Croix gammées au cœur de Retournac : agissons avant qu'il ne soit trop tard

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Le problème

Nous, citoyen·nes de Retournac, informons les habitant·es d’une série de faits qui se déroulent actuellement sur notre commune afin de porter ensemble une voix antiraciste.

Nous appelons la mairie de Retournac et la préfecture de Haute-Loire à affirmer publiquement leur position quant à ces actes, et le parquet à ouvrir une enquête.

Depuis la fin de l’été 2026, le panneau d’affichage situé à la sortie de la gare est régulièrement recouvert d’une compilation de symboles mêlant amalgames historiques et géopolitiques : croix gammées, sigles « SS », inscriptions « aSSaSSin », drapeaux israéliens et croix celtiques occupent l’espace public.

Photographies du panneau d'affichage publique montrant des tags néonazis

- La croix gammée constitue un symbole de haine, de racisme, de nationalisme et d’apologie de la race aryenne.
- Le sigle SS désigne le moteur organisateur et exécuteur de l’idéologie politique et raciale nazie.
- La croix celtique fait référence au suprémacisme blanc, à la « race européenne » et au néonazisme.

Alors que la gendarmerie a été saisie de l’affaire suite à plusieurs plaintes (citoyen·nes, mairie, SNCF, LFI), nous constatons que cela n’a pas suffi : ce 28 octobre, de nouvelles croix celtiques sont apparues.

Il ne s’agit pas d’un acte isolé mais d’une série d’actes répétés dont le message est sans équivoque et d’une extrême gravité. Si ces inscriptions sont réalisées sur des affiches d’un parti politique, leur portée dépasse largement le cadre politicien : ce sont des provocations à la haine, des tentatives d’intimidation et des menaces dirigées envers des personnes pour des faits de prétendue race, d’appartenance religieuse ou de culture. Nous lisons dans cette volonté de faire peur une menace réelle, portant l’écho d’actes violents et meurtriers à caractère raciste, dont l’actualité récente continue à fournir des exemples. En Haute-Loire, nous pensons aux enfants victimes d’Espaly-St-Marcel ; plus récemment en France, aux victimes de Trappes.

Nous pensons à la hausse du racisme sous toutes ses formes : le rapport 2025 de la CNDCDH recense 326 faits antimusulmans (+88% par rapport à 2024) et 1320 faits antisémites, à un niveau qu’elle juge encore très élevé. Nous pensons aux 1,2 millions de personnes victimes chaque année en France d’atteintes à caractère raciste, xénophobe, ou antireligieux (chifres 2023) et aux 97% de victimes qui ne portent pas plainte.(1) Nous pensons aussi aux futures et aux jeunes générations, pour qui il est fondamental de s’élever dans une socialisation respectueuse de soi et de l’autre.

Nous constatons à quel point certains discours médiatiques et politiques remplacent la pensée par l’opinion, normalisant une vision du monde inacceptable : en désignant des groupes de personnes comme responsables des inégalités sociales et économiques, cela génère repli et rejet et conduit à fabriquer des cibles. Nous rejetons fermement ce principe. Face à la confusion dont est pétrie notre époque, nous souhaitons nous réapproprier les questions sociales et humaines sans faire de l’autre un·e ennemi·e.

L’ensemble de ces constats s’inscrit dans une progression alarmante des paroles et des actes de haine en France, comme en témoignent les faits rapportés cette semaine : à Montpellier, le parquet a ouvert une enquête pour « menace matérialisée commise en raison de la religion » ; à Paris, le maire a saisi la procureure de la République « au titre de l’article 40 du Code de procédure pénale » suite à la découverte d’inscriptions racistes et xénophobes dans l’espace public.

C’est pourquoi nous appelons les élu·es ainsi que les autorités compétentes à suivre l’exemple des villes citées en afrmant une position publique : garder le silence face à ces attaques reviendrait à se faire complice de l’impunité ambiante : Prenons la parole avant que les menaces ne deviennent réelles.

Nous nous adressons à notre voisin, voisine en lui demandant de cesser ces actes qui nous agressent et nous menacent.

Nous invitons toute personne se sentant concernée par le refus de la haine et des racismes à associer sa voix à la nôtre.

(1) Rapport Racisme 2025 de la CNCDH (Commission nationale consultative des droits de l’homme) recense : 3286 faits de racisme dont : 326 faits antimusulmans (+88 % par rapport à 2024), 1320 faits antisémites, 1643 autres faits racistes et xénophobes (+17 % par rapport à 2024). Elle alerte sur un « niveau encore très élevé des faits antisémites ». Elle note qu’en 2024, seules 5 infractions criminelles ont donné lieu à une condamnation sur les 7 884 personnes mises en cause. https://bit.ly/rapport_racisme

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