveau national, de les suivre et, si besoin, d’écrire à ceux et celles qui représentent la nation.
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