Appel pour soutenir l'Arménie, en date du 28mai 2025
En ce jour du 28 mai de commémoration de l’indépendance de la première république arménienne en 1918, il est nécessaire de rappeler que cette recherche de souveraineté du peuple arménien a été constant depuis l’indépendance de la Petite Arménie dite de Cilicie, éphémère état qui a existé de 1080 à 1375. A cette époque, une partie importante du peuple arménien avait préféré migrer à des centaines de kilomètres du territoire de l’Arménie historique pour échapper à l’oppression des turcs seldjoucides, mais n’a pu échapper à la domination turque 3 siècles plus tard. Aujourd’hui, le peuple arménien qui reste sur les terres ancestrales caucasiennes, après les grands massacres orchestrés par le sultan Abdul Hamid en 1895 en Cilicie, après le génocide perpétré par le gouvernement dit « Jeune Turc » en 1915 dans les régions arméniennes historiques annexées par la Turquie, après l’épuration ethnique de l’Artsakh organisée par le gouvernement azéri de Bakou de 2020 à 2023, et malgré les émigrations forcées pendant toutes ces périodes d’un nombre considérable d’ arméniens dans le monde entier notamment en Russie, en Amérique et en France pour pouvoir survivre, se bat pour garder les 29 742 km2 qui lui restent. Pour cela les arméniens qui restent en Arménie font tout ce qu’ils peuvent pour enraciner un état démocratique, indépendant et souverain autour de Yérévan. Telle est la politique menée par le gouvernement de Nikol PASHINIAN depuis 2019, soutenu par l’immense majorité du peuple arménien qui restent sur ces 29 742 km2 et qui font face aux difficultés de toutes sortes, lesquelles difficultés à chaque instant peuvent devenir mortelles.
L’indépendance d’un état est la première étape de ce processus d’acquisition de cette souveraineté du peuple. La première république d’Arménie de 1918 est un moment important de l’histoire de l’Arménie à commémorer, car c’est l’exemple de la volonté d’un peuple rendu exsangue par le génocide antérieur tout proche, de renaitre en reconstituant un état. Et l’histoire nous a appris que sans appui diplomatique et surtout militaire que l’indépendance ne peut pas perdurer ; la convergence en 1920 des appétits territoriaux de la Turquie de Mustapha Kémal et de l’URSS de Lénine l’a démontré.
Mais la souveraineté d’un peuple dans un état indépendant comme la deuxième république d’Arménie née en 1991 exige en plus de l’indépendance, celle de pouvoir avoir le choix de ses décisions dans tous les domaines. Cela implique donc que tout traité avec un état tiers à qui on délègue un transfert de compétences liées à la souveraineté à une organisation autre que nationale doit comporter la possibilité de le rompre à tout moment ou presque. Il est alors nécessaire que le gouvernement de l’Etat puisse se libérer de tout lien de vassalité avec un autre état. C’est ce que recherche désormais le gouvernement de Nikol PASHINIAN en essayant de se libérer progressivement de la vassalité envers la Russie tout en prenant les précautions nécessaires de ne pas s’en faire un ennemi, ce qui pourrait se révéler être mortel pour l’Arménie. Il n’est donc pas question de demander une adhésion à l’OTAN comme le proclament quelques irresponsables apprentis sorciers puisque pour la Russie ce serait le signe d’un acte d’hostilité. De même la demande d’adhésion à l’UE qui est une ouverture économique et politique aux nations démocratiques de l’occident doit prévoir un délai progressif de réalisation sans heurts et se faire obligatoirement de concert avec la Géorgie pour ne pas tomber dans une autre tutelle tout aussi pesante sans garanties et parfois contraire aux intérêts de l’Arménie dans le domaine économique et politique. Le gouvernement de Nikol PASHINIAN semble l’avoir bien compris dans ses déclarations.
Et pour que cette situation de souveraineté puisse exister, il faut au préalable rappeler la nécessité d’établir un état de droit fondé sur des instances élues démocratiquement, et non soumis à un pouvoir arbitraire contrôlé par des oligarchies corrompues au service de leurs intérêts privés comme c’était le cas dans la trentaine d’années précédent le gouvernement de Nikol PASHINIAN.
Le peuple arménien présente en outre la caractéristique suivante, celle que la majorité de ses membres et/ou descendants sont des émigrés dispersés dans les pays du monde entier, situation due aux aléas des persécutions perpétrées sur leur terre natale historique. La diaspora, celle qui se considère comme faisant toujours parti du peuple arménien, même pour ceux qui adhèrent profondément à la nation du pays d’accueil et de résidence, a un rôle considérable à jouer pour aider à sauvegarder l’état-nation reconstituée dans les 29 742 km2 qui lui reste autour de Yérévan entre la Géorgie, l’Iran, la Turquie et l’Azerbaïdjan. Mais ce rôle d’aide doit être clair ; il n’a pas à se substituer à la souveraineté du peuple arménien résidant dans l’actuelle deuxième république arménienne, mais à lui apporter son soutien indéfectible pour sa survie en toute circonstance et quelle que soit justement les décisions prises souverainement par ses instances élues démocratiquement. Ainsi, quand le gouvernement de Nikol PASHINIAN, soutenu par plus des 2/3 des députés et des citoyens de la République d’Arménie prend la décision de rechercher un traité de paix avec celui d’Azerbaïdjan qui garantirait ces 29 742km2 dans les frontières reconnues par la déclaration d’Alma Ata de 1991, évitant de nouveau une guerre qui ferait encore 4 000 nouveaux jeunes soldats arméniens tués au combat comme en 2020 (équivalent à 80 000 jeunes français en pourcentage) pour un résultat connu à l’avance à cause de la faiblesse actuelle de l’armée arménienne, le rôle de la diaspora dans son devoir patriotique est de lui apporter son concours dans tous les domaines politique, diplomatique, économique, et non de lui mettre des bâtons dans les roues voire en le dénigrant ou en soutenant les délires messianiques de l’évêque du Tavush comme le font actuellement les 2 coprésidents du CCAF en France et qui par conséquent ont choisi d’être dans un camp authentiquement antipatriotique.
Le rôle de la diaspora est aussi de prendre des initiatives en vue de conforter l’indépendance et la souveraineté arménienne existante et non de se comporter en vassal de la politique du pays d’accueil. Rappelons à ce sujet l’invraisemblable refus des 2 coprésidents du CCAF de faire campagne pour la promotion en 2022 et 2023 de la pétition de Richard MAILLE et Jeremy SENATORE déposée sur le bureau de l’Assemblée Nationale, laquelle si elle avait obtenu 500 000 signatures, aurait enjoint le gouvernement français à reconnaitre la république d’Artsakh et à apporter un soutien militaire concret à l’Arménie, L’Artsakh aurait ainsi pu sans doute être sauvé ; mais les coprésidents du CCAF ont préféré en refusant de soutenir cette pétition, ne pas créer des ennuis politiques mondiaux au gouvernement français. Or si elles veulent promouvoir la pleine souveraineté de l’Etat arménien, les organisations de la diaspora doivent se comporter comme une branche patriotique au service de l’Etat arménien et non comme des organisations principalement tournées vers la vassalité d’un gouvernement d’un pays même théoriquement allié.
Les arméniens savent bien que la vassalité envers un pays voisin qui aurait donc le rôle de suzerain-protecteur ne suffit pas pour assurer leur protection depuis l’exemple de l’échec du pouvoir de l’empire mongol à protéger le royaume de la Petite Arménie lors de son anéantissement en 1335 et surtout lors du refus du gouvernement russe de soutenir l’Arménie lors des attaques de l’armée azerbaidjanaises en 2020 et 2023 qui ont réaliser le nettoyage ethnique de l’Artsakh.
Le renforcement de l’armée arménienne est primordial dans cet état d’esprit de renforcer la souveraineté de l’état nation. Car si l’armée arménienne est assez puissante pour créer des dommages considérables à un agresseur, celui-ci peut renoncer à ses desseins comme l’avait fait l’armée persane après la bataille de Vartanantz en l’an 451 qui, en n’étant qu’une victoire à la Pyrrhus pour la Perse, avait fait renoncer à celle-ci sa volonté d’imposer la religion zoroastrienne aux arméniens déjà convertis au christianisme.
Le symbole de la naissance de la première république d’Arménie en 1918, célébré ce jour du 28 mai, est celui de la volonté nationale d’un peuple rendu exsangue précédemment par des massacres multiples en plus d’un génocide et une émigration massive mais qui a cru au soutien des forces alliées victorieuses en 1918 . Mais 2 ans plus tard, cette volonté nationale après plusieurs siècles de disparition d’un état arménien sur la terre historique a été mise en échec par l’appétit territorial de ses voisins qui ont été libres de faire ce qu’ils voulaient à cause de l’absence de soutien effectif des pays démocratiques occidentaux. C’est donc aussi le moment de se souvenir que sans recherche d’appuis diplomatiques et militaires effectifs et diversifiés, sans signatures de traités reconnus aussi bien par les intéressés et qu’internationalement, la souveraineté d’un peuple comme le peuple arménien dans un territoire réduit par l’histoire et entouré de forces hostiles peut disparaitre du jour au lendemain.
Je fais donc un appel au nom du « Front de Défense de l’Arménie et de la Cause Arménienne en France » (FDACAF) à tous les arméniens et descendants arméniens en France et à leurs amis pour s’engager individuellement et dans leurs associations patriotiques à soutenir sans réserve le gouvernement arménien qui se bat constamment pour sauvegarder les 29 742 km2 qui restent au peuple arménien pour que l’état de la République d’Arménie reconstitué en 1991 après la disparition de la première république en 1920 puisse exercer pleinement sa souveraineté. Le « Front de Défense de l’Arménie et de la Cause Arménienne en France »(FDACAF) que j’anime va continuer les actions du « Mouvement Français-Arménien » (MFA) qui est à l’origine de sa création. Ces actions ont déjà constitué en particulier à interpeller presque tous les mois par mails les parlementaires français depuis 2022 pour que le gouvernement français soutienne militairement le gouvernement arménien en envoyant des troupes en Arménie pour la protéger en souvenir des 4000 arméniens engagés dans la Légion d’Orient qui ont combattu pour la France de 1916 à 1918 (la république d’Artsakh aurait pu être sauvée en 2023 si c’avait été fait). Si la France s’engage actuellement à soutenir militairement l’Ukraine et la Pologne, elle a le devoir de soutenir militairement l’Arménie. Il faut le rappeler sans cesse au gouvernement et aux parlementaires français. Et le devoir des organisations de la diaspora est d’agir en ce sens comme le fait déjà le MFA et le FDACAF. Le CCAF (Comité de Coordination des Organisations Arméniennes), véritable comité fantôme est hélas aux abonnés absents pour cette démarche d’interpellation régulière du gouvernement français. Le développement économique instauré avec efficacité par le gouvernement de Nikol PASHINIAN, aidé par des projets concrets menés par le camp patriotique de la diaspora et auxquels le « Mouvement Français-Arménien » (MFA) par une de ses sections locales a déjà participé directement et/ou indirectement dans la réalisation de certains d’entre eux est aussi un atout fondamental pour assurer la souveraineté de l’Arménie.
Mais chacun d’entre nous, même pour les plus modestes, peut être efficace individuellement dans ce soutien patriotique à la deuxième république d’Arménie en programmant au moins un séjour par an en Arménie, ce qui apportera à l’état arménien des ressources financières supplémentaires pour acheter des armes modernes à l’Inde et à la France qui feront reculer d’éventuels agresseurs du fait de leur efficacité.
Le gouvernement arménien développe actuellement un tourisme ouvert et accessible à tous. Et le pays non seulement présente des lieux touristiques remarquables et agréables, mais aussi des lieux culturels en grand nombre à visiter. Profitons-en.
Que chacun prenne aujourd’hui, le 28 mai, jour où on célèbre la naissance de la première république d’Arménie, la décision patriotique de faire ce voyage annuel en Arménie.
Le 28/05/2025
Adrien Vahakn SAGE, délégué général du « Front de Défense de l’Arménie et de la Cause Arménienne en France » (FDACAF) courriel : frontdefensearmenie@gmail.com président du Mouvement Français-Arménien