Améliorer les procédures en cas de décès : un constat personnel

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Le problème

En avril 2025, ma mère est décédée. Dans un moment de grande douleur, j’ai dû faire face à une série d’absurdités administratives et logistiques qui m'ont profondément choqué. Ce texte est un résumé de mon expérience. J’espère qu’il contribuera à faire évoluer les choses, pour que les familles endeuillées n’aient plus à subir de telles complications dans ces moments déjà si difficiles.

1. 10 jours d’attente pour la crémation
Ma mère avait exprimé clairement son souhait d’être incinérée. Un contrat obsèques avait même été établi depuis longtemps. Malgré cela, il a fallu attendre 10 jours entre son décès et la crémation. Cette attente, extrêmement longue pour une famille en deuil, a été justifiée par une "forte demande" selon les pompes funèbres. En France, un pays développé, un tel délai est incompréhensible. On m’a même dit que nous avions eu de la "chance"…

2. L’intervention de "Police Secours" lors de la fermeture du cercueil
Autre fait étonnant : c’est désormais “Police Secours” qui intervient lors de la fermeture du cercueil, en raison de restrictions budgétaires. Un ami policier m’a expliqué que les services d'urgence, qui sont censés sauver des vies, sont désormais mobilisés pour des tâches administratives post-mortem. Cela occasionne souvent des retards et ajoute une tension inutile lors de cérémonies déjà très éprouvantes.

Personnellement, je trouve cela incohérent, voire inacceptable. Ces hommes et femmes sont formés pour agir vite dans des situations critiques ; ils devraient être disponibles pour les vivants, pas détournés vers des procédures post-mortem.
Dans le cas de ma mère, la police est arrivée après la fermeture du cercueil, pour poser deux scellés. Mais aucun contrôle d'identité visuel n’a été effectué devant moi. L'agent a-t-il vérifié l'identité de ma mère auparavant ? J’en doute … Cela donne l’impression d’une procédure purement bureaucratique, sans humanité.

3. Une heure de fermeture du cercueil imposée par la loi
Nous souhaitions laisser le cercueil ouvert toute la journée afin que la famille et les amis, dont certains venaient de loin, puissent lui dire au revoir. Mais la loi impose une fermeture à 14h30, sans possibilité de dérogation. Comment peut-on imposer un horaire aussi rigide sans tenir compte des besoins des familles ? Ceux qui ont établi ces règles ont-ils déjà perdu un proche ?

4. Une “demande de travaux” pour disperser les cendres
Cela semble invraisemblable, mais pour disperser les cendres d’un proche, il faut prendre rendez-vous à la mairie et remplir une… "demande de travaux". Oui, la même procédure que pour construire une piscine ou une terrasse. Une telle assimilation est, à mon sens, profondément irrespectueuse envers le défunt et sa famille.
Ce choix de formulaire viendrait d’un recyclage administratif des documents utilisés pour l'ouverture ou la fermeture du cercueil. L’ironie, c’est que dans une administration souvent ultra-complexe, ce serait là un effort de simplification...

5. Une dérogation absurde à cause d’une mauvaise adresse
Lorsque ma mère est décédée, l’EHPAD a établi le certificat de décès avec son adresse… et non celle qu’elle avait choisie pour la dispersion de ses cendres. Résultat : il a fallu demander une dérogation à la mairie et fournir des preuves, notamment un avis de taxe foncière, pour autoriser la dispersion dans la commune d’origine.
Cette erreur administrative – qui incombe à l’EHPAD selon la mairie – révèle surtout que notre système n’est pas pensé pour respecter les volontés des défunts, surtout lorsqu’ils terminent leur vie loin de chez eux, comme c’est malheureusement souvent le cas avec Alzheimer.

 
Je pourrais encore parler de la quantité de certificats de décès exigés par les assurances, les impôts, les mutuelles… ou de l’avalanche de paperasse qu’on doit gérer à un moment où l’on est en état de choc.

Mais mon but ici n’est pas de me plaindre. Je souhaite seulement, avec ce témoignage, faire évoluer un système trop rigide, froid et parfois absurde.
Dans ces moments de deuil, nous ne devrions pas avoir à nous battre contre l'administration. Nous devrions pouvoir simplement dire au revoir à ceux que nous aimons.

Bruno

 

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