Petition updateAppel pour qu'un hommage à Henri Alleg soit rendu par la ville de PalaiseauEvocation du camp de Lodi en Algérie où Henri Alleg fut interné
Appel Henri Alleg Palaiseau
May 24, 2020

Vous pouvez continuer à participer à la mobilisation pour obtenir que la ville de Palaiseau rende hommage à Henri Alleg en partageant cette pétition.

Lors de l'émission ""La Libre antenne", sur Europe 1, une sage-femme retraitée témoignait récemment de son aide à une femme réfugiée sans-papiers à donner naissance à sa fille en expliquant la source de son engagement dans l’aide aux réfugiés :

"Je suis très engagée. Je viens d’une famille d’immigrés espagnols. Mon papa a connu le camp de Lodi en Algérie pendant 3 ans et demi. Ce sont des gens qui étaient partisans de l’indépendance de l’Algérie et qu’on a internés : des enseignants, des juristes, Henri Alleg qui était auteur et qui dirigeait Alger républicain. Cet engagement, je l’ai connu avec ma maman qui était enseignante."

Ancienne colonie de vacances de la Compagnie des chemins de fer algériens de l'État (C.F.A), connue sous le nom du « Petit cheminot à la montagne », le camp de Lodi comprenait 162 personnes en octobre 1955. Le camp était entouré de barbelés et hébergeait des européens favorables ou supposés favorables à l'Algérie indépendante, militants communistes, enfermés arbitrairement pendant plusieurs années sans procès et sans jugement. Le 12 juin 1957 Henri Alleg directeur du journal communiste « Alger républicain » est interné au camp de Lodi. Son épouse Gilberte Salem-Alleg publiera via L'Express n°329 du 2 août 1957 et le quotidien L’Humanité, une lettre ouverte intitulée « Si mon mari est encore vivant, il est aujourd'hui en danger de mort ! », publications qui alarmeront l'opinion publique et les politiques.

Ci-dessous l'extrait de l'article "Lodi, le camp des oubliés" publié par L'Obs le 18 mars 2010 :

C’est à mon arrivée à Lodi, durant l’été 1957, que j’ai décidé d’écrire "La question", raconte Henri Alleg, 89 ans, ancien directeur d’Alger Républicain. Je venais de quitter le centre militaire d’El Biar, où j’avais été torturé par les parachutistes de la 10ème DP. Au moment où j’allais monter dans le camion, le capitaine avait lâché : "Je vous reprendrai". Briser le silence était le seul moyen pour empêcher que cela continue encore et encore, pour que cessent les coups et la gégène». Henri Alleg retrouve, cet été là, ses anciens collaborateurs d’Alger Républicain, (Paul Amar, Jean-Pierre Saïd, Roland Rhaïs, Vincent Ivorra…), tous arrêtés avant lui. Il consacre ses journées à raconter, "d’une écriture la plus serrée possible", les sévices endurés à El Biar. Avec les noms de ses tortionnaires indiqués noir sur blanc. La lettre de cinq pages, rédigée sous la forme d’une plainte adressée au procureur d’Alger, et recopiée en plusieurs exemplaires, parvient à sortir du camp, dans les sacs à main des épouses des prisonniers et arrive jusqu’à Paris. Les rédactions de l’Humanité et de Libération la publient de la première à la dernière ligne. C’est dans sa cellule de la prison algéroise de Barberousse, où il est incarcéré un mois plus tard, qu’Henri Alleg met le point final à "La question". Le livre, très vite saisi, paraît le 12 février 1958 aux Éditions de Minuit et révèle, enfin, au grand jour, les méthodes des geôles militaires en Algérie.

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