27.07.2018
Voici comment Isabelle Alonso, humaniste, altruiste, généreuse, sincère, objective, impartiale, bref une bien belle personne, décrit la vie des hommes dans les sociétés hautement civilisées.
« Être avec un mec ! Imaginez ! C'est tout cocon ! 100 % coton androphile ! À part quelques contraintes, genre pas le droit de pleurer et avoir l'air fort, c'est la vie platinée ! Tout le système aménagé pour leur plaisir et leur sensibilité ! Une échelle de valeurs comme un costume sur mesure, qui leur donne raison, flatte leur ego et valorise leur caractère ! L'homme est le destinataire de tout discours." (Vous noterez l'usage peu parcimonieux du point d'exclamation). Isabelle Alonso, Propos sur les hommes.
Bien entendu ce qu'écrit Isabelle Alonso, est excessif. Il n'est pas vrai que la vie de tous les hommes soit "platinée". Elle l'est sans doute pour certains, pour une minorité, pour une élite du pouvoir et de l'argent, mais elle ne l'est certainement pas pour tous. On peut songer, par exemple, aux morts de la rue dont nous avons déjà parlé dans une mise à jour précédente de cette pétition. Le collectif les morts de la rue a annoncé pour l'année 2017 512 morts de la rue, dont une immense majorité sont des hommes (peut-être 80 % d'hommes, voire plus). Il suffit de se promener dans les rues de nos grandes villes, par exemple Paris, pour constater que l'immense majorité des personnes qui dorment sur le trottoir sont des hommes.
Si nous songeons maintenant aux migrants, dont un certain nombre meurent noyés en traversant la Méditerranée ou mènent une existence misérable dans notre pays, beaucoup également (la majorité) sont des hommes.
Si nous considérons la population carcérale, nous constaterons qu'elle est à peu près exclusivement masculine (96 % d'hommes, 4 % de femmes). Si nous considérons les accidents mortels du travail, noua constaterons là encore que dans l'immense majorité des cas (94,6 %), ce sont les hommes qui en sont victimes.
Ce qu'affirme Isabelle Alonso, humaniste, altruiste, généreuse, sincère, objective, impartiale et fort imbue d'elle-même, est non seulement caricatural mais profondément erroné. Et cependant, contrairement à ce que l'on pourrait croire, cette manière malhonnête, partiale et cynique de décrire la condition masculine dans les sociétés civilisées ne porte nullement préjudice aux thèses kaporalistes. En effet, le dogme ayant été imposé, tous les faits contraires au dogme sont stigmatisés comme des faits non significatifs, sans pertinence. Une population carcérale à peu près exclusivement masculine ? Les hommes n'ont à s'en prendre qu'à eux-mêmes. Les femmes respectent les lois, ils n'ont qu'à faire de même. Ainsi, chaque objection au dogme kaporaliste est rejetée comme non significative. Elle ne prouve rien, elle ne démontre rien. Elle ne remet pas en cause la validité du dogme. Ce qui importe ce n'est pas que le dogme soit réaliste, c'est qu'il soit maintenu ne varietur.
Je vous laisse imaginer le discours kaporaliste si la population carcérale était à peu près exclusivement féminine. Plus question, alors, de dire que c'est bien fait pour les femmes, qu'elles n'avaient qu'à respecter les lois. Les lois deviendraient des lois "faites sur mesure pour les hommes" (je pense que l'impartiale, l'objective, l'humaniste Isabelle Alonso imaginerait une formule imagée du genre : "un costume sur mesure qui donne raison aux hommes"). La population carcérale à peu près exclusivement féminine deviendrait une preuve absolue et irréfutable de l'oppression des femmes par le pouvoir mâle. Ah ! ces hommes, quels salauds.
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