Arrêt immédiat des travaux du siège UDB sur terrain d'utilité publique spolié aux gabonais

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Le problème

Nous, citoyens gabonais, membres de la société civile, acteurs de la diaspora et défenseurs des droits humains, exprimons notre profonde indignation face à la construction du futur siège national de l’Union Démocratique des Bâtisseurs (UDB), par le général Brice Clotaire Oligui Nguema, en juillet 2025 dans le secteur de Plaine-Orety à Libreville, derrière l'Assemblée Nationale.

À cet effet nous interpellons solennellement la communauté internationale face à une injustice flagrante, un abus de pouvoir caractérisé et une violation manifeste des principes de l’intérêt général en République Gabonaise.

Alors que des familles frappées par les déguerpissements de 2025 continuent de réclamer des solutions de logement dignes et durables, le parti présidentiel fait avancer la construction de son immeuble de 12 étages, comment accepter que les ambitions immobilières d’un parti semblent progresser plus rapidement que la réparation des souffrances infligées aux populations ?

1. UN DÉCRET PRÉSIDENTIEL QUI ENGAGE LA RESPONSABILITÉ DU CHEF DE L’ÉTAT:
Le 14 février 2024, Brice Clotaire Oligui Nguema, alors président de la Transition, prend le décret n°0081/PR/MHUC portant déclaration d’utilité publique.

Ce document officiel, publié au Journal officiel n°8 du 24 février 2024, concerne la parcelle n°117, section PA, issue du titre foncier n°19912, représentant 200 247 mètres carrés à Plaine-Orety.

Son article 4 déclare l’urgence de la prise de possession des lieux.

Son article 5 prévoit les expropriations nécessaires.

Son article 6 autorise le déguerpissement immédiat des occupants sans titre.

Ce décret existe et il porte le nom de Brice Clotaire Oligui Nguema, il porte également celui de Mays Mouissi, alors ministre de l’Économie et des Participations, d'ailleurs, nous dénonçons également le cumul des responsabilités exercées par Mays Mouissi, il est à la fois : 

Ministre du Logement, de l’Habitat, de l’Urbanisme et du Cadastre ;
Secrétaire général de l’UDB, parti bénéficiaire de l’attribution foncière controversée.

Cette situation soulève un problème majeur d’impartialité et de conflit d’intérêts, comment le responsable du ministère chargé du foncier peut-il simultanément diriger l’administration quotidienne du parti bénéficiaire d’une parcelle de l’État, sans que les citoyens disposent de toutes les garanties d’indépendance de la procédure ?

En mai 2024, les services du Premier ministre expliquaient que les opérations envisagées devaient permettre, notamment, la construction de bâtiments administratifs au bénéfice de l’État.

En juin 2025, des habitations ont été détruites, des familles ont perdu leur cadre de vie, des enfants, des personnes âgées et des parents se sont retrouvés confrontés à des situations de grande précarité.

Puis, en octobre 2026, l’UDB confirme qu’une parcelle lui a été attribuée dans ce même secteur pour construire son siège national.

Comment passe-t-on d’une opération d’utilité publique destinée aux administrations de l’État à l’attribution d’un terrain à un parti politique ?

Si la puissance publique a servi à libérer un espace finalement utilisé pour satisfaire un intérêt partisan privilégié, c’est le principe même de l’intérêt général qui se trouve trahi.

Dans son communiqué du 24 octobre 2026, l’UDB évoque les cotisations de ses militants, des contributions volontaires et des mécanismes d’ingénierie financière.

Mais où sont les chiffres ? Où est le budget total ? Où sont les états financiers permettant de vérifier les sommes réellement mobilisées ? Qui sont les partenaires financiers ?

Quels engagements ont été conclus avec les entreprises chargées du chantier ?

Nous ne pouvons pas accepter qu’un parti créé en juillet 2025 engage un projet immobilier aussi important sans que les questions légitimes sur son financement reçoivent des réponses documentées, vérifiables et tranparentes.

Au nom de la dignité humaine, de la justice sociale et du respect de l’intérêt général, nous demandons :

1. L’ARRÊT IMMÉDIAT DES TRAVAUX DU FUTUR SIÈGE DE L’UDB.

2. LA PRISE EN CHARGE IMMÉDIATE DES FAMILLES DÉGUERPIES ENCORE EN DÉTRESSE.

3. LA DÉMISSION DE MAYS MOUISSI, IL NE PEUT CUMULER CES DEUX POSTES:  En raison du conflit d’intérêts politique soulevé par ses doubles responsabilités et l’ouverture d’un contrôle indépendant sur son éventuelle participation à la procédure foncière.

4. LA PUBLICATION INTÉGRALE DES DOCUMENTS D’ATTRIBUTION.

5. APPEL SOLENNEL À LA COMMUNAUTÉ INTERNATIONALE
Nous interpellons officiellement le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme, le Rapporteur spécial sur le droit à un logement convenable et la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples.

Nous leur demandons de porter une attention urgente à la situation des populations affectées par les déguerpissements de Plaine-Orety, du PK8 et autres agglomérations. 

Nous sollicitons l’examen de ce dossier, la demande d’informations aux autorités gabonaises et, si les éléments réunis le justifient, l’activation des mécanismes internationaux et africains de protection des droits humains.

Le droit à un logement digne, la protection des familles et la possibilité d’obtenir réparation ne doivent pas être sacrifiés aux ambitions d’une formation politique, quelle que soit sa proximité avec le pouvoir.

Nous demandons que la souffrance de ces familles soit entendue au-delà des frontières du Gabon.

Nous appelons les citoyens, les associations, les défenseurs des droits humains, les militants, activistes, et la diaspora gabonaise à soutenir cette pétition et à demander des comptes.

PAS DE SIÈGE DE PRESTIGE PENDANT QUE DES FAMILLES ATTENDENT UN TOIT !

ARRÊT IMMÉDIAT DES TRAVAUX !

DÉMISSION DE MAYS MOUISSI !

JUSTICE, RELOGEMENT ET TRANSPARENCE POUR LES DÉGUERPIS DE PLAINE-ORETY !

L’ÉTAT APPARTIENT AU PEUPLE, PAS À UN PARTI POLITIQUE.

ÉVEILLE-TOI GABON !

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Eloïse BOUANGALanceur de pétition

Les décisionnaires

Claude Albert Meutchehe Ngomsi
ONU-HABITAT
Nouhoum Sangaré
HAUT-COMMISSARIAT AUX DROITS DE L'HOMME
Marie-Louise Abomo
UNION AFRICAINE — DROITS HUMAINS
Koldo Casla
NATIONS UNIES — DROIT AU LOGEMENT

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