Petition updatePréservons le site grec antique du boulevard de la Corderie à Marseille (France)Le puits n'a pas eu le temps de livrer ses secrets

Jean-Noël BEVERINIFrance
Jun 18, 2017
Chères et chers amis,
Ce dimanche 18 juin, le site grec antique de la Corderie est passé dans la main de l’aménageur, les clefs symboliques lui étant remises.
Cette date du 18 juin est aussi symbolique. Il y a 77 ans un appel historique invitait à résister, toujours, jusqu’à la Victoire suprême. Je vous informe d’une demande que j’ai l’honneur de présenter au Préfet de région, préfet des Bouches-du-Rhône. Si, ce 18 juin, le chantier de fouilles archéologiques préventives est administrativement arrivé à son terme, cette échéance administrative, arrêtée avant les découvertes majeures effectuées, ne correspond plus à «la réalité actuelle du terrain».
Le site sur le périmètre fixé est, en effet, loin d’avoir été entièrement fouillé dans le délai imparti. Un bon artisan aime terminer son œuvre. Un bon marin tient à boucler sa navigation. Or, le travail des archéologues de l’INRAP est loin d’être terminé. Je ne prendrai qu’un seul exemple :
Le puits d’époque hellénistique
Situé près des colonnes encore enchâssées, il n’a pas pu être fouillé. Son étude a juste été entamée par excavation manuelle au seau de chantier. Il n’a pas livré son histoire. Notre Histoire. Il n’est pas concevable, au regard de la simple raison et du bon sens, que la fouille exhaustive de cette découverte majeure du site ne soit pas poursuivie jusqu’à son fond, jusqu’à son terme..
Le Jardin des Vestiges était, lui aussi, sur le point d ‘être rayé de la carte de Marseille. Son puits à offrandes grec a été enseveli avant même d’être entièrement fouillé. Allons-nous reconduire nos erreurs ? Nos fautes archéologiques contre l’esprit ? Si l’erreur est humaine … « perseverare diabolicum ». Le défunt puits grec à offrandes du Jardin des Vestiges dans lequel les marins jetaient des fleurs avant de prendre la mer, pour s’assurer une navigation heureuse, est aujourd’hui sous le béton.`
En sera t-il de même du puits du site grec de la Corderie ? Je n’ose même plus parler de « carrière » car ce site était une zone extraordinaire de vie. Le puits en est le signe évident. Arrêtons donc de parler de carrière, la carrière n’est que la partie visible, à ce jour, de « l’iceberg grec antique ». Si la Bourse a été sacrifiée, ne sacrifions pas la Corderie. Sachons enfin conserver comme l’Italie du Sud ou la Grèce.
Aussi, une demande de prolongation ou de renouvellement de fouilles archéologiques préventives est-elle adressée au préfet. Ce site unique a parlé, magnifiquement. Il parle et continuera à parler. L’honneur conduit à ne pas le bâillonner. L’honneur, comme la liberté du Savoir et de la Culture. Laissons le site s’exprimer.
Ainsi, monsieur le préfet, nous vous prions de décider sans délai la poursuite de cette étude et des fouilles archéologiques préventives.
Jean Noël Beverini
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