COVID-19 et détresse financière des psychologues libéraux

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Paris, le 26 mars 2020,

Objet : COVID-19 et détresse financière des psychologues libéraux

Monsieur le Président de la République,
Monsieur le Premier Ministre,
Monsieur le Ministre de la Santé,
Mesdames et Messieurs les directeurs des ARS,
Mesdames et Messieurs les co-présidents de la Fédération Française des Psychologues et de la Psychologie (FFPP),
Mesdames et Messieurs les présidents du Syndicat National des Psychologues (SNP),
Mesdames et Messieurs les directeurs de l’URSSAF,
Mesdames et Messieurs les représentants de nos compagnies d’assurances,

Par la présente, nous tenions à vous faire part de nos plus vives inquiétudes face à la situation financière dans laquelle nous les psychologues libéraux, nous trouvons depuis le confinement demandé par l’État pour éviter la propagation du COVID-19 sur notre territoire.

La situation sanitaire actuelle a fait que depuis le lundi 16 mars 2020, nous avons fermé nos cabinets suite aux mesures prises par le gouvernement. Nous avons fait acte de responsabilité citoyenne, bien que à ce jour nous ne soyons pas sur la liste des établissements concernés.

Dans le domaine de la psychologie, il existe de nombreuses spécialités différentes. Certaines permettent la mise en place du télétravail alors que la majorité, pas du tout. De ce fait, dès le 16 mars, une bonne partie d’entre nous, s’est retrouvée confinée, sans pouvoir pratiquer leur métier, ou alors, en limitant considérablement leur activité. Ainsi, l’adaptation de notre travail et la fermeture des cabinets a engendré de nombreuses conséquences, à la fois sur le suivi de nos patients mais également sur notre revenu.

Par ailleurs, nous, psychologues, ne faisons partie ni du personnel soignant médical, ni du paramédical et cette place ambiguë nous amène à être mis de côté et ne nous permet pas de bénéficier des aides et des compensations financières dont nous avons besoin.

Cependant, cela fait une semaine que nous entendons les mesures que le gouvernement met en place pour les salariés mais aucune réelle annonce nous concernant. Tous les psychologues sont donc très inquiets et attendent des réponses de la part du gouvernement. Nos assurances, sont absentes, inexistantes, alors que nous cotisons.

Récemment, le Ministère de l’économie a annoncé une mesure de solidarité sous la forme d’une somme forfaitaire de 1500€/mois pour tous les professionnels libéraux et indépendants (quel que soit le statut incluant les auto-entrepreneurs) dont visiblement nous ferions partie.
Mais cette indemnisation serait soumise à des conditions :
- pour les entreprises ayant un CA inférieur à 1M€
- un BNC inférieur à 40 000€
- pouvoir attester d’une baisse de 70% de son chiffre d’affaires. Pourcentage pris en compte sur quel mode de calcul ? Quelle période ? par exemple au mois de mars nous avons travaillé 50% de notre temps du 1er mars au 15 mars 2020, comment peut-on avoir 70% de perte ?).
Sachez que cette base de calcul ne peut être acceptable pour nous, car elle n’est pas du tout équitable et exclura un très grand nombre de professionnels alors qu’ils se trouvent dans une situation inédite, avoir dû fermer leurs cabinets et ne plus avoir aucune source de revenu et ce pour une période indéterminée.
Lors de ses discours, le Président s’est engagé publiquement et à plusieurs reprises, sur le fait que personne dans le monde du travail, ne serait laissé pour compte lors de cette crise financière relative au coronavirus.
Nous avons donc besoin que le gouvernement tienne ses engagements !

Et pour cela, nous demandons :
- L’inscription de nos cabinets dans la liste des établissements dans l’obligation de fermeture.
- La reconnaissance de cette crise en catastrophe sanitaire pour que nos prévoyances se débloquent.
- La reconnaissance de notre métier en tant que professionnel de santé par la CPAM puisque nous sommes considérés comme tel dans le code de la santé publique, selon le nouvel article L.3221-1 du CSP
- Une indemnité de 1500€ par mois sans condition et indépendamment du statut de l’exercice pour chaque psychologue libéral ayant dû fermer son cabinet.
- Une IJ journalière à 72€/jour comme pour les salariés, puisque nous n'en avons aucune
- L’exonération exceptionnelle et totale des cotisations et autres charges nous semble proportionnée à la gravité de la situation.
Avec quel argent pourrons-nous réussir à payer ces charges si nous avons fermé plusieurs semaines, voire plusieurs mois ?
Encore une fois, vous pouvez compter sur nous, psychologues, mais pouvons- nous compter sur vous en retour ?
C’est ce que vous avez à nous prouver.

En espérant que nous trouverons tous ensemble, une issue convenable à cette crise sans précédent, Nous vous prions d'agréer, Mesdames, Messieurs, l'expression de nos très respectueuses salutations.

Groupe – Soutien Aux Professions Libérales et Indépendants – Section Psychologues.