Contre l’extension du stationnement payant dans les quartiers Clémenceau et des Eaux Clair

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Le problème

Les ménages français vivent une « crise du pouvoir d’achat historique » : l’inflation grimpe à toute allure tandis que les salaires réels chutent de manière dramatique, causant une baisse du pouvoir d’achat pour la 2ème année consécutive[1].

Indifférente à cette question sociale, c’est dans ce contexte que la mairie de Grenoble a choisi d’ajouter une nouvelle taxe à une partie des Grenoblois : au 2 novembre 2026, le stationnement des quartiers Clémenceau et des Eaux Claires, gratuit jusque-là, doit devenir payant. Bien sûr, ce n’est qu’un premier pas : demain d’autres quartiers du sud de la ville subiront le même sort, toujours sans aucune concertation : l’information, apparue du jour au lendemain sur des panneaux installés à la va-vite dans les rues concernées, n’a fait l’objet d’aucune réunion avec les habitants.

Nous, riverains et habitants de la ville favorables à une écologie véritable, nous opposons fermement à une mesure anti-sociale et anti-démocratique, qui n’a d’écologique que le nom.

Nous demandons donc l’abrogation immédiate de la mise en stationnement payant des rues situées dans les quartiers Clémenceau et des Eaux Claires, et ce pour plusieurs raisons :

·       Une mesure anti-démocratique
Cette mesure n’a fait l’objet d’aucune consultation ni concertation avec les riverains, qui n’ont jamais été informés en amont de la mise en stationnement payant de leurs rues. Nous sommes pourtant les premiers concernés. Où sont donc passées la « co-construction » et la « concertation » chères à la coalition se prétendant de gauche et écologiste ? Tout cela n’est qu’affichage politicien. Ce changement de zonage brutal non concerté nous met donc très en colère.

·       Une mesure anti-sociale
Dans le contexte d’inflation et de hausse de la pauvreté inédit que vit la France actuellement, l’extension de la zone de stationnement payant apparait pour ce qu’elle est : une mesure anti-sociale. Et même trois fois anti-sociale :

1)                 Le ticket résident à 12 euros frappe indifféremment sans distinction de condition ou de ressources : retraités comme étudiants, actifs comme chômeurs, locataires ou propriétaires. La mairie de Grenoble a financé fin 2024 (pour 20 000 euros) un « atelier de projet » sur la politique de stationnement, dont le rapport a été remis en février 2025 au maire de Grenoble. Ce rapport recommandait d’« adapter le coût du ticket résident en fonction des revenus des ménages, afin d’assurer un accès équitable aux stationnements résidentiels. » (Préconisation 8) et « d’étendre le stationnement payant sur les zones gratuites en créant une zone à tarif très faible (moins chère que la zone verte actuelle) » (Préconisation 9)[2].

On peut se demander à quoi sert ce type d’atelier, par ailleurs sans légitimité démocratique, si la mairie n’en fait ensuite qu’à sa tête et ne garde que les recommandations qui lui conviennent...

2)                 Le ticket résident est une prime aux propriétaires (souvent multipropriétaires dans nos quartiers) de garages, qui voient ainsi leurs biens gagner en valeur au détriment des locataires. Où donc est la logique sociale d’une mairie qui prétend gouverner à gauche ?

Quant à celles et ceux qui ne possèdent pas de garages, souvent les ménages les plus modestes, c’est la double peine : leurs véhicules subissent de nombreuses dégradations (vols, détériorations...), mais en plus ils doivent payer plus sans obtenir davantage de sécurité, contrairement aux propriétaires de maisons, nombreuses dans nos quartiers, ou aux habitants de résidences fermées bénéficiant de parkings privés.

3)                 Enfin, cerise sur le gâteau, les propriétaires d’un véhicule utilitaire « non classé ou Crit’Air 3, 4 et 5 », souvent les plus modestes, ne pourront bénéficier d’un ticket résident. Cela concerne par exemple un maraîcher de notre quartier Clémenceau. Très concrètement, cela signifie que nombre de riverains ne pourront même plus se garer en bas de chez eux, créant des situations injustes et infernales. C’est exactement le contraire de l’objectif déclaré.

Cette nouvelle taxe est donc tout sauf équitable, crée des situations injustes et pénibles et renforce la pression financière sur les habitants aux ressources financières et immobilières modestes.

·       Une mesure anti-écologique
Cette mesure est également anti-écologique : son but principal est d’augmenter la rotation des voitures sur les places de stationnement, c’est-à-dire très concrètement de permettre à davantage de personnes extérieures à la ville de venir à Grenoble en voiture. Il s’agit de compenser la faible capacité des parkings relais et la faible utilisation des transports communs, chers et peu pratiques.

Alors que la gratuité des transports en commun était une promesse de campagne d’Éric Piolle en 2014, celle-ci n’a jamais été mise en œuvre. Pire : les tarifs n’ont cessé d’augmenter. L’abonnement plein tarif est passé de 540 euros en 2023, 687 en 2024, 698 en 2025 et 703 euros en 2026[3]. C'est donc 30% d'augmentation en 3 ans.

Nous demandons une vraie politique tarifaire qui facilite l’usage des transports en commun, et même leur gratuité intégrale. Cela ne réglera pas la nécessité de posséder une voiture pour les trajets les plus longs, le transport ferroviaire étant devenu hors de prix en France.

·       Problèmes de stationnement non réglés
La mise en stationnement payant doit permettre la décongestion des places de nos quartiers. Or celle-ci ne réglera rien : dans le quartier Clémenceau, les places de stationnement sont saturées lors de la tenue de matchs ou de concert au Stade des Alpes ou au Palais des Sports. Ces évènements ont lieu le soir, avec un public qui vient principalement en voiture. Nos quartiers resteront donc saturés les soirs de matchs ou de concerts.

Ce que nous demandons :
Finalement, cette mesure est le reflet d’un aveuglement à la question sociale bien documenté : en septembre dernier, une enquête commandée par le parti Les Écologistes qualifiait ce parti d’« organisation de la (petite) bourgeoisie intellectuelle », un « entre-soi » pétri d’homogamie culturelle et sociale. Face à ce parti incapable de promouvoir une écologie démocratique et sociale, nous demandons donc :

1.     la suspension immédiate de la mise en stationnement payant de nos quartiers ;

2.     une véritable concertation avec les riverains pour identifier les demandes et les besoins quant au stationnement ;

3.     la mise en place d’une politique tarifaire favorable aux transports en commun, qui permette véritablement de se passer de voiture dans le bassin grenoblois. Ce n’est évidemment pas le cas aujourd’hui.

Nous considérons que l’écologie n’est durable et désirable que si elle est à la fois démocratique et sociale.


Références : 
[1] « La France traverse une crise du pouvoir d’achat historique : depuis 2024, les familles ont perdu 1 200 euros en moyenne », Le Monde, 30 septembre 2026.
[2] Rapport de l’Atelier de projet – Pour une politique de stationnement à Grenoble garantissant une utilisation équitable de l’espace public, janvier 2025. Disponible en ligne : https://grenoble.metropoleparticipative.fr/314597-atelier-stationnement.htm
[3] « « Écologie utile », « modèle à financer » : transports en commun gratuits, ce qu’en pensent les Grenoblois », Dauphiné Libéré, 03 août 2025. Le chapô de l’article indiquait : « À Grenoble, le prix des abonnements aux transports en commun a fortement augmenté en 2024 : 687 € par an en plein tarif, contre 540 € auparavant. Une hausse de 27 %, alors même que plusieurs villes françaises ont fait le choix de la gratuité. » Pour l’année 2024, les tarifs avaient déjà augmenté de 17% pour les étudiants. Voir : « À Grenoble, les transports en commun seront 12 % plus chers en 2024 pour les étudiants », France 3 Régions, 17/11/2023. Grenoble, ville écolo, vraiment ??

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