Non à la mort programmée de la profession infirmière !

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Vieillissement de la population, explosion des maladies chroniques, virage ambulatoire, … Le système de santé fait face à des enjeux sans précédent. En France, plus de 600 000 infirmier.e.s exercent quotidiennement auprès de la population. Ils assurent des missions d’éducation, de prévention et de promotion à la santé Elles/Ils sont là lorsque vous en avez le plus besoin, et se forment quotidiennement pour exercer au plus proche des avancées de la science.

Au lendemain d’un remaniement ministériel et après la présentation du Plan “Ma Santé 2022”, par le Président de la République, les infirmières et infirmiers restent sur le bas côté de cette énième réforme. Aujourd’hui nous appelons d’urgence à l’évolution d’une réglementation contraignante et archaïque bridant les compétences que les infirmier.e.s pourraient mettre à la disposition de la population.

A ce jour, l’exercice infirmier est restreint par un décret d’actes dépassé ne nous reconnaissant presque aucune autonomie et laissant l’image d’une profession restée “petite main du médecin” : à rebours de l’évolution de la profession infirmière au niveau international. De nombreuses études prouvent que les soins infirmiers assurent une qualité et une pertinence des soins équivalente à celle des médecins dans nombre de situations cliniques simples. De son côté, l’OMS, dans sa campagne Nursing Now, appelle les gouvernements à faire des soins infirmiers un pilier des systèmes de santé, à renforcer les compétences et les droits d’exercice des infirmier.e.s. La réalité des pratiques et les exigences de la science mettent quotidiennement les infirmier.e.s dans une situation dangereuse. Le rôle central des infirmier.e.s dans le système de santé n’est ainsi toujours pas reconnu.

Alors oui, on ne peut que se réjouir de l’émergence d’Infirmier.e.s de Pratique Avancée, formé.e.s en 5 ans (niveau master). Pourtant, le corporatisme médical a torpillé le projet, rendant ces professionnel.le.s dépendant.e.s du médecin, refusant des mots comme “consultation” et “diagnostic”, base de notre prise en soin, ne les reconnaissant pas comme des acteurs de soins de premier recours. C’était pourtant là une forte attente des infirmier.e.s au vu du bénéfice que ce niveau d’expertise aurait pu apporter aux patient.e.s et au système de santé.
Rendez-vous raté.

Le Gouvernement s’est par contre empressé de créer un nouveau métier : les assistants médicaux. Proposition ubuesque dont les premiers contours montrent une formation moindre (un an seulement) mais pour laquelle les médecins généralistes (employeurs) n’auront rien à débourser… le financement étant assuré par l’Etat ! Énième affront de gouvernements successifs plus enclins à céder aux sirènes d’un système médico-centré plutôt que d’utiliser et de renforcer les compétences et le rôle des professionnel.le.s infirmier.e.s.

La gouvernance hospitalière fait aussi face à un certain médico-centrisme. En effet, contrairement aux puissantes Commissions Médicales d'Établissement (instance représentative des personnels médicaux), dont les pouvoirs vont être renforcés par le plan santé, les Commissions de Soins Infirmiers et de Rééducation Médico-Technique (instance représentant notamment les infirmier.e.s) ne bénéficient d’aucune réelle reconnaissance. L’hôpital n’est-il composé que de personnels médicaux ?

Nous, infirmier.e.s, acceptons quotidiennement des rythmes effrénés ; de voir nos compétences cliniques remplacées par une course à l’acte technique (merci la tarification à l'activité) ; d’être considéré.e.s comme des pions ; d’être rappelé.e.s sur nos jours de repos et de réaliser des heures supplémentaires non rémunérées. Ceci alors que nos rémunérations, comparativement au salaire moyen de la population générale, restent parmi les plus basses d'une étude sur 29 pays de l’OCDE. Le salaire des infirmier.e.s français y trône à la… 26ème place !

En ville, comment tolérer qu'un.e infirmier.e libéral.e soit rémunéré.e 7 euros (soit environ 4 euros nets, déplacement inclus) pour une injection ? Qui se déplace pour une telle aumône ?

Ce n’est pas pour rien qu’un.e infirmier.e sur trois arrête de pratiquer sa profession cinq ans après la fin de sa formation. Ce n’est plus du turn-over, c’est du zapping !

Peut-être certains pensent-ils encore avoir à faire à des prostituées repenties, des sorcières ou des nonnes, guidées par la vocation, prêtes à sacrifier leur vie personnelle pour leurs patient.e.s. Héritage d’une profession qui a longtemps subi sexisme et soumission, et les subit toujours. C’était d’ailleurs le slogan “Ni bonnes, ni connes, ni nonnes” qui, en 1988, a mobilisé 100 000 infirmier.e.s pour exiger une reconnaissance de leurs compétences et de meilleurs salaires… 30 ans après, triste coïncidence.

Face à la difficulté de mobiliser une profession résignée, majoritairement non syndiquée, nos confrères et consœurs tentent de se faire entendre, à leur manière. On ne compte plus les lettres ouvertes, chansons, clips, dénonçant le malaise des infirmier.e.s. Mais soyons honnêtes… Ne faut-il pas aller plus loin ?

Que faudra t-il faire pour que la profession soit entendue, écoutée, respectée ? A quelles extrémités devons-nous arriver ? Nous faudra t-il suivre l’exemple des soignant.e.s finlandais.es qui ont eu le courage d’une démission collective ? Faudra t-il arriver au blocage total du système de santé ? Que fera le Gouvernement face à 600 000 infirmier.e.s ?

Alors ACTION !


Ceci est notre appel. L’appel à l’action, l’appel à la responsabilité collective et individuelle.


Nous refusons de laisser mourir notre profession, nos consoeurs et nos confrères sans bouger.

Nous exigeons que nos compétences soient reconnues.

Nous exigeons une véritable filière de formation universitaire en sciences infirmières.

Nous exigeons la reconnaissance d'un champ d'action autonome.

Nous exigeons une véritable reconnaissance financière à la hauteur de notre niveau de formation et de nos responsabilités.

Nous sommes uni.e.s, déterminé.e.s et enragé.e.s.

Nous prendrons nos responsabilités et saurons nous mobiliser.


Saurez-vous sauver les infirmier.e.s ?

 

 

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Liste des 58 premiers/ères signataires :

Pauline ALLARD, Infirmière D.E.
Chloé BARIL, Infirmière D.E.
Juliette BAROZET, Infirmière D.E.
Anne BARREAU Infirmière D.E.
Benjamin BERTHET, Infirmier D.E.
Hélène BLANC, Infirmière D.E., Master 1 en sciences de l’éducation
Alexia BOULEGUE, Infirmière D.E.
Florent CACHON, Infirmier D.E. Libéral, Master 1 en sciences de l’éducation
Rémy CALLÈDE Infirmier D.E.
Florence CALLOUX, Infirmière D.E. Libérale
Nicolas CAPELLE, Infirmier D.E.
Orlane CARDOSO, Infirmière D.E.
Jonathan CATINAUD, Infirmier D.E., Infirmier Sapeur-Pompier Volontaire
Chloé CHAPELON, Infirmière D.E.
Marine CHAUMONT, Infirmière D.E.
Tiffany CLERC-RENAUD, Infirmière D.E.
Aurore COGNARD Infirmière  D.E.
Anthony CONTARDO Infirmier D.E., Master 2 en sciences de l'éducation, maîtrise en sciences politiques
Dimitri DA COSTA, Infirmier D.E. Libéral
Clotilde DELBAERE, Infirmière D.E.
Laure DE MONTALEMBERT, Journaliste santé
Merlin DESCOURS, Infirmier D.E.
Nina DIANTEILL, Infirmière D.E.
Amandine DUBUN, Infirmière D.E.
Sandra DUPUIS, Infirmière D.E. Libérale
Anaïs-Alicia FERNANDEZ, Infirmière D.E.
Laurent FOUR, Infirmier D.E.
Claire FRANÇOIS, Infirmière D.E.
Benoît FREY, Infirmier D.E.
Rudy GABERT, Infirmier D.E.
Benoit GIRAULT, Infirmier D.E.
Barbara GOMBERT - Infirmière D.E. Libérale, Infirmière Sapeuse-Pompière Volontaire
Antoine JOURDAN, Infirmier D.E.
Myriam LAHBIBI, Infirmière D.E.
Hélène LALIERE Infirmière D.E.
Anaïs LE FLOCH, Infirmière D.E.
Maxime LE GALL, Infirmier D.E.
Océane LINGRE, Infirmière D.E.
Jean-François MALOIZEL, Infirmier D.E
Julien MARTINEZ, Infirmier DE, Master 2 en gestion et management
Kévin MARGHERITI-TAGNY, Infirmier D.E.
Caroline MATURANA, Infirmière D.E., Maîtrise en sciences de l’éducation
Agathe MERON, Infirmière D.E.
Justine MOLLARD, Infirmière D.E.
Irving MONTORIER, Infirmier D.E.
Paul MORIZOT Infirmier D.E.
Aurélie MUNOZ, Infirmière D.E.
Alex OLLIVIER, Infirmier D.E.
Angèle PÉRICAS LAPENA, Infirmière DE, Clinicienne
Nathan PERINEL, Infirmier D.E.
Angélique PERRIN Infirmière D.E.
Arnaud ROBERT Infirmier D.E.
Axel ROUYAT, Infirmier D.E.
Thomas RUIZ-HIDALGO, Infirmièr D.E.
Laurent SALSAC, Infirmier D.E. Libéral
Priscille THOMÈS, Infirmière D.E.
Aurélie VERNET - Infirmière D.E.
Mélanie VIEVILLE, Infirmière D.E.

 



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