LE RACISME NE SE DÉBAT PAS, IL SE COMBAT. Pour un cordon sanitaire médiatique.

2 507

Le problème

“Trappes est une république islamique en miniature” (Jordan Bardella, C8, février 2022)

“Il y a énormément de Noirs [...] le langage absolument abominable qui est le produit d’une colonisation arabo-musulmane” (Éric Zemmour, BFM TV, octobre 2026)

“Il ne faut pas avoir peur d’être traité d’islamophobe” (Marine Le Pen, BFM TV, 2020)

Le 23 octobre 2026, un homme a commis à Trappes la première tentative de tuerie de masse raciste dans notre pays. Il a tué un homme, Pengo Bossio Wangi, et blessé cinq autres personnes dont une enfant de 12 ans.

Ce crime n’est pas le fait d’un individu isolé. Il est le produit d’une idéologie de haine banalisée, répétée sans contradiction sur les plateaux, année après année, par des personnalités dont certaines ont été condamnées pour incitation à la haine raciale. Quand des élu·es du Rassemblement National peuvent affirmer en toute impunité que Trappes serait “une république islamique en miniature”, ils arment le bras de ceux qui pourraient passer à l’acte et leur désignent des cibles.

La responsabilité ne s’arrête pas à l’extrême droite. Elle incombe à toutes celles et ceux qui, par calcul politique ou faillite morale, ont repris ses thèmes et ses termes, ont légitimé son idéologie. Elle s’étend aussi à un système médiatique gangréné par les intérêts de quelques milliardaires réactionnaires qui ont repoussé sans relâche les limites du dicible jusqu’à transformer l’appel à la haine en objet de débat. C’est une trahison de l’exigence d’information inhérente à notre démocratie.

La liberté d’expression ne saurait être détournée pour répandre la haine et la violence. Nous ne discutons pas de l’existence du grand remplacement. Nous n’offrons pas de tribune à ceux qui nient la Shoah. Le racisme ne se débat pas : il se combat. A Trappes, cette idéologie a tué. Elle avait déjà fait des victimes à Christchurch, à La Grand Combe, à Puget-sur-Argens, et dans tant d'autres endroits. L’heure est au sursaut collectif.

Nous exigeons l’interdiction d’antenne pour toute personne condamnée pour incitation à la haine et appelons l’ensemble des journalistes et éditorialistes à refuser, collectivement et sans attendre, de continuer à offrir une tribune à celles et ceux qui théorisent la discrimination de millions de nos semblables. 

Il est temps de choisir le camp de la République contre celui du racisme. Un cordon sanitaire médiatique contre l’extrême droite doit être mis en place.  

Message aux signataires