"Je n'ai pas tué mon père". Euthanasie : en finir avec l'hypocrisie.

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  • En Juin 2015, mon Père est décédé à mes cotés et, comme bon nombre d’autres Français, dans des conditions de souffrances humainement inacceptables (cf. « Je n’ai pas tué mon père » aux éditions du Cherche Midi).
    Les instants déchirants qui ont précédé sa mort m’ont ouvert les yeux sur le « mal mourir » en France. Le constat est édifiant.

Le Comité Consultatif National d’Ethique dénonce cette « situation d’abandon d’une immense majorité des personnes en fin de vie », délaissées dans des conditions « insupportables ». Il relève que plus des deux tiers des infirmiers considèrent les conditions de fin de vie des personnes qu’ils soignent comme inacceptables pour eux mêmes. Il conclut, qu’en France, la mort est moins à craindre que le « lent mourir » trop souvent inévitable.
Pourtant, il y a une trentaine d’années, mes grands-parents nous avaient quitté eux aussi mais sans conscience et sans souffrance, aidés par l’administration d’une dose de morphine plus forte que les autres.
Entretemps notre législateur (loi Léonetti de 2005) était passé par là nous faisant faire… un grand bond en arrière ! En interdisant, par sa pénalisation, l’injection de morphine qui accélérait le départ de nos mourants, il a obligé ces derniers à supporter toutes les souffrances et jusqu’à l’ultime. Il les a condamnés à errer dans le labyrinthe des douleurs et leur gamme de torture est infinie. En supprimant cette once de liberté, notre liberté, le législateur s’est introduit jusque dans nos chambres, à l’heure de notre mort. Inacceptable, injustifiable.


La loi Leonetti/Claeys : l’hypocrisie dans toute sa splendeur.  

Sous l’impulsion du président Hollande, notre législateur nous a « pondu », le 2 février 2016, une nouvelle loi sur la fin de vie, la troisième en moins de 15 ans. Une loi scélérate dont les français ignorent tout, même jusqu’à son existence (plus de 90 % n’en n’ont jamais entendu parler !). Sous cette législation lorsque vous atteignez le bout de vous-même, et que l’horreur de vos souffrances inutiles vous contraint finalement à demander grâce, on vous propose de vous mettre en sédation (coma artificiel). Cela peut sembler à priori une solution acceptable. Mais pour y avoir droit il faut, et entre autres, que vos douleurs soient « inapaisables ». Vous êtes le mourant et pourtant c’est le médecin qui sera juge de ce point et en l’absence d’une échelle de Richter de la douleur, il conviendra que vos hurlements soient... convaincants ! De surcroit, ce caractère « inapaisable » s’apprécie également au regard de l’ensemble des traitements disponibles et l’arsenal de molécules à tester pour s’en assurer est vaste. Ainsi, il est fort probable que votre calvaire durera bien plus de temps que vous ne l’auriez souhaité.
 
Bien pire encore, si l’on vous octroie finalement le droit à cette sédation, priez alors, avant de perdre conscience, pour que la mort vous emporte rapidement. En effet, à défaut, on arrêtera votre hydratation et votre alimentation artificielle et c’est sous le regard effaré de vos proches que votre visage disparaitra progressivement. Sous l’effet de la déshydratation vos yeux s’enfonceront dans vos orbites, les ailes de votre nez se pinceront, vos lèvres se gerceront, votre langue triplera de volume et votre peau se desquamera telle celle d’un lépreux. Votre famille assistera, des jours durant, à cette télé-réalité de très mauvais goût imposé par notre législateur.
Cette loi, c’est le bal des faux culs. On ne vous euthanasie pas mais on vous tue lentement en vous assoiffant, en vous desséchant. Quelle hypocrisie, quelle cruauté.
Ensemble nous pouvons mettre fin aux errances de ce législateur empêtré dans ses croyances personnelles ou ses calculs politiques et retrouver la dignité de nos derniers instants. Ensemble nous pouvons reconquérir la première de nos libertés, celle de choisir notre mort. En légalisant l’euthanasie ou le suicide assisté, ce que souhaite plus de 90 % des français, nous ne l’imposerons à personne mais donnerons à tous la liberté fondamentale de disposer de soi-même.
Finalement, à l’instar de ce qu’il se passe dans les pays qui ont légalisé l’euthanasie, peu de français y aurons recours mais tous seront rassurés de savoir que la solution est là. Lorsque vous êtes dans un tunnel de souffrances, en route vers l’inconnu, quel soulagement de ne pas être condamné à passer par toutes les circonvolutions de ce chemin bien souvent tortueux. Ce sera un réconfort incommensurable de savoir que vous pourrez, si nécessaire, stopper cette machine infernale et avoir le dernier mot. Ce dernier mot, c’est celui qui condamne la maladie et consacre la volonté de celui qui a vécu.


Ensemble agissons et ne laissons à personne le soin de nous dicter les conditions de notre mort. Seul je ne suis qu’un individu, ensemble nous sommes le peuple souverain.



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